Mardi 28 mars 2006

Au hasard de mes promenades sur le Net, j'ai trouvé ce site : Good-news.

Comme son nom et les gens qui s'en occupent l'indiquent, ce site/blog se concentre sur des nouvelles qu'elles sont bonnes parce que, affichent-ils en en-tête
« le futur dépend de la vision que nous en avons ».

Alors, ils parlent d'idées qui ont fait tilt, de gens qui think et qui act aussi, parce que bon, penser, avoir des idées mêmes bonnes et puis sourire, ça ne fait pas vraiment avancer le monde non plus. (J’aimerais bien, mais ce n’est pas le cas).

Ah, attendez, quelqu’un a bien mieux formulé cette idée que moi :




Vision without action is a daydream.

                    Action without vision is a nightmare.


 

proverbe japonais plein de bon sens.


Dans l’édito de Good-news, on précise que le site « renouvelé trois fois par semaine, […] souhaite proposer un maximum d’idées durables, modernes, poétiques et enthousiasmantes. »

Programme alléchant, non ?

Allez, je vous libère, comme ça, vous pouvez y jeter un œil ou les deux.

[vous pouvez y aller par ici aussi]

Lundi 27 mars 2006
Demain, je vais devoir passer un coup de fil d’anniversaire surprise à une ancienne copine de classe.

Une autre perdue de vue.
Nous avons été dans les mêmes classe de la sixième à la troisième et elle a été ma meilleure amie pendant cette période.

Au début, elle habitait deux pas de chez moi, nous étions de ces chanceux qui habitaient tout près du collège.
Et puis, nous avons déménagé.
Et puis, nous avons fréquenté deux lycées différents.

Je me souviens d’elle.

Comme les filles de là-bas, elle disait « je n’ai pas fini de peinturer mon dessin encore, hon » au lieu de « je n’ai pas encore peint mon dessin ».

Elle avait cette manière particulière de prononcer le mot « vert », un peu en criant, un peu en tirant la langue. « Vêêêêr ». Je n’ai jamais bien compris pourquoi.

Un jour, elle s’est fait couper les cheveux pour éviter qu’ils ne tombent définitivement après les agressions chimiques répétées du défrisant. Ils étaient heu… courts, presque ras, ce qui n’était guère à la mode, encore moins pour une jeune élève de cinquième. Mais elle a fini par assumer, j’avais menacé prévenu les garçons de la classe, fait la leçon aux filles, tous m’avaient écouté, et ce samedi, quand elle s’est pointée trois minutes avant les cours, à « l’annexe » -- un petit ensemble de cases dont les murs et le toit étaient rongés par les « pou bwa » (les termites) qui laissaient tomber de petites billes marrons sur nos cahiers de cours, un endroit que l’école a laissé aux sinistrés du cyclone Hugo – elle était timide, et surprise et rassurée de l’accueil de ses camarades. Je ne lui ai jamais dit, et elle n'a jamais su. A un moment, Roro, un de nos camarades et voisins a failli dire quelque chose de déplacé, mais mon regard glacé l'en a empêché.

J’avais gardé cette image d’elle. La fille aux cheveux courts, amoureuse au long cour, gymnaste accomplie et joyeuse, joyeuse.

Cette fille aux lunettes épaisses, encore plus myope que celle que je suis maintenant, les dents, qu’elle avait très blanches, toujours dehors ¤ c’est comme ça qu’on dit chez moi, non sans une pointe de moquerie, que quelqu’un a toujours le sourire aux lèvres ¤ assez douée à l’école.

Elle avait une écriture bien à elle, parce qu’elle s’était libérée des pleins et des déliés que lui avait appris la maîtresse, ses lettres penchaient vers la droite, grandes et généreuses, appuyées et rondes.

Elle était très simple. J’avoue que parfois, je la trouvais un peu simplette.

 

L’autre jour, j’ai reçu un appel de sa mère. C’est Maman, qu’elle avait rencontrée dernièrement qui lui avait donné mon numéro.

Elle aurait juré que je ne l’aurais pas reconnue, mais sa voix chevrotante l’a trahie.
Elle m’a donné le numéro de sa cadette en me précisant que celle-ci serait très étonnée de recevoir mon coup de fil pour son anniversaire.

