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Sans préavis

Je sais que c'est brusque, à la limite de l'impolitesse, mais je mets la salle de bains en repos pendant deux ou trois semaines. Ben oui, je (re)pars en vacances. J'espère revenir avec de petites histoires, des idées rigolotes pour de nouvelles notes, des rêvasseries totalement futiles plein la tête. Alors, rendez-vous début septembre (ou peut-être un peu avant) pour de nouvelles bulles de savon ! Jazz
Jeudi 18 mai 2006
C'est marrant...
Je suis tombée sur ce blog-ci et ce blog-là un peu par hasard.

La Grande Loulou et Jimmy se font écho, celui-ci ayant laissé un commentaire chez la première.
Madison, dont je dois lire l'histoire ¤ arrrgh ¤, enrageait de ne pouvoir s'exprimer plus longuement sur le sujet.

Dans le billet qui m’a inspiré la présente note, La Grande Loulou s’interroge sur les racines, les origines.
Elle écrit :
« et vous, quelles sont vos origines ? Que transmettez-vous ? »
J'arrive en retard, les autres ont tout dit dans leurs commentaires…
Ou peut-être pas après tout.
La série Sinon, vous êtes… évoque un peu le sujet, mine de rien.

Forestine en commentaire, nous faisait savoir qu’elle n’avait jamais vraiment compris cette phrase qui lui était restée dans la tête et qu’Alice Walker avait mise dans la bouche de l’héroïne de La Couleur Pourpre :
« Quand vous vous regardez dans la glace, qu'est-ce que vous voyez? Une femme, je parie. Eh bien moi, je vois une noire. »

Dans la réponse que j’ai faite à ce commentaire, j’ai précisé :

Quand je me regarde dans la glace, je vois "Jazz", un mélange. Pas plus noire que femme, pas plus Antillaise que Parisienne, pas plus Européenne que Française. Je suis tout ça à la fois, et ça ne me pose pas de problème.

Le Loup, lui, est à la fois pied noir, normand, francilien, berrichon et inconnu.
Il n’a jamais été en Algérie, et je doute qu’il ait jamais mis un pied dans le Berry.
Quand je lui ai demandé s’il fallait définir ses origines, spontanément, il a lâché : « ben, c’est moi ! » sans vraiment y penser. Le Loup est un gars plein de sagesse.

Où sont mes origines ?
Elles sont ici et là.
A Paris, mon Paris, où je suis née et où je vis.
En Ile-de-France, un peu où j’ai vécu toute petite.
En Guadeloupe, l'archipel caraïbe que j'ai appris à aimer et où j’ai vécu mon adolescence.
Dans ma chère ville de Lille, où mes yeux ont tant scruté le ciel pâle.
Sous le soleil de la Baja California, où j’ai tant appris si vite.
En France hexagonale et d’Outre-Mer.
En Europe, parce que je m’entête à croire que nous sommes plus que des pays voisins.
Quelque part en Bretagne et en Normandie.
Quelque part en Inde.
Quelque part en Afrique un peu aussi, mais elle me paraît bien loin cette terre-là, et pourtant…

S’il fallait choisir une origine parmi toutes, je serais bien embêtée.
Je ne pourrais pas.
Je suis ça et ça, tour à tour et tout à la fois.

Mes racines ne sont pas celles de mes parents. Ce sont les miennes.
Ce sont celles que je me suis appropriées dans ce qu’ils m’ont transmis, dans ce que j’ai vécu, ce dont je me souviens, ce que j’intellectualise, ce qui trouve accueil en moi, ce qui me happe et me ravit, et parfois aussi ce qui me fait de la peine et me dégoûte.
Ce sont celles dont je me réclame, et celles que parfois je préfèrerais oublier, mais elles forment un tout, un noyau autour duquel viennent s’agglomérer d’autres influences.

Un mélange d'original et d'originel.

