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Sans préavis

Je sais que c'est brusque, à la limite de l'impolitesse, mais je mets la salle de bains en repos pendant deux ou trois semaines. Ben oui, je (re)pars en vacances. J'espère revenir avec de petites histoires, des idées rigolotes pour de nouvelles notes, des rêvasseries totalement futiles plein la tête. Alors, rendez-vous début septembre (ou peut-être un peu avant) pour de nouvelles bulles de savon ! Jazz
Mardi 11 avril 2006

[Vous vous souvenez, je devais voir Béa hier...]

- Allô !
- Ca va Béa ? C’est Jazz !
- Ah ! Alors ?
- Ben alors ça te va toujours pour ce soir ?
- Oui. A quelle heure ?
- 19h00, comme prévu, non ?
- OK, ça me va.
Elle met la main sur le combiné et dit au revoir à quelqu’un.

- Où ça, reprend-elle ?
- Devant la Fenaque, il faut que je récupère un truc chez eux.
- OK. Tu voulais faire quoi ?
- Ben parler autour d’une tasse de café ou de thé et puis choisir un restaurant.
- Ah, bon ? Tu bois du café ?
- Heu non, je suis plutôt thé.
- Moi non plus, pas de café.
- Un thé ce sera alors.
- Ah… Si tu veux, si tu avais déjà cette idée…
- Non, non, si tu ne veux pas, on fait autre chose… Tu voyais quoi, toi ?
- Je croyais qu’on irait manger tout de suite.


Tout le contraire de ce que je voulais : le resto, à choisir de suite, probablement bruyant, probablement enfumé, probablement peu propice aux longues discussions émues des retrouvailles. Pas le temps de se poser, il faudrait tout de suite se plonger dans la carte, hésiter entre le poisson et le poulet, prendrons-nous un apéro ?, se retrouver au premier service entre ceux qui hurlent bas et ceux qui écoutent fort, le serveur voulant se débarrasser de nous, parce que les résas du second service ne vont pas tarder.

- Ah… C’est comme tu veux. Moi et mon easy-going attitude de merde.
- Oui, c’est parce que je n’ai pas trop de temps à te consacrer, il faut que je sois à la Place de Clichy à 21h00.

Ah, ouais… 21h00. C’est presque le happy hour pour moi, la célibataire pendant encore un jour. Je suis Parisienne, elle est cédébé, une Cendrillon des Banlieues ¤ après 23h00, son carrosse se change en RER louche et parfois en taxi cher et mal luné ¤.

- Ah… OK. Ben, alors, on zappe le café/thé.
Je ne lui demanderai pas pourquoi, elle ne me répondra pas. Je ne sais toujours pas ce qui a mené son amie à l’hôpital mercredi soir.

- OK, merci, ça m’arrange. Tu avais envie de manger quelque chose en particulier ?
- Pourquoi pas du jap…
- Moi, j’ai bien envie de manger une pizza là. Une bonne pizza, là. Ouaaaais !
Ca, c’est le désir éhonté d’une connasse de mince. Moi, j’ai pas trop envie d’aller au Pidza Heut.

- Comme tu veux.
Arghhh. Je me mettrais des baffes.

- Bon alors, on dit pizza.
Enfonce le couteau dans la plaie, va.

- Oui, oui.
- N’importe qu’elle pizza me va sauf Pidza Heut.

C’est au moins, ça, sinon, pourquoi sortir avec Béa pour se taper la queue, les parts de pizza sous UV, les mioches qui se pètent les poumons à crier dans la piscine à boules, quand j’aurais très bien pu rester à la maison, attendre qu’on me livre ma triple fromton à domicile, à mater les Téléteubés : aussi bruyant que des mômes carburant au coca pas light et saupoudrés de sucre après 17h00, ¤ en fait, un marmot, c’est un peu comme un Gremlin, non ? Après ça, qui peut douter de mes envies d'être mère ? ¤, avec une fâcheuse tendance à glousser pour rien à des blagues cons, comme Béa au moindre mot sortant de ma bouche. Je finis pas croire qu’elle me trouve un peu bouffonne, elle va passer la soirée à se foutre de moi alors que je me croirai drôle.