- C’est le 28 mars, non ?
- Oui, tu te rappelles ? Ah, c’est bien, ça alors, eh ben tu me fais bien plaisir Jazz.

 

Je ne lui ai pas dit que je m’en souvenais parce qu’elle est née 2 mois pile après moi, et que quatre ou cinq d’entre nous, cette joyeuse bande de l'époque, les gamins insouciants, étions nés un 28.

Une fois, il y a six-sept-huit ans, je l’avais aperçue dans le métro, je n’étais pas bien sûre, mais j’ai tenté le coup, je lui ai dit bonjour, c'était elle, elle m’a reconnue. Elle avait changé, un peu, les cheveux plus longs, plus soignés, le corps toujours aussi mince et musclé était devenu plus féminin, des verres plus fins dans des montures plus fines. Elle s’apprêtait à vivre avec son copain. Elle travaillait je crois. Comme elle avait de la chance, le garçon que je fréquentais à l’époque était bien loin de ces préoccupations, des miennes. Je n'écoutais pluis vraiment ce qu'elle disait. Le temps de détailler le visage ami déjà ridé par tant de sourires et de fous rires, de lui poser des questions qui ne venaient pas, sa station est arrivée et les portes vitrées se sont refermées entre nous.

 

Je ne l’ai pas revue depuis.
Maintes fois, je l'ai googlée. En vain. Rien non plus sur les pages blanches.
Je me suis dit qu'elle avait dû se marier ou que le téléphone était au nom de son copain.

- Alors, dis-moi tu as des enfants, tu es mariée, Jazz ?
- Non non, ni l'un ni l'autre. ¤ coup d'oeil furtif au Loup à ma gauche ¤
Pas encore. ¤ tiens, pourquoi elle n'a pas demandé ça à Maman ? ¤ Et elle ? Et sa grande soeur ?

Je n'ai pas entendu la réponse à ma question. Je m'imaginais la tête que devais avoir ses peut-être bambins. Et puis, le nom de sa soeur aînée m'échappait.

Je crois qu'elle n'est ni mère, ni mariée. Je crois.


Je vais lire le mot qu’elle a laissé dans mon cahier un jour. Il y a longtemps.
Ca parlait de bisous et de baisers.

Demain, je l’appellerai.

Comment le prendra-t-elle ?
Sera-t-elle heureuse de m'entendre ?
Elle se souviendra sans doute de moi.
Reconnaîtra-t-elle ma voix ?
Me fera-t-elle la tête, ou me donnera-t-elle de cette attitude un peu froide qu'ont la plupart des anciens camarades que je recroise ? Comme un reproche d'avoir changé et de les avoir laissé, d'avoir suivi une autre pente ?

Demain, je l'appellerai.

 

à suivre...

Vendredi 17 mars 2006

Je vais faire des efforts et le troisième dimanche de juin, si j'y pense, il recevra un coup de fil.
Je l'aime encore. Mais est-ce lui, celui qu'il est aujourd'hui tel que je le vois ou celui que j'ai connu autrefois, avant la bête frappeuse, l'écume aux lèvres qui menaçait de tuer sa progéniture, frappait le ventre d'où mon frère et moi sommes sortis ?

Le cœur est un muscle, il est difficile de lui faire perdre un pli creusé au début de son existence.
Il continue à suivre la pente qu'on lui a indiquée. Et je crois que mon amour est davantage un artéfact, un résidu, un reliquat de tendresse passée que la vraie manifestation de quelque chose de vif, de vivant, de maintenu.
Je ne dis plus que je l'aime. Je dis je l'aime encore.


Aujourd'hui, je pars super tard de la maison. Je vais être en retard.
Je tombe sur un ancien collègue qui habite à deux pas mais que je ne croise que très rarement.
Il me parle de deux  postes à pourvoir dans sa boîte. Il y a trois mois, j'aurais sauté sur l'occasion (quitte à devoir travaillé avec ma toute première chef pas trop fut'-fut', passée elle aussi du côté obscur de la force - comprendre "côté annonceur") à pieds joints, corps et âme, en plein dedans, sans hésiter, pas un regard en arrière.
Aujourd'hui, mon boulot a changé, j'ai de nouvelles perspectives, et les notes autrefois enchanteresses du chant des sirènes de l'agence ne me font plus grand effet en ce moment. Peut-être résonneront-elles encore un jour prochain, car je reste totally open et aware, mais, là, non, décidément, ça ne me botte pas.

