Hier, le verdict est tombé.
Dans son mail, Caroline du cabinet de recrutement explique que l’agence n°2 s’est vu confier un nouveau gros budget qui exige la supervision d’un profil plus « senior ».
Cependant, l’agence me remercie pour mes efforts et le temps que je leur ai consacrés. Caroline, après avoir fait référence à mon professionnalisme, m’assure qu’elle me fera signe dès qu’une opportunité se présentera.
Stupeur, sentiment d’échec et crise de nerf ?
Non.
Surprise, sérénité et soulagement.
Juste une fugace déception, un tout petit insecte posé sur mes fesses d’éléphant, balayé machinalement et nonchalamment par mes crins caudaux.
Ce job, j’en avais fait mon deuil finalement.
Depuis plus longtemps, bien plus longtemps que je ne le pensais.
S’il m’avait été proposé, je l’aurais pris sans hésiter, tout en sachant que la frustration chronique qui m’habite aurait vite refait surface. Certes, j’aurais eu un meilleur salaire, dans un environnement certainement plus agréable, avec davantage de perspectives au sein de la boîte, mais c’était me cantonner à la branche de mon métier que j’aime le moins, dans un secteur suffisamment pointu pour me fermer bien des portes, mais pas assez pour faire de mon expérience une expertise rare, recherchée, et retribuée à prix d'or.
Une situation bâtarde en somme.
J’ai envie d’autre chose, d’autres projets, d’autres horizons.
Ma situation s’est un peu améliorée, mais je sais que ça ne me suffira pas.
J’ai soif et faim et envie. Je dois me sustenter.
Un projet germe encore dans ma tête.
__Fin__
Spécialement le jour où je n'ai pas regardé l'emission !
Si j'avais su, j'aurais refait une beauté au header...
Je me demande pourquoi les chroniqueurs sont venus par ici, et comme personne ne me dit dans quelle circonstance l'en-tête a été montré, je crains le pire.
S'agissait-il d'un sujet sur les éléments les moins intéressants de la blogosphère ? Sur les gens qui racontent leur vie en ligne parce qu'ils nont pas d'amis ? Sur la vacuité navrante de certains recoins de la blogosphère ?
Peut-être s'agissait-il tout simplement d'un sujet sur la mobilisation des bloggeurs autour de Garfieldd.
Que ceux qui savent se manifestent céans, je leur serai obligée.
[edit de 13h40]
Julia, qui a pris la peine de mettre un bonnet de bain et d'enlever ses chaussons pour entrer dans la salle de bains, m'a indiqué que le header de ce blog a été montré pour illustrer la catégorie "journal intime" dans un sujet présentant les blogs, pour les blogs politiques, il paraît qu'ils ont montré la home de DSK avec qui j'ai en commun plus que le fait d'avoir un blog : un jour, moi aussi, je me suis trompée de date dans le courrier que j'ai adressé à ma mutuelle étudiante, mais j'ai été blanchie ¤ oui, rendue blanche de stupeur quand j'ai vu qu'ils remboursaient au lance-pierre pour les lunettes et les frais de l'ophtalmo ! ¤.
Merci à Julia pour l'info.
Vendredi, comme je vous l'avais annoncé, j'ai repris ma place dans mon ancienne équipe.
J'ai malheureusement omis de prévenir Bud et son ami Terence de mon déménagement et de mon changement d'équipe. Quelle tête de linotte je fais !
Ils savaient bien pourtant que ça allait arriver, un jour, peut-être, on ne sait pas quand exactement, mais ils n'avaient pas compté sur le facteur ras-le-bol qui m'a poussé à avancer la date de mon transfert.
Ce changement s'est fait dans le non-dit ce qui a pu amener un peu de fiel dans nos relations, mais en même temps, je m'en tamponne le coquillard, mais d'une force, ils n'imaginent même pas.
D'accord, je pourrais très bien les recroiser dans ma vie professionnelle, ou même dans les couloirs, parce que nous sommes toujours dans la même boîte quand même, mais je n'ai aucune envie de retravailler avec eux. AUCUNE. ni même avec des gens qui auraient pu les côtoyer et qui auraient gardé de cette époque un bon souvenir. Non, pas question, alors tant pis si je me suis grillée auprès d'eux, je m'en fiche.