Mes nouvelles racines sont surtout là où je veux bien les faire prendre, là où elles s’épanouissent le mieux, là où elles veulent bien s’établir.
Je ne veux pas me laisser dépasser, engloutir par une culture que je n’ai pas embrassée. Et pourtant…
Dans ma culture française de France, dans ma culture antillaise il est des choses que je ne supporte pas. J’ai parfois une attitude très Parisienne qui parfois m’exaspère.
Non, je n’aime pas tout aveuglément.
J’ai la chance d’avoir reçu certains éléments donnés sans imposer, j’ai aussi la chance d’avoir pu choisir ce que je voulais garder de cet héritage. Tout le monde n’a pas forcément ce luxe.

J’apprendrai le créole à nos enfants, les p’tits Loups swinguants.
Ils connaîtront la terre de leurs grands-parents maternels, les champs de canne et la mangrove, la Soufrière et les rivières, les plaines sèches jaunies de la Grande-Terre, laes reliefs en verdure de la Basse-Terre.
Ils entendront probablement parler de l’Algérie, et des Alpes chères à leur grand-père paternel.
Ils vont passer pas mal de vacances scolaires chez leurs grands-parents paternels ¤ ben oui, pendant que nos enfants sont bien gardés, à nous deux les séjours en amoureux dans de maginfiques contrées… ¤.
Tout ça fera partie du panier de culture que nous leur passeront, et ils en feront ce qu’ils voudront, car tout ne sera peut-être pas bon à prendre.
Ceci dit, ça m’arracherait un œil que mes enfants ne parlent pas créole, mais s’ils choisissent de ne pas utiliser cet idiome, ce sera leur choix ¤ mais ça me ferait vraiment tellement ch... ¤.

J’espère leurs propres expériences, les endroits qu’ils visiteront, les cultures qu’ils approcheront, les imprégneront, j’espère qu’ils prendront un peu de mes racines et de celles de leur père pour grandir.

Et pour filer la métaphore horticole, les petites boutures que nous aurons faites vont se développer, prendre des greffons peut-être, sûrement, j’espère, vivre sur le sol qu’ils auront choisi et nous verrons bien ce qu’ils passeront à leurs propres nouvelles pousses.
Par Jazz - Publié dans : Sérendipité & égarements
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Mercredi 17 mai 2006
Le Loup est habitué à m’entendre débiter des imbécillités avec un sérieux inébranlable.

La deuxième fois que j’ai rencontré les Parents Loup, c’était chez eux, dans leur jardin, autour d’un bon petit repas.
Ils avaient invité la grande-tante et le grand-oncle du Loup.

Ils étaient très gentils avec moi, me posant des questions sur le rhum, les différents sables, les alizés, et puis… mon travail. C’est Grande Tante qui s’est montrée curieuse...

- Et vous êtes de heu…
Non, je rigole, ça c’était les notes d’avant…

En vrai, elle a dit :

- Et vous faîtes quoi dans la vie, Jazz ?
- Heu… Aïe…
- Pourquoi « aïe » ?
- C’est que… je suis… strip-teaseuse.
- Ah. C’est vrai ? Mais c’est un métier comme un autre.

Pas bégueule la grande-tante…
- C’est vrai, vous avez raison mais tant de gens sont surpris. Je n’ai pas vraiment le corps pour.
- Mais non, qu’est-ce que vous racontez ?
- … merci, c’est gentil.
- Alors comme ça, vous dansez ?
- Hé oui, c’est comme ça que je gagne ma vie.
- Hé bien, tant que vous gagnez votre vie honnêtement…
- Non, en fait, je fais quelque chose de pire : je travaille dans une agence de communication.
- Ah… C’est bien aussi.

S’ils étaient déçus que je ne sois pas lap-danseuse, ils ne l’ont guère montré.
Loup Mère et Père qui jusqu’alors avaient soigneusement évité de se regarder pour ne pas pouffer pendant mon canular ont ri de bon cœur, rejoints par Grand Oncle et Grande Tante, bon joueurs.

Le Loup, mon troisième complice silencieux, dans cette blagounette, s’est contenté de sourire, secouant la tête l’air de dire « ah la la, tu racontes vraiment n’importe quoi mais je t’aime bien quand même, va ».

Il n’a pas vraiment  mérite d’avoir marché dans la combine, il est immunisé et s’attend à tout de ma part.