J'ai reçu l'appel d'une nana qui m'a remarquée dans l'annuaire des anciens de mon école pour un super poste dans une super boîte. Elle ne m'a pas recontactée, mais le simple fait qu'elle m'ait tourné autour a reboosté un peu mon ego.

Mes nouveaux chefs (exit Bud et Terence) ne trouvent rien à me reprocher bien au contraire, et me l'ont fait savoir au cours de mon premier entretien annuel (le tout premier que je passe ici quand même alors que j'entame ma 3ème année dans cette boîte...)

Comme j'ai tapé la discut' avec ce type, je suis encore plus méchamment à la bourre.
En même temps, j'ai pu profiter un peu du Loup, et puis, on est vendredi, et puis zut !

J'arrive au boulot.
Tout le monde me salue de bonne humeur comme s'il était normal, voire absolument réglementaire voire contractuel que j'arrive une heure après la plupart d'entre eux.

Je quitte mon mantal et prend place à mon bural, quand se pointe mon chef, le seul à pouvoir, éventuellement m'incriminer pour cette liberté prise par rapport aux horaires. Mais il est encore plus à la traîne que moi et ne sait pas que je l'ai précédé d'à peine trois minutes.
Le big boss est en vadrouille (je pense qu'il est mort depuis une semaine mais personne ne veut confirmer ma théorie), mon autre boss est en RTT, le DAF qui depuis son bureau surveille les allées et venues de tout le monde aurait pu m'épingler ou me gratifier d'un regard plein de reproches (même si je l'ai -- presque -- dans la poche) s'il avait été à son poste. Mais non.

Demain, je vais danser the night away.

Vendredi 17 mars 2006
Je suis une version 2.0 de ma mère, son cauchemar, son portrait caché, j'ai la voix de celle qu'il a aimée, de la mère de ses enfants. Mais moi, je ne me laisse pas engloutir sous sa violence. Oh non, je ne courbe pas le dos.
Non, j'ai hérité de son caractère de vagabond et de la révolte intime de ma mère.
Je fronde, je lui ai tenu tête et le ferai encore sans hésiter.
Je ne m'en laisse pas compter, et il sait que si parfois j'acquiesce en silence à ses jérémiades stériles, si je pose des questions polies (ah, tu regardes le foot, c'est qui qui mène ?), si je fais mine de m'intéresser, je peux très bien couper court à tout.

Il mendie, je donne avec parcimonie.
Les rôles sont inversés.
Un rapport assez malsain, mais je n'ai pas voulu commencer ce jeu-là.
Je pourrais être cent fois, mille fois pire. Je reste correcte. Je ne le cherche pas, je ne remue pas la merde sur laquelle repousse ce germe de relation filiale.

Je lui parle du lien rétabli avec les enfants de son frère, comme à son habitude, il est heureux mais il a dû oublié ce que ça faisait le bonheur, même fugace et puis, il n'a jamais su le retenir, on ne lui a pas appris dans sa famille, alors, il dissimule ses sentiments, si mal -- avec le temps et la distance j'ai appris à le décoder, je le connais, et puis, je suis faite d'un peu de lui -- derrière une sorte de phrase toute faite, une amorce de regret, un soupir avorté qui oscille entre l'exaspération, l'impuissance et l'indifférence. Handicapé des sentiments.

Il a pensé à moi. C'est un salaud qui commence à comprendre. Il vieillit et ses mauvais faits doivent venir le hanter un peu. J'ai pardonné, pas oublié, et j'espère qu'il se rend compte du mal qu'il a causé aux siens, qu'il essaie de se libérer de la bête qui l'habite depuis si longtemps.

Il m'a appelée, c'est un peu le bout du monde. Je n'ai pas pleuré.
Vendredi 17 mars 2006
L'autre jour je me suis inscrite sur un site de networking.
Je tombe par hasard sur un ancien élève de mon école primaire en Guadeloupe, qui se rappelle de moi.
Je fais une recherche et tombe sur deux cousins malheureusement perdus de vue.
Hier soir, j'ai pris un pot avec ma cousine, demain soir, je suis invitée à l'anniversaire de son frère.