- Tu connais une bonne pizzeria ?
- Non, je te fais confiance.
Ah ! La vache !


à suivre...


Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Lundi 10 avril 2006

- Ahhhh ! [je bondis, une main sur le cœur, l’autre sur la poignée de la porte des WC femmes, mes cheveux arrêtent subitement de pousser.]
- Ah.
- Bonjour…
- Oui, bonjour, répond-elle en écho détournant à peine son regard du miroir
- … et désolée, je ne m’attendais pas à voir quelqu’un ici. Nous sommes si peu nombreuses qu’il est inhabituel de se croiser dans les WC.
- Ah oui, c’est énorme !
Quoi ? Mais qu’est-ce qu’elle entend par « c’est énorme » ? Qu’est-ce qui est énorme ? Mon derrière dans ce jean ? trop impoli.
La probabilité de se trouver nez-à-nez avec une autre femme en ces lieux ? trop plausible.
Non, je préfère opter pour la taille de la crotte de nez qu’elle essayait d’enlever debout devant le miroir. Oui, ça ce doit être énorme.
Tu crois que je ne t’ai pas vue en train de ranger tes mains si rapidement qu’elles ne pouvaient que s’être rendues coupables d’un exploration à la recherche de sécrétions corporelles :
- un grattage de cuir chevelu fortement desquamé, avec une chance supplémentaire au tirage de cheveux blancs ?
- un enrobage de miel de son auriculaire droit dans son conduit auditif ?
- un fouillage de cavités nasales dans le but d’extraire des résidus morveux plus ou moins humides ? ¤ spéciale dédicace à la flote : on y revient toujours, hein… ¤

- Oui, oui
, réponds-je, d’un air que j’espère entendu, qui ne laisserait percer quoi que ce soit de dubitatif ou de vaguement dégoûté dans ma voix.

- Hé hé.

Je rêve ou elle est fière de sa trouvaille gluante ? Continue ta ligne droite dans entrer dans la consideration. Allez Jazz, stick to the script! Fais comme si de rien n’était…
 
- Ne le prenez pas mal, je sursaute à chaque fois que je tombe sur quelqu’un dans les WC. Bien Jazz.
- Ah, d’accord.

Alors que je soulage ma vessie, je me rends compte que mon interlocutrice doit me prendre pour une folle sans sujet de conversation qui prend peur à la moindre occasion, et comme de mon côté, je reste perplexe quant à ce qu’elle a voulu dire, je crois qu’on peut dire de cette première rencontre de la troisième nana ¤ d’où le titre de la note ¤ des bureaux que c’est un bon gros ratage.

¤ Si ça se trouve, elle était juste en train de réajuster sa lentille droite. ¤

Par Jazz - Publié dans : Je me rappelle...
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Vendredi 7 avril 2006

Le sommeil menace d'envelopper mon corps tout entier : il est venu réclamer son dû et ne compte pas repartir bredouille.
Il guette le moindre moment de torpeur pour poser de nouveaux jalons, patiemment. Il sait qu'il aura ma peau. Tôt ou tard.

J'ai l'ai fui, comme un ami de longue date rendu momentanément indésirable par un caprice, comme un amant que l'on se refuse à voir sans pouvoir le quitter.

Plus qu’à mon habitude, je l'ai évité, réduisant son temps de visite à la portion congrue. Je ne veux pas le recevoir, mais je m'en veux de l'avoir délaissé quand vient l'heure de nous séparer.

Mes mâchoires s'ouvrent et se ferment dans une longue déclamation silencieuse.
Le monde qui semble plus pâle résonne de bruits étouffés, et le voile de fumée du dehors veut s'insinuer dedans.

Mes membres sont trop lourds, depuis combien de temps ? depuis toujours ?
Ecrire devient un effort.
Mon esprit s’embrume et mes pensées s’évaporent.

Je suis dans mon état de torpitude.
Je m'y suis plongée.