Par Jazz - Publié dans : Lupismes
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Mardi 16 mai 2006


Dejà 1 an ¤ et trois jours ¤
que j'ai investi cette salle de bains sur over-blog
¤ et presque deux ans que je blogue ¤.



218 notes,
1149 commentaires,
245 000 et quelques pages vues,
plus de 36 000 visiteurs.



Merci à vous et joyeux anniversaire à la Salle de Bains.

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mardi 16 mai 2006

« Heu... et vous êtes... de...
heu, comment dire... »

 

Je suis…
Je suis...
Je suis...

… en train de manger, et le mec attablé en face de moi, frère de l’époux de la cousine du Loup (qu’on appellera Frépoucoulou dorénavant), m’adresse ces mots.

Ah !
Il hésite, le dénouement de sa phrase ne veut pas sortir. Je crois savoir ce qu'il veut entendre, et le loup aussi qui se retourne vers moi, la fourchette en suspens, se délectant par avance de l’ânerie que je vais encore sortir.

Révisons mes options.
Je pourrais dire « en plein repas », ou « très émue de me trouver là parmi vous », « incapable de terminer la question à votre place ».

Non, allez, je la joue sobre :
« Noire » avec un grand sourire, merci.

Le Loup est un peu déçu, ça se voit, il pensait que j’aurais sorti « Suédoise » ou un truc du même acabit.

Ma réponse fait tout de même même un heureux : Frépoucoulou (c'est toujours le frère de l’époux de la cousine du Loup).

Je complète :
- Je suis Antillaise.
- Ah ! D’accord…

Évidemment, je vais avoir droit à la petite histoire habituelle...

- J’ai un collègue, il est comme vous.

Bingo !

- Ah bon ? Comme moi ? Vous voulez dire Noir ou Antillais ?
- Oui, voilà, c'est ça, comme vous. De Guadeloupe je crois.
- Ah ?
- Et on est comme ça [il accroche son index droit au gauche, pour illustrer qu’ils sont inséparables]. Ouais, on est toujours ensemble, et on s’entend bien.
- Ahhhh. C’est… bien.
- Oui, on est toujours ensemble.
- Ah !
- Tout le temps.
- Ah.
- C’est presque comme une frère pour moi.
- AaaaAh.

J’ai vite été à court d’intonations différentes pour mes « ah… ».

J’aurais dû lui raconter que j’ai plein de collègues, de voisins, de connaissances, d’amis blancs. J’ai même un Loup Blanc ¤ pas mal de gens le citent pour sa notoriété d’ailleurs… Je ne pensais pas qu’il était connu à ce point… ¤.

Ca l’aurait probablement impressionné.

J’aurais voulu lui dire qu’il n’avait pas besoin de se justifier, ni d’inventer une fraternité avec une personne « comme moi ».

¤ Le plus drôle dans tout ça, c’est que la femme du Frépoucoulou, donc la femme du  frère de l’époux de la cousine du Loup -- vous suivez ? -- était une Réunionnaise… Blanche. Quelle histoire mes amis ! ¤

Il semblait totalement inca pable de prononcer le mot Noir, et ne l'a jamais fait pendant toute la conversation qui a tourné autour de ce sujet.

Nous en sommes arrivés au point que les gens ne savent plus quoi dire, ils ont peur de se faire taxer de racisme, de froisser la personne d’en face, de se faire jeter malproprement alors qu’il s’agit bien souvent d’une saine curiosité.

En tout cas, si quelqu’un vous dit « je préfère qu’on dise de moi que je suis Black plutôt que Noir », comme c’est le cas d’un copain de Sev, demandez-lui pourquoi, ça m’intéresse.


fin

_______

¤ Merci à tous ceux qui, patients, ont suivi cette série, qu'ils se soient manifestés ou non.
Je ne sais pas si ces histoires vous auront fait considérer les choses sous un autre angle, si elles vous feront changer d'avis ou d'attitude, ce n'était pas vraiment mon intention, mais après tout, si ça permet de réfléchir un peu, c'est tant mieux !
Merci encore.¤

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Samedi 13 mai 2006

Donc, je suis Noire. Admettons.