Il paraît qu'ils ont fait la tête quand ils ont compris qu'ils avaient perdu leur esclave soumise. J'aurais aimé voir ça.
Mais je fais tout pour les éviter, quitte à manquer de mouiller mon pantalon s'ils s'éternisent dans le couloir par lequel je dois passer pour aller aux WC.
Bon, peut-être qu'ils s'en fichent, qu'ils ont déjà oublié mon prénom, mais j'aime à penser que mon départ leur a fait les pieds ¤ dans une jolie teinte rose bonbon ¤ !
Sinon, mon brunch d'anniversaire s'est bien déroulé.
Nous étions une douzaine, la partie sucrée était bien, le salé laissait un peu plus à désirer, mais le gâteau au chocolat truffé était une merveille absolue qui a inspiré un long silence extatique aux convives.
Certains de mes invités ont bravé ma volonté bien affirmée de ne pas recevoir de cadeau.
Mon Loup m'a fait cadeau d'une petite merveille de technologie et de design, my very own iPom Nanouk gravé à mon prénom. Mon Loup est un fou.
Célia m'a offert un bouquin de Jonathan Coe auteur que deux autres invités m'ont recommandé, et le vernis Chanel Rouge Noir que je porte en ce moment même, les doigts lançant des éclairs rouge sombre en parcourant le clavier.
Peu de gens le savent, mais il s'agit de LA couleur que j'ai érigée en référence absolue dans la palette cosméto-chromatique pour les ongles. Pour info, le Rouge Noir ¤ frissons ¤ a connu son heure de gloire quand il a été élégamment arboré par Uma Thurman dans Pulp Fiction.
Je ne suis pas très maquillage, j'hésite même à mettre du fond de teint pour les grandes occasions, je mets peu et peu souvent du rouge à lèvres, parfois du mascara transparent, si j'y pense. Mais laisser mes ongles sans vernis, même transparent, est pour moi une souffrance.
Céline m'a tendu un sac poubelle dans lequel était enroulé une petite peluche porte-clef représenant un tigre à taches bleues, en référence à une private joke entre nous.
Vivi a demandé au Loup de me remettre une enveloppe plus tard, à l'abri des regards. Elle contenait une carte renfermant un vibrant message d'elle qui m'a fait pleurer ainsi que les voix de chatons entonnant un Joyeux Anniversaire miaouté à hurler de rire. Caché dans l'enveloppe, un chèque cadeau qui m'a permis de m'offrir des accessoires pour mon Nanouk d'Appool.
Hélène avait apporté un magnifique bouquet de roses et de chous ¤ une vraie maternité, en somme ¤.
Les gens ne respectent pas mes volontés, je n'ai aucune autorité sur mes amis, mais je ne leur en veux pas pour autant.
Evidemment, ça n'a pas raté, maman m'a servi son allocution annuelle pour mon plus grand plaisir, mon frère a chanté, et mon père n'a pas appelé.
j'enlève le haut
je retourne dans mon ancienne équipe,
celle qu'il y a un an, j'avais quittée pour cette décevante et stérile aventure,
qui n'a que trop duré.
Je me rappelle que dans la première équipe, tout allait plutôt bien.
Oui, super bien.
Non, là je cristallise.
Il y avait quand même les fréquentes remarques sexistes que je devais essuyer, et les torticolis que se prenait mon voisin à vouloir mater mon écran à tout prix, comme une bande de geeks adolescents ¤ mais les geeks sortent-ils jamais de cet état ? ¤ devant une forte poitrine féminine/une méga barrette de RAM/une femme fortement bustée qui sait où insérer les barrettes de RAM.
Mais bon, c'est bien, je ne dois pas me plaindre, je vais de nouveau pouvoir travailler pour des gens qui savent que je sais lire et écrire, faire des choses utiles pour la boîte, ajouter quelques lignes à mon CV, bref avoir l'impression que je ne perds pas ni les capacités mentales ni le temps qu'il me reste suite au gaspillage de 2005.
Je suis heureuse de bouger un peu.