Torpitude

¤ rien que le yoga ne puisse régler cependant ¤

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Vendredi 7 avril 2006
Hier, j'ai encore reçu en pièce jointe d'un mail, une série de photos très cons, de celles que l'on peut prendre en vacances. ¤ pas du tout mon genre, quoi ¤

Elles représentent donc des touristes qui s'amusent à se faire tirer le portrait à côté de monuments ou de sites, dans des positions farfelues : on nous fait croire  que celui-ci empêche la Tour de Pise de tomber, que celle-là a l'air d'aimer le cocotier de son voisin, qu'un autre n'est pas vexé que le panneau sur lequel il s'appuie indique qu'il a l'air con, alors qu'un autre rêve d'avoir un membre pareil à un obélisque.

C'est très con, c'est très potache, c'est parfois à la limite du bon goût qu'il convient de passer à ses amis de peur qu'ils vous renient pour votre mauvais sens de l'humour.

¤ Note pour plus tard : penser à brûler les négatifs et tout exemplaire de cette photo de moi en train de supporter l'Atomium en Belgique, ainsi que toutes celles ou je prends des poses très pouf'... ¤

Ce mail venait-il de la nana qui me gonfle avec ses blagues nulles et archi-vues ? Non.
Ca venait de mon propre frère.
Donc, je lui pardonne.
Il a mon absolution sans peine, pour la bonne raison qu'il est mon frère.

Bon.
Pas de quoi en faire une note me direz-vous.
¤ En même temps, avec ce raisonnement-là, je n'écrirais jamais rien, donc arrêtez de m'interrompre, et lisez plutôt ce qui suit. ¤

Je remonte le fil des transferts et m'aperçois que ce mail émane en fait de ma propre mère ¤ qui se trouve aussi être la mère de mon frère, comme de par hasard... ¤.

Elle aurait reçu ce slideshow d'un collègue, et a trouvé bon de l'envoyer à mon frère -- pas à moi, vous l'aurez noté -- et si mon frangin n'avait pas voulu partager le fun avec moi, je n'aurais rien su de toute l'histoire.

Ma mère reçoit un truc (moyennement) drôle, et au lieu de me l'envoyer et d'essuyer mes éternelles leçons de morale fais-ce-que-je-dis-ne-fais-pas-ce-que-je-fais sur le bon goût dans l'humour, mon snobisme hypocrite en la matière, et mon côté blasé j'ai-déjà-reçu-ce-truc-vingt-fois-et-c'est-crétin, elle préfère en faire part à mon frère ?

Non, décidément, Je n'arrive pas à comprendre son choix.

C'est définitif, Maman préfère son fils.
¤ En même temps, qui pourrait lui en vouloir, c'est un type bien, beaucoup mieux que sa soeur qui n'arrête pas de râler et de partir dans des mini-délires de jalousie paranoiaque. ¤
Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mercredi 5 avril 2006
- Allô ?
- Oui, Béa ?
- Oui, c’est béa.
- Oui, salut ! Ca va ?
- Ah ! Tu m’a reconnue ?
- Oui, j’avais enregistré ton numéro
- Ah… OK !!! C’est supèèèèèr ça.
- [pfffff, m’énerve] C’est bien que tu m’appelles, parce que comme je savais que tu étais en vacances, je n’ai pas osé t’appeler ce matin de peur de te réveiller.
- On peut reporter notre truc à lundi ?
- Oui, sans problème. Ca va ?
- Ben j’ai ma copine qui est à l’hôpital…
- Rien de grave j’espère ?
- … et je dois aller la voir, et comme c’est loin, je me dis que pour rentrer sur paris, dans la direction opposée, pour venir te retrouver ce sera peut-être trop long et fatiguant pour moi, alors je me disais que peut-être on pourrait peut-être…
- T’embête pas, je comprends, c’est pas grave ta copine ?
- …faire ça la semaine prochaine, enfin, si t’es libre…
- Oui, oui, ça me va, à quelle heure ?
- … parce que comme je sais que tu as d’autres choses à faire…
- non, non, c’est bon, lundi, c’est bon, je t’assure [faut qu’elle arrête de s’excuser de vivre, surtout quand ça ne gène personne]. Quelle heure te convient ?
- …alors sinon…
- lundi, c’est noté !
- …alors, tu penses qu’on peut reporter ?
- Oui, oui, lundi, c’est OK.
- non parce que l’hôpital est loin, tu comprends…
- …
- … alors je me disais que ce serait peut-être mieux lundi…
- …
-  enfin, si c’est possible.