Mais, j’ai beau être Noire, je ne corresponds pas pour autant aux stéréotype de la Noire que bien des gens nourrissent inconsciemment :

- je n’ai pas une voix de diva ¤ ah, ça non ¤,
- je ne cours pas vite ¤ et pas droit non plus ¤,
- je ne suis pas
un mannequin-brindille ¤ non, mais des fois j’aimerais bien ¤,
- je ne suis pas non plus la mama dans un boubou ¤ non, je suis dans une période couleurs unies, là ¤,
- mes dents n’éblouissent pas de blancheur ¤ malgré mes efforts ¤,
- je ne suis pas nonchalante ¤ non c’est vrai, dans la vie, je comprends qu’il y ait des uwgences uwgemment uwgentes…¤,
- je ne fais pas inlassablement preuve de bonne humeur ¤ même si, en général, mes mouvements d’humeur s’essoufflent en un quart d’heure : c’est trop con de rester fâché ¤,
- je n’aime pas le piment dans mes plats ¤ mais dans la vie, pourquoi pas… ¤,
- je n’ai pas d’accent particulier ¤ mais je parle le « pétasse parisienne » couramment ¤,
- je ne suis pas fonctionnaire ¤ mais j’ai failli, Marie-Thérèse ¤,
- je ne suis pas fainéante
¤ même si j’aime bien la glandouille, hein, n’allez pas vous méprendre ¤.

 

En plus, mes cheveux m’appartiennent.

Enfin, je veux dire que chacun d’entre eux est effectivement rattaché à un bulbe dans mon cuir chevelu ¤ ça me fait penser à une mon ancienne camarade de classe pleine de bon sens et à la chevelure synthétique qui disait « quand tu as acheté, tu as le droit de dire que c’est à toi, hein ! » ¤ et ils ne sont pas tout crépus ¤ quand je n’oublie pas de les coiffer ¤.

 

Précisons aussi que tous les Noirs n’ont pas un gros sexe et qu’ils ne savent pas tous danser comme des Dieux.
Bien entendu, je ne dis pas ça pour vous, car naturellement, je ne vous apprends rien, vous êtes des gens bien.

Mais voilà, il se trouve que je suis Noire quand même.
¤ De toutes les façons, j'aurais du mal à le cacher ¤

Alors, les gens qui pensent en cases bien distinctes et mutuellement exclusives, qui aiment bien que tout soit étiqueté sont un peu emmerdés. Ca les gratouille.

 

Je me suis faite aux questions que me posent tout un tas de gens, curieux de mes origines. Ils me demandent d’où je viens, et je réponds.

Le problème, ce n’est pas moi. ¤ J’adore dire ça cette dernière phrase, elle fait merveille pour démarrer une dispute, surtout quand je la ponctuant d’un « c’est tout ce que j’ai à dire ». Effet ga-ran-ti ! Bon, reprenons…¤

Le problème c’est que souvent ceux qui posent ce genre de questions sont un peu mal à l’aise. Ca commence par « et vous êtes… » et ça finit par trois points de suspension.

Ou alors, ils déguisent, parfois piètrement, leur interrogation :

« Tu fais un truc spécial à tes cheveux, non ? Ils sont, heu… spéciaux… »

« Dis, tu es plutôt café-au-lait, non ? »

« Ton père, il est Blanc ? »

« Mais t’es vachement claire, pour une heu… Noire… quand même, hein ? »

« Tu as un petit côté exotique ou c’est moi ? »

J’explique que Noir, c’est ma « dominante », mais mes ancêtres sont Caraïbes, Indiens, Blanc, Noirs-Africains… C'est comme ça pour bon nombre d'Antillais. Un sacré mélange.

C’est normal, les gens sont curieux, moi-même, je demande souvent aux gens d’où ils viennent, c’est un moyen de se faire raconter d’autres régions, d’autres pays, en accent original. De la même manière, je demande à d’autres Parisiens dans quel arrondissement ils habitent, comment ils s’y sentent, ce qu’ils aiment dans leur quartier.