Oui, ravie, même si je me pose toujours des questions sur mon futur dans cette entreprise : je suis toute seule, sans réel budget, sans aucune perspective d'évolution, mon seul espoir résidant dans la maigre ¤ pour ne pas dire carrément rachitique, même si la boîte va vraiment mieux maintenant ¤ possibilité de gratouiller une toute petite prime en fin d'année... prochaine !
Non, mais je suis contente quand même, hein. Faut pas croire ! [petit rire faux]
J'ai un boulot, c'est déjà bien, non ?
Et puis, j'aurai de vraies missions, avec davantage de sens, plus de résultats à la clé, mais moins de temps pour la blogosphère malheureusement.
Bummer !
Bon allez, je vais me téléporter chez moi, c'est l'un peut-être le dernier soir où je pourrai rentrer si tôt à la maison. [grand soupir d'insatisfaction]
Toi, lectrice assidue ou lecteur fidèle, qui as suivi la série des Entretiens, entrechiens, tu sais que j'avais fini par me faire une raison et que j'avais réussi, presque, parvenue à me persuader que je pouvais trouver un poste me permettant d'utiliser davantage la diversité de mes talents ¤ méthode Couet ¤ et d'ajouter une ou deux cordes vibrantes à mon arc.
J'ai tenté de remplumer ma dignidad laboral certainement par dépit de ne pas avoir été appelée comme prévu la semaine dernière, au point que j'ai élaboré une théorie pour tromper mon impatience, mais aussi par envie de faire autre chose de ma vie professionnelle.
Le dernier numéro de A Nous Paris II sur les wedding planners m'a rappelé que ce boulot m'attire beaucoup, qui, même s'il n'est finalement que de l'événementiel au service des particuliers, consiste quand même à réaliser encore et encore les rêves de gens qui s'aiment. Ca, c'est impayable !
Enfin, si justement, ça se paie et ça se paie cher.
Hier, j'ai quand même appelé Caroline, histoire d'en avoir le cœur net, qui m'a assuré qu'elle ne m'avait pas oubliée mais que l'agence était toujours en train de voir d'autres candidats ¤ aïe ! ¤ parce qu'il était possible qu'ils aient à recruter plus de monde que ce qu'ils avaient initialement prévu, à cause de « changements inattendus » ¤ en langage de consultant/agence, ça veut clairement dire « départs d'employés qu’on pensait garder encore trois ans » et/ou « arrivée massive de clients qui demandent beaucoup d’attentions », ce qui, dans les deux cas, est positif pour moi ¤.
Donc, j’arrête la paranoïa, je respire calmement, mais je continue ma recherche de boulot, tout en approfondissant la réflexion sur ce que je voudrais faire si je n’étais plus dans la comm’.
Parfois, la vie est belle, il faut le reconnaître.
Bonne nouvelle n°1
Samedi, je fête mon anniversaire.
Depuis quelques années, mon anniversaire avait la mauvaise idée de tomber pendant les jours de la semaine.
Je me souviens de deux années consécutives où j'ai dû me rendre chez un client ce jour-là précisément.
Dans le fond, ça ne me dérange pas de travailler le jour où ma mère ne manquera pas de m'appeler comme chaque année pour me chanter un tonitruant « Joyeux anniversaire» en français, en anglais, en créole et en Edwin ¤ Edwin, c'est mon petit cousin qui, à l'âge de 3 ans, a décidé de remixer les paroles du célèbre chant en « Anniversaire to you » ¤ avant de me réciter son incontournable marronnier à elle :
« Il y a [année actuelle - 1979] ans, tu sortais de mon ventre, en faisant "gnèèèèèèèèèèèèè, gnèèèèèèèèèèèèèè, gnèèèèèèèè" et tu étais tellement belle, tellement belle que je me demandais si tu étais bien ma fille, si nous avions pu faire une telle merveille... Ahhhh ma puce, Maman est contente de t'avoir, avec ton frère, vous êtes ma richesse, mes bijoux, mon tout ! Je vous aime ! Je suis tellement fière de vous ! »
Non, ça ne me dérange pas plus que ça de bosser ce jour-là : d'un part, cela signifie que j'ai un travail, ce qui est bien; d'autre part, avec difficulté, j’ai fini par me rendre à l’évidence que mon anniversaire, pour mon employeur, comme pour mon client, et quasiment pour tout le reste de la Terre, n’est pas un jour spécial, il n’est pas marqué par la levée du drapeau tricolore, ni même salué par une minute d’euphorie dans le monde ¤ bien que cette dernière distinction me semble être une bonne initiative, tout à fait salutaire pour le monde entier ¤.