Je pense que vous avez eu un assez bon aperçu de cet échange construit  « discussion »
Avec sa logorrhée délirante, je vous passe les difficultés que j’ai eues à convenir d’une heure et d’un point de rendez-vous ¤ et à me retenir de hurler de la fermer deux secondes dans le combiné ¤.
Pire que ma mère quand elle se lance dans ses longues tirades qui seraient inutiles si elle m’écoutait.
Pire, et c’est peu dire. Si je m’y prends bien, en ne prononçant pas plus de trois mots ¤ par exemple : « il est beau ? » ¤, je peux embraser ma mère. Sa colère éclate et elle peut tenir des heures et des heures à babiller, invectiver, marmonner, et partir dans de fulgurantes hausses de ton aléatoires ¤ si, si ¤, et ce, en totale autonomie : je peux partir me faire un thé, changer de tenue quatre fois, me faire une couleur, devenir championne d’apnée en baignoire, écrire un mémoire sur l’influence du manque de magnésium sur les flux migratoires entre la Nouvelle Guinée et le Swaziland les soirs de pleine lune sur la période allant du 3 janvier au 8 mars 2005, et quand j’aurai fini, elle n’aura toujours pas mis fin à sa diatribe fougueuse. C’est bien, elle s’entretient toute seule, ménageant quelque fois des pause, pour se reposer la voix. On ne sait toujours pas se qui peut l’arrêter quand elle est partie.

Si Béa est comme ça, je crois que je vais me souvenir subitement que j’ai un truc important à faire lundi soir, genre épousseter les bibelots que mes dizaines de milliers de fans m’envoient. Bon, d’accord, je mens, mes fans ne m’envoient pas de bibelots. OK, je ne compte pas mes fans par milliers. Bon, d’accord, il n’y en a qu’un, il s’appelle Jean-Maurice mais il préfère qu'on l'appelle, j’ai demandé à la police de l’empêcher d’approcher de moi à moins de 500 mètres, mais le gentil agent a refusé d'assurer ma protection.
¤ Le fait que Jean-Maurice soit un personnage sorti de mon imagination y est peut-être pour quelque chose. ¤

Ne me jetez pas la première pierre.

à suivre…

Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mercredi 5 avril 2006
Béa me demande si j’ai des nouvelles des autres.
Elle trouve que ce que font les autres est supèèèèèr.
Elle pense que ce serait sympa de réunir notre fameuse bande de collège.
Elle s’extasie, elle donne du « wow » à tout bout de champ. Ca m’agace un peu.
Je le soupçonne de nourrir un petit complexe, elle s’excuse presque d’avoir finalement opté pour le fonctionnariat, un boulot avec les vieux, qui n’a rien à voir avec les études qu’elle avait entamées.
J’ai envie de lui dire : « tu sais Béa, on a tous abandonné quelque chose à l’enfance et à nos rêves d’alors, certains plus que d’autres, certes ; nous ne sommes pas forcément devenus les super-héros que nous voulions, mais chacun peut changer le monde à son niveau, pas la peine de t’en faire, on en est tous plus ou moins là. » Mais elle pourrait croire que c’est juste pour la consoler, et la consoler, c’est admettre qu’elle a du chagrin, ou qu’elle est déçue, et ce constat, quand il est fait par une autre, blesse davantage. Donc, je m’abstiendrai.

Elle dit que ce serait chouette de se voir.
Je réponds que oui.
Elle insiste.
Je vais prendre mon agenda, en traînant les pieds.
Elle veut d’une date. Vite.
Je lui dit mercredi, elle dit supèèèèr.
Le rendez-vous est pris : mercredi. ¤ ce soir, ou pas ¤
Je vais craquer si elle me demande des nouvelles de mon frèèèère, de mon pèèèèère, de ma mèèèèère, de mon managèèèèèr, de mèmèèèère, de mon pic-vèèèèrt, ou si elle commande de la bièèèère.
Je me connais, elle va insister sur ces syllabes-là, et je vais vouloir l’imiter. C’est plus fort que moi. Ou lui demander pourquoi elle les appuie autant, ce qui tranche singulièrement avec son accent guadeloupéen que les années (et peut-être le fonctionnariat où de nombreux compatriotes entretiennent un nouveau langage mêlant les intonations indécrottables de là-bas – Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion -- à une prononciation ampoulée et faussement parigote) ont renforcé.
 