Je comprends qu’on me pose cette question.
C’est juste que parfois, elle sonne d’étrange manière.
Il faut se décoincer un peu.
 

Au déjeuner frisco-pasco-dominical, pour en revenir à l'origine de cette série, j’ai fait une entorse à ma règle.

« Heu... et vous êtes... de...
heu, comment dire... »

Je suis…

 

à suivre...

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Vendredi 12 mai 2006

Avant cet événement cocasse, je ne le laissais pas suspendu ce bout d’interrogation, non non, je l’embrassais pleinement, et répondais en toute mansuétude, mettant fin à la torture du questionnant, le soulageant de devoir prononcer des mots qu’il refusait de vocaliser de peur de me froisser.

Les gens se demandent souvent quel terme employer quand on parle des heu… gens de couleur, des blacks, des re-nois.

L’autre jour dans le métro, deux jeunes garçons sentant l’herbe de très loin s’étaient assis sur les strapontins d’en face dans le métro.

Le plus joyeux, se mettait à débiter des banalités sur un ton de philosophe inspiré, et décrivait les gens sur le quai d’un air ébahi.

« Oh ! Un enfant dans sa poussette ! »
« Oh ! Un mec en costard ! »
« Oh ! Un couple qui s’embrasse ! »
« Oh ! Deux Noires ! »

Là, le blondinet à lunettes qui l’accompagnait a donné un léger coup de genou à l’embrumé : « hé, fais gaffe, putain » avait-il ajouté à voix basse -- mais beaucoup moins discrètement qu’il ne l’aurait voulu -- accompagné d’un signe de tête vers moi.

L’autre a mis deux secondes à comprendre et a murmuré un « ah ouais, merde, pardon » en faisant un vague signe en ma direction.

Mais que diable avait-il dit de mal ?

Noire ? Deux Noires ?

Mais enfin, ce n’est pas une injure !
Faut arrêter.

Bon, allez, hé ho !
Je suis Noire.

Ne faites pas comme si vous n’aviez pas vu, ne craignez point que je vous morde l’œil à la première mention du mot.

 

Noir.
C’est un mot pour décrire des gens.
¤ Pas très réaliste, vous en conviendrez, mais pas moins que « Blanc » pour désigner des êtres dont la peau n’est pas vraiment blanche. Ceci dit, je connais un mec qui est proche de la teinte noir fluo, et quelques Blancs dont le mimétisme serait imperceptible sur la banquise. ¤

Un mot.

On en a usé d’autres qui sont devenus moins sympathiques.
C’est dommage, les mots nègre et négresse n’ont pas toujours la noblesse à laquelle ils ont droit en art. Ce sont aussi des injures aux oreilles de beaucoup, des mots devenus péjoratifs, méprisants.
J’aime bien ces mots en créole. Las, il faudra un peu de temps pour les laver de leur vile acception.

Bon, à défaut, disons Noir. Parfait, ce n’est pas encore trop entaché, et j’ai bon espoir qu’il devienne banal.

 

Donc, je suis Noire. Admettons.

Mais…


à suivre...

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Jeudi 11 mai 2006
Petite brève de métro
captée l'autre jour

Par Jazz - Publié dans : Transports en commun
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Mercredi 10 mai 2006
Voilà ce qui a obligé La Moole a pouser encore une fois son cri primal.


Il y a quelques années, ce même début de question était revenu.
« Et vous êtes... »

J'ai répondu : « Noire », avec un grand sourire franc.
Je me trouvais drôle. Hilarante, même.

Il faut dire que cette franchise, le détachement avec lesquels cette interrogative avait été débitée me paraissaient sains, de manière inhabituelle et inespérée.

Je me félicitais in petto « Là, t'as marqué un bon point Jazz, ton humour va faire des ravages », quand je me rendis compte que les yeux de mon interlocuteur me fixaient de ses yeux ronds écarquillés.
Le regard bien caractéristique de celui qui ne comprend pas.
Il ne comprenait pas
mais voulait faire bonne figure : sa bouche souriait, mais le reste de son visage marquait une moue d'interloqué.