Non, ce qui me met carrément la rage, c'est de me faire copieusement injurier à tort, de devoir supporter des accusations extravagantes et injustifiées devant une assemblée muette et acquise en bonne partie à la cause de mon bourreau, d’entendre un connard d’actionnaire, soutenant certaines idées tirant extrêmement vers la droite, me dire que je suis « exotique » ou de perdre mon temps dans des réunions aux vertus dormitives bien supérieures à une intégrale direktor’s cut de Derrick en VO, tout ça spécialement le jour de mon anniversaire !
Bien sûr, pas le droit de piper mot. Le client/L'actionnaire est roi, le client/l'actionnaire, même si c’est un enfoiré de première, un crétin borné et épais, ou un facho sur les bords, a toujours raison qu’ils m’ont dit, surtout s’il paie bien/est majoritaire.
Donc, poner buena cara al mal tiempo.
Mais cette année, youpi ! Mon anniversaire tombe un samedi ¤ chose qui, depuis que je suis née, ne s'est produite que trois années : 1984, 1989, 1995. Bizarrement, ces millésimes correspondent respectivement, aux années du désastre industrialo-chimique du Bhophal en Inde, du cyclone Hugo, de la Grande Grève en France. Donc, cette année encore, attendez-vous à ce que ça chie grave ! ¤.
J’ai décidé d’inviter quelques amis à un brunch pour l’occasion. J’espère que ce sera chouette.
Bonne nouvelle n°2
Mon p*tain de prêt étudiant va prend fin pour de bon, un jour…
Ce fichu prêt étudiant qui me casse le dos depuis 5 longues années ¤ ah ils sont loin les quelques doux mois où j’ai pu profiter de mon maigre salaire dans son intégralité, pour éponger en partie le découvert creusé par mes années d’étudiante loin de ses proches, meubler et rendre accueillant le studio que je louais à l’époque, payer un billet d’avion à maman afin qu’elle assiste, aussi fière que si sa fille chérie, son aînée, la chair de sa chair, « 50% de sa richesse », avait découvert le vaccin contre le SIDA en obligeant les multinationales du médicament à le distribuer gratuitement au monde entier, à la cérémonie de remise des diplômes de sa fille chérie ¤ aura, dès le mois de mars, cessé d’être une plaie mensuelle faisant de mon compte une mine à ciel ouvert, je l’espère.
Ca a foutu pas mal de gens dans une belle rogne.
Et il faut croire que ça a payé.
Le minsitre va revenir sur la décision de révoquer Garfieldd pour adopter une sanction plus proportionnée.
On ne sait pas encore à quoi s'attendre, alors restons vigilants.
¤ Ah, aussi, je dis merde aux pauvres cons qui pensent qu'il sera sauvé parce qu'il était homo. Je prendrais bien la peine de leur expliquer que la décision est injuste quel que soit le sexe des gens que Garfieldd met dans son lit, et que son blog n'était pas le tissu d'obscénité et de pornographie pour lequel on l'a bien voulu faire passer, mais ils sont tellement cons que c'est une perte de temps. Donc, je me contenterai de les conchier. ¤
J'ai perdu ma carte de transport (remplacée, contre huit euros, en deux minutes chrono par la RATP, mais contrairement à ce que m'avait dit l'agent au guichet, le carnet de tickets que j'ai achetés pour me déplacer entre temps ne sera pas remboursé), ce qui peut être considéré comme un événement fâcheux, mais ce n'est pas grave, car maintenant maman pourra me reconnaître sur la nouvelle photo qu'ils ont prise de moi.
Avec des amis, nous avons joué les fous sur Internet.