On aura des choses à se dire, je l’espèèèèèère.

à suivre...
Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mardi 4 avril 2006
Dernièrement, j'ai donné mon adresse e-mail à une fille qui n'a de cesse de m'envoyer des blagues rassises, des Internet memes qui datent de l'époque où j'utilisais encore mon compte hotmail, des hoax tout pourris, des présentations ppt en fin de vie souffreteuses, interminables ¤ me comprendront les victimes de l'effet "lettre-à-lettre" qui fait criser les nerfs et l'ordinateur tant cette connerie oblige a appuyer sur la touche "next" pour voir une fichue phrase mal traduite ¤ et qui ne sont même plus drôles, des pétitions tellement caduques que certains les ont déjà signées huit fois sans même s'en rendre compte ¤ "tiens, je suis contente de savoir que j'ai quelques homonymes qui s'intéressent aussi à la cause de cette portée de labrador atteints de la mucoviscidose sclérosante du rat dont le propriétaire veut se débarrasser sous peine de cécité immédiate infligée par un régime totalitaire encore plus bête que celui qui oblige ce pauvre Nigérian disparu à chercher des amis pour investir dans son business d'envois gratuits d'iPod que l'on ne peut obtenir que si l'on passe ce message à au moins 200 personnes de son entourage sinon, un malheur est vite arrivé" ¤.

Bref, elle ne m'envoie que des trucs nuls H.I.é, je pourrais lui dire d'arrêter de m'envoyer ces mails surannés, mais finalement, c'est bien moins emmerdant que le spam que je reçois quoitidiennement au boulot, et puis, ça me donne l'impression que je suis toujours plus au jus que certains, que je ne suis pas la dernière à savoir, ignare parmi les ringards ¤ vous remarquerez que ignare et ringard sont, à une lettre près, des anagrammes ¤.

Enfin, là, quand même, j'ai reçu un truc drôle donc digne d'intérêt, et empreint d'une sorte d'ironie fort agréable.

Je vous laisse juger par vous-mêmes ¤ et si vous étiez au courant, je ne vous remercie pas de ne pas avoir fait passer l'info ¤.

¤ Bien entendu, dans le tralala de forwards dans lequel ce message m'est arrivé, la source de ces mots a été, heu... disons, perdue... mais je l'ai retrouvée.
Moi, rien ne me fait plus chier que de ne pas connaître la source d'une info. Enfin, si, il y a des choses qui m'énervent plus, mais vous avez compris que ce n'était qu'une expression. Arrêtez de pinailler, mince ! ¤

Il s'agit donc d'un extrait du courrier des lecteurs de l'Est Républicain du 20 mars dernier ¤ oui, je sais, ça commence à dater, mais vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-mêmes...¤.

 

Même s'il me fait plutôt penser à une installation forcée sur un siège éjectable dont on ne maîtrise pas le déclenchement, le CPE doit être une bonne idée puisqu'il a déjà un projet de petit frère avec le CPL (Contrat Première Location) qui permettrait au propriétaire d'un logement de signer un bail de deux ans à l'issue duquel il lui serait possible de mettre le locataire à la rue.

Alors, parce que je suis plutôt partisan des bonnes idées, je suggère la mise en place des contrats suivants :

- Le CPV (Contrat de Première Voiture) permettant à l'acheteur d'un véhicule de le conserver à l'essais pendant une durée maximale de deux ans, à l'issue de laquelle il déciderait de l'acheter ou bien de le ramener au garage sans explication ;

- Le CPR (Contrat de Premier Repas) permettant au convive de goûter les plats de son choix et de quitter le restaurant sans payer ceux qui n'aurait pas appréciés ;

- Le CPM (Contrat Premier Mariage) permettant aux nouveaux époux de signer un contrat de mariage de deux ans à l'issue desquels la séparation serait possible, sans autre formalité, si l'un des deux n'est pas satisfait de l'autre.