La réponse attendue était « je représente l'entreprise Global Company International of the Entire Freaking World », pas « Noire, ah ha ha, pourquoi, ça ne se voit pas, oh, vous espèce de grand facétieux chauve, je vous aurais bien pincé là joue, tenez ! ».

Aïe. Mauvaise anticipation de ma part.

Autour de la table, ils ont dû se dire « Oui, bon, OK, elle est Noire, et alors ? Pas la peine de le dire à tout bout de champ non plus. Elle doit avoir du mal à s'accepter la pauvre... »

De ma part, cette petite précision inutile, puisque visible, incongrue, et surtout non-sollicitée, prenait des airs de revendication acharnée, de preuve que je vivais mal mon identité.
Merde, ce n'était pas du tout le message que je voulais émettre.
Moi qui croyais évacuer la question et de rendre les choses plus simples pour tout le monde, j'avais rendu la situation un peu inconfortable.

Ai-je cherché à dissiper cet énorme malentendu ?
No, absolutely not.
Je n'ai aucun problème avec ma peau ¤ sinon certaines zones sèches et sensibles ¤.
Je ne suis même pas paranoïaque, je ne passe pas mon temps à me persuader que les gens agissent de telle ou telle façon avec moi parce que je suis Noire et que si j'avais été Blanche, les choses seraient différentes.
C'est peut-être parce que, à ce jour, j'ai eu la chance de ne pas subir de racisme pur et dur ¤ à quelques lointaines exceptions près ¤ et puis les rares remarques déplacées qui me sont adressées, je choisis d'y répondre par des mots gentils ou par le mépris ¤ en fonction de l'émetteur et de mon humeur ¤.

Depuis ce jour, quoi qu'il en soit, j'essaie d'attendre la fin de la question plutôt que me précipiter et mettre les gens mal à l'aise malgré moi.


C'est en tout cas l'attitude à laquelle je me tenais jusqu'à ce fameux déjeuner frisco-pasco-dominical.

à suivre...
Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mercredi 10 mai 2006

Oui, pourquoi je vous ai raconté tout ça ?

Il y a quelques semaines, au cours d'un déjeuner frisco-pasco-dominical les pieds dans la boue, j'ai dû répondre à une question singulière...


Heu... et vous êtes... de...

heu, comment dire...

 


Quand je sens venir ce genre de questions sur mes origines, je n'aide pas. Je ne tends pas de perche. Je n'encourage pas. Je me tais. Poker face, regard neutre.

Si vous pensez que c’est pour faire naître l’inconfort, vous n’y êtes du tout pas comme dit ma grand-mère.
 

Je vais vous dire pourquoi.
Non parce que je pourrais garder ça pour moi, mais ce ne serait pas sympa.

Donc, l’explication de mon silence suit.
C’est juste après cette phrase que vous êtes en train de lire.
Non, je parlais de cette phrase-ci plutôt.

 

Comment-ça ? Je joue avec vos nerfs ?
Quoi ?
Moi ?

La gentille MOI ?

Vous dîtes ça parce que je suis Noire ? C'est ça hein ?

J'le savais.

Quoi ?
Aucun rapport ?

Ah oui, vous avez raison.

Eh, oh ! On reste correct, je vous prie !
Pour la peine, la suite à la note d’après.
¤ Comme aime à dire le clodo du métro la politesse, c'est trop important pour qu'on déconne avec putain ! ¤

à suivre...

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mercredi 10 mai 2006

¤ Evidemment, si vous êtes un homme, il vous faurda faire un effort supplémentaire pour apercevoir la flèche jaune qui indique l'ouverture facile. ¤
Par Jazz - Publié dans : Conne-sommation
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la tête dans les nuages, parfois dans les étoiles
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Je suis
- Jazz
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- folle d'un Loup un peu dingue,
- assez vieille pour être ta soeur, si si,
- à la recherche de tout un tas de choses (sa vocation, le bonheur pour ses amis, un loft parisien abordable, des chaussures belles et ou marrantes et/ou confortables, de bons sujets pour nourrir ce blog...),
- presque quotidiennement sidérée par un truc ou un autre,
- un peu fantasque parfois, d'où ma tendance à écrire des apartés en ¤ rose ¤
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