J'ai fait deux heures de roller avec l'inépuisable Tom, sans tomber, bien que n'en ayant pas fait depuis trois ans, et je n'ai toujorus pas de courbatures.
Je me suis régalée de bonnes choses du Starbusque.
Je crois que j'ai découvert ce que mon chéri va m'acheter pour mon anniversaire, malgré la consigne stricte que j'ai émise de ne pas me faire de cadeau. Ca ne sert à rien, il n'en fait qu'à sa tête. ¤ Je lui avais demandé pour Noël de se limiter à un cadeau tout petit, qui me fait penser à lui, emportable partout et coûtant moins de 7 euros, comme un porte-clé Kiki par exemple, et il m'a offert... un porte-clef Kiki (!) mais aussi un très beau livre sur les chaussures, l'une de mes obsessions comme il le sait, et un chausse-pied.¤
¤ Je précise qu el e chausse-pied est en fait un très bel objet au design conçu par Manolo Blahnik, petite merveille que j'avais déjà repérée et que je convoitais dans un silence dont le Loup a su percevoir les vibrations, et qui va très bien de surcroît avec le bouquin où sont d'ailleurs photographiées les chaussures-oeuvres d'art de Blahnik.
Je dis ça parce que dans le cas où vous envisageriez d'offrir un chausse-pied de base comme cadeau, ce n'est pas du tout une bonne idée, que celà soit bien compris, même si l'objet en question dispose aussi d'un embout gratte-dos en forme de main, les connaisseurs compredront à quoi je fais allusion. ¤
A part le fait que je n'aie pas beaucoup vu mon irrésistible Loup ces jours-ci, et que mon sommeil a été anormalement court, le week-end fût bon en somme.
Non, ce n'est pas moi la chercheuse, j'ai donné, j'ai trouvé, mais de mon amie Célia.
Elle s'est inscrite il y a peu sur un site de rencontres en ligne dont le nom rime avec magnétique.
Elle est intelligente, jolie, pleine de vie, pétillante, drôle et généreuse et dotée d'une paire d'yeux qui voient au fond de vous.
Mais, oui, elle est célibataire, et oui, elle est sur Internet.
A tous les bigots qui hausseront les sourcils encore plus haut que ce que la nature a permis aux humains de faire, à toutes les autorités auto-proclamées de préservation de la morale contre ce genre de sites, à tous les connards qui jugent, accusent et montrent de leur doigt crasseux ceux qui empruntent ces voies à la recherche de compagnie et plsu si affinités, à tous ceux-là, je dis merde, passez votre chemin, et plus vite que ça !
A tous ceux qui ne condamnent pas et tentent de comprendre pourquoi des personnes normalement constituées, en pleine possession de leurs moyens, et tout à fait « mariables », je dis lisez la suite.
Je ne vois pas ce qu'il y a de répréhensible à aller sur Internet pour faire de nouvelles rencontres. C'est une version électronique des foires aux célibataires, des petites annonces dans les canards locaux, ou des marieuses, une occasion de rencontrer des gens comme autrefois, la messe, le marché du week-end, les bals, ou l'émission « Tournez, Manèges » le permettaient.
A une époque, j'ai moi-même usé de ce moyen pour prendre contact avec des messieurs. Oui. Je n'ai pas de honte à le raconter.
Certes, aucune des rencontres n'a été vraiment concluante, mais ça m'a fait du bien à l'ego de me laisser flatter et complimenter et séduire, même par écrans interposés, car quand on est célibataire on finit par penser parfois qu'on est moche, con et moins casable que cette connasse boutonneuse à lunettes épaisses de la compta, qui, elle, a réussi à trouver chaussure à son pied et ne manque pas de le faire savoir à qui veut l'entendre.
Oui, ça fait du bien.
Et puis au bout d'un moment, quand on est célibat', on ne croit plus à la rencontre à l'improviste ni au coup de foudre au coin de la rue, on a juste envie de faire bouffer le plan de leur nouveau loft et les photos du petit dernier à ces couples bien sous tous rapports qui n'arrêtent pas de claironner qu'« il ne faut surtout pas chercher parce que c'est quand on arrête de chercher que tout arrive » et gna gna gna gnagna !