Mais avant tout ça, je suggère aussi la création d'un CPP (Contrat de Premier Président) permettant aux citoyens d'élire le président de la république pour une période probatoire de deux ans à l'issue desquels un référendum national déciderait s'il est ou non autorisé à finir le quinquennat. Au fond, ça les inciterait peut-être à vérifier les " bonnes idées " de leurs premiers ministres


Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Mardi 4 avril 2006
Quand j'étais petite, j'étais persuadée que mes parents étaient très cons.
Alors, puisque ces abrutis croyaient au Père Noël, je pouvais très bien faire baisser le niveau de Nutella dans le bocal en totale impunité.

'sont tellement cons, 'vont pas s'en rendre compte...

Alors, peinarde, les pieds nus ¤ pour un enfant, les pieds nus, c'est l'équivalent du mode furtif, d'un camouflage de ninja, ou de la technique d'exploitation des angles morts ¤ j'allais m'enrober deux ou trois doigts de pâte à tartiner aux noisettes qu'elle-est-bonne-pour-votre-enfant-qu'il-va-mieux-grandir-que-s'il-avait-bu-deux verres-de-lait.
Ni vu, ni connu.

Mon raisonnement était implacable :
- je suis marron,
- le Nutella, c'est marron,

>> Donc même si je me tape une sacrée moustache, personne n'y verra rien.

Hé hé ! Plan diabolique.

Je pensais presque toujours à remettre mes chaussons ¤ à l'envers souvent ¤ pour paraître aussi angélique et innocente que possible.
Je ne négligeais pas non plus de gober un kiri ¤ me rendant donc coupable d'un autre méfait, même si celui-ci était moindre aux yeux des parents qui ne voyaient pas d'inconvénient à ce que je chipe un produit laitier ¤ pour ne pas garder l'odeur caractéristique du Nutella dans la bouche.

Mais ceux qui ont volé du Nutella le savent. Cette cochonnerie ne s'étale pas que sur les tartines de pain. Le visage en prend toujours, ça, je savais, mais c'est qu'en séchant, ça devient tout dur et ça fait une sorte de relief disgrâcieux très douteux que le première personne venue dotée d'un oeil en état de fonctionnement ne manquera pas de vous faire remarquer.

Donc,
oui, bon, vous vous en doutez, ça marchait moyen. Je me faisais toujorus prendre.
Ma mère arrivait toujours à lire mon méfait sur mes lèvres, même si je niais tout en bloc avec un sourire charmeur, argument silencieux et attendrissant de la coupable qui ne s'ignore pas.

Je ne voyais pas la faille dans mon plan...
¤ Ce doit être à ce moment
que j'ai vraiment cru que ma mère avait un pouvoir de lecture dans les pensées. ¤
Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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Lundi 3 avril 2006
Vu ce matin
- une dizaine de paires de bottes, des moches, des belles, des entre-les-deux,
- un homme qui enterrait son crachat sous les gravats,
- un homme à la barbe fournie ahanant sous le poids d’un colis,
- un camion de nettoyage tout propre,
- une old lady aux cheveux blancs semés de pois orange vif,
- un casque étrangement ergonomique pour son hydrocéphale de propriétaire,
- un bigleux essayant de fixer l’horizon à court terme,
- un visage émacié, non, une caricature sur pattes,
- une vieille portant un manteau de pute à moins que ce ne soit une pute portant un manteau de vieille,
- une colonie de champignons non comestibles élevés à l’ombre de parallélogrammes publicitaires,
- une troupe de soldats formatés, cousins germains à la recherche de parisianismes, aux chuchotis tonitruants,
- deux accents circonflexes roux dessinés en deux coups de crayon, pas plus, se promenant au-dessus d’yeux inquiets,
- un foulard à franges demandant la retraite,
- une ancienne compagne de bus, toujours aussi peu accorte qu’à l’habitude, peut-être en pense-t-elle autant à mon sujet,
- un taxi un peu flou emportant au loin mon bien-aimé.

Par Jazz - Publié dans : Les yeux ouverts
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Lundi 3 avril 2006

« On garde le contact » avait-elle écrit.
¤ Ouais, la preuve... ¤

 

Je continue de déchiffrer son écriture sur les carreaux Seyès.