Je rentre à la maison où je récupère mon portable : Le Loup me dit qu'il m'aime, Maman me file les coordonnées d'un mec qui pourrait nous aider à constituer un back-up plan si Le Loup et moi décidons d'aller vivre en Guadeloupe (mais on se tâte...), mon père me grommelle un joyeux anniversaire avec un mois et demi de retard, mais bon, c'est déjà tellement exceptionnel que je refuse de me plaindre.

Je le rappelle. Il énonce des évidences. Très Shadock mon père.
Tu as bien reçu mon nouveau numéro de téléphone ?
Oui, puisque je t'appelle dessus, là.
Oui, donc tu l'as bien reçu.
Oui, comme tu peux le voir.
C'est bien.
Oui.

Il s'est toujours senti menacé par quelque chose en moi. Maintenant plus encore.
J'ai ma vie, je n'attends pas d'hypothétique pension alimentaire, j'ai fait une partie de mon deuil de ce père-là que j'avais idéalisé si longtemps dans une sorte d'Œdipe précocement interrompu.
Il n'est plus vraiment mon père.
Je ne suis plus vraiment son enfant.

Il me voit, et il sait.
Il m'entend et il sait.
Mercredi 15 mars 2006
Je me plains parce que je me trouve trop grasse,
Parce que j'aimerais qu'on habite dans un appart' plus grand,
Parce que je mets trop de temps pour aller au boulout et revenir,
Parce que j'aimerais gagner plus de sous,
Parce que des fois, j'ai mal au dos, au cou,
Je me plains, gna-gna-gna, je me plains, et puis je m'essoufle.

Je n'ai pas de vrais problèmes. Des pécadilles, des caprices d'enfant.

Des caprices, moi, je peux en faire. j'en ai tout loisir.

Mais quelque part, pas trop loin d'ici, il y a des enfants comme Nour et Karim qui n'y ont pas droit.

Pas le droit, non plus, à un logement salubre. Ou alors, oui, mais très loin de l'école.
Là où leur mère, qui vit une période à risque dans sa grossesse, ne pourra les amener.
Et le père dans tout ça dîtes-vous ?
Ben, le père, il doit travailler pour payer les timbres fiscaux pour la régularisation de leur situation dnas notre pays (faudrait que je me renseigne pour savoir à quoi ça servent ces fichus bouts de papier...).

Car leurs parents n'ont pas le droit d'être ici. Ou alors, oui, mais en cachette, comme ils l'ont fait depuis 10 ans. Et puis, pour ne pas trop déranger, prière de vous déplacer très souvent, d'un hôtel miteux à un coin éloigné.


Ca ressemble à un hoax, à une histoire inventée de toutes pièces, à une connerie véhiculée sur le Net, un sketch pas drôle, tellement c'est gros et horrible. Ou alors, ça ne se passe pas en France... Impossible.

La vérité est triste et sordide.
Vous pourrez vous tenir au courant du sort de cette famille sur le blog d'Akynou (ici et ici) qui les a rencontrés et en parle mieux que quiconque.

Cette famille existe et si vous avez une p*tain d'idée pour secouer les puces du Samu Social, faites-le savoir, sinon, si vous avez un blog, fendez-vous d'une petite note avec un trackback
[http://akiyo1fr.free.fr/racontars/tb.php?id=301] vers la note d'Akynou.


Merci.
Lundi 13 mars 2006

Ce matin.
J’ai lu quelques pages de mon bouquin.
Ce type arrive à rendre palpitantes des descriptions métonymiques, des aperçus d’idées parfois banales, parfois farfelues, toujours intimes et intérieures. Il ne s’étend pas, il dit juste, et je crois voir ce qu’il a vu.
J’aimerais avoir ce don là.

Je me suis débarrassé des quelque trois cents messages émanant de gens qui me veulent du bien. Ils prétendent pouvoir augmenter les proportions d’un membre que je n’ai pas, d’autres me préviennent, comme c’est gentil à eux, qu’il faut que je mette à jour mes coordonnées bancaires, certains s’inquiètent de la vigueur de ma vie sexuelles et me proposent des solutions garantissant que ma nana grimpera au rideau, d’autres encore m’assurent qu’ils peuvent guérir toutes les maladies.
Débile