C'est bizarre, mais quand j'étais célibataire, on avait beau annocer qu'il y en avait 14 millions d'autres comme moi en France, je me souviens nettement m'être demandé où se cachaient ces fichus nigauds à la recherche d'un compagnon de vie, s'ils étaient tous concentrés en Ardèche, s'ils revêtaient une cape d'invisibilité quand ils se déplaçaient, s'ils étaient tous gays ou lesbiennes, s'il y en avait un pour moi, où si leur existence avait été prouvée par un recensement scientifique. Il n'y a que sur Internet que j'ai été rassurée : ils étaient là, marrons, jaunes, blancs, roses, et même verts, en masse, avides de rencontres, se prenant au jeu de la séduction, se décrivant avec force adjectifs alléchants, des romantiques, des obsédés, des palots, des machos, des dingues, des rigolos, des gigolos, des trop sérieux, des pas beaux, des Ardéchois, des Parigots-tête-de-veau, des latinos, des ingénieurs, des bouchers, des contrôleurs de la RATP, des play-boys, des tout petits, des bêtes et des pas soigneux ! Ils étaient là ! Il y en avait pour tous les goûts.
Quand on découvre cet Eldorado, cette infinité de possibilités, on ne sait souvent pas où donner de la tête au début.
M'enfin !
J'ai fini par rencontrer mon Loup via MSN sans le vouloir ¤ Merci Tom, merci Bill G., merci la vie ¤ après la résiliation de tous les comptes sur les sites où je m'étais inscrite, geste marquant mon désespoir de jamais trouver quelqu'un à aimer et pour m'aimer sur Internet ou où que ce soit d'ailleurs.
Mais revenons-en à nos futons.
Samedi soir, afin de pouvoir visiter, voir et revoir les fiches des garçons intéressants, sans se griller parce que le consultations, les personnes qui les ont faites et la fréquence à laquelle ils sont venus baver sur votre photo sont indiquées, nous avons décidé Tom, Célia et moi, après une soirée bien arrosée au Coca Light, de créer un compte pour surfer incognito et faire notre marché.
Et puis, tant qu'à faire, nous nous sommes créé un personnage de fille un peu chaudassse, ce qui permettait de tester les intentions des mecs qui avaient plu à Célia en les abordant sous cette nouvelle identité.
S'ils cherchent le coup d'un soir, c'est fichu.
S'ils cherchent une histoire moins expéditive, c'est bien.
S'ils refusent de parler à notre poupée gonflable, c'est gagné !
Notre personnage a fait ses premiers pas samedi soir en tchatant avec quelques gars oisifs à une heure fort avancée de la nuit.
Nous n'avons pas fait d'avances. Au contraire, nous avons même été carrément insolents parfois avec les candidats qui se sont présentés à nous.
Nous avons eu de bons gros fous rires et ça fait du bien.
Entre Tom qui prenait sa petite voix de fille pour nous indiquer quelques répliques comme « je suis toute timide » en plein milieu d'une conversation ou « très original » quand quelqu'un nous saluait, et moi qui suis partie dans une histoire d'élevage de furets ¤ en hommage au père de Tom ¤ et qui n'arrêtait pas de poser la question « pourquoi ? » à un type totalement perdu, Célia a dû se rendre compte que les « maqués » sont ceux qui prennent le plus de plaisir à se glisser dans la peau de jeunes femmes célibataires et un peu délurées.
Nous avons tout de même trouvé quelques spécimens qui méritent une petite discussion afin d'en connaître plus à leur sujet.
Quoi qu'il en soit, j'espère qu'elle trouvera bien vite l'homme que nous lui souhaitons ¤ non, parce que bon, si on regarde les choix qu'elle a fait dernièrement, mieux vaut qu'elle se fie à notre instinct ¤ parce que moi, j'ai envie d'aller à son mariage et chanter des berceuses créoles à son enfant !
et me payer une de leurs salades,
et un lait de soja chaud, avec du sirop d'amandes et de la crème fouettée, taille Venti,
along with a big fat slice of their toptastic finger-licking cheesecake to indulge myself with.
Ca va me faire du bien.