Dans son esprit, je sens que les filaments de l’ampoule s’échauffent, et là, après avoir ménagé une de ces pauses théâtrales que j’affectionne, je lui livre les deux indices qui éclaireront ces vieux souvenirs dont je fais partie.
Ces deux mot auxquels elle fait allusion dans son texte sont ceux par lesquels nous différenciions à l’époque le simple bécot du vrai baiser, celui avec la langue. ¤ Ce sont des phrases apparemment innocentes comme cette dernière qui font éclater mon compteur de visites ! Youhou ! Parfois, y’a des gens qui cherchent de ces trucs, j’vous jure, hein ! ¤

L’ampoule est allumée.

« Haaaan, je vois maintenant ! » crie-t-elle avec ce mélange improbable d’emphase et de naturel que j’avais oublié chez elle. ¤ Oui bien non, je n’avais pas oublié, c’est que maintenant, mes oreilles ont entendu d’autres choses, d’autres voix, d’autres silences et elles perçoivent des sons plus fins, ou alors, elles se font trop d’idées, elles ont perdu leur innocence et sont devenues parano. Oui, ce doit être ça. J’entends des trucs qui n’existent pas, mes propres infrasons hallucinatoires qui me rendent méfiante envers les émotions les plus pures parfois. C’est nase de grandir parfois. ¤

Elle semble soulagée enfin d’avoir mis un visage sur la voix, ou alors que j’aie fini ma lecture, ou alors les deux.
« Oui, je vois c’est qui ».
Elle a toujours fait cette faute. Celle-ci et « quelle heure qu’il est, hon ? ».
Tiens, ça ne m’énerve plus, c’est à la fois rassurant et déroutant de savoir que ¤ comme Julio ¤ elle n’a pas chan-gyé, en quinze ans.
Pourrait-elle en dire autant de moi ?

- Alors, qui suis-je ?
- Heu, c’est le prénom-là, je n’arrive pas à m’en rappeler…
- Et pourtant, il n’est pas très commun.
- Ah, zut ! Je n’arrive pas…
- Et mon nom de famille ?

Elle le dit sans hésitation.

Paf ! ¤ c’est une onomatopée, pas mon nom de famille, je préfère préciser, que cela soit clair dans tous les esprits ¤
C’est bizarre. Enfin, pas trop finalement, je me souviens qu’au collège, au grand dam de ma mère, les profs nous appelaient souvent par notre nom de famille. Ca a dû la marquer.

- Oui ! C’est ça. C’est bien moi, mon prénom, c’est… Jazz.
- Oui, Jazz !

Comment a-t-elle pu oublier ?

Elle est à la limite de l’hystérie. Son cerveau a du mal à computer.
Trop de questions arrivent en même temps à son cerveau. Trop.
Si les rôles étaient inversés, je réagirais comme elle. Non, je serais moins naturelle, surprise mais sur mes gardes, pas envie que ça tourne aussi mal que d’autres prises de contact avec d’anciens camarades de classe. Elle a du courage. Ou… elle est naïve. Ou alors tous ces anciens camarades ont toujours été super heureux de la revoir, de l’entendre à nouveau. C’est vrai qu’elle faisait l’unanimité, alors que moi, malgré tous mes efforts ¤ aimez-moi, je vous en supplie ¤ ce n’était pas toujours le cas.

Elle me demande comment je vais.
Tout va bien de mon côté. Je lui explique comment j’ai eu ses coordonnées.

« Ah, donc c’est ma mèèère...
Elle a rencontré ta mèèèère.
Tu te souvenais de mon anniversèèèèère ?
Ah ! C’est supèèèèèr. »

Oui, c’est net. Elle n’a pas trop changé sur ça au moins, son défaut de prononciation me revient comme si c’était hièèèèèr.

à suivre...
Par Jazz - Publié dans : monblognotes
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- à la recherche de tout un tas de choses (sa vocation, le bonheur pour ses amis, un loft parisien abordable, des chaussures belles et ou marrantes et/ou confortables, de bons sujets pour nourrir ce blog...),
- presque quotidiennement sidérée par un truc ou un autre,
- un peu fantasque parfois, d'où ma tendance à écrire des apartés en ¤ rose ¤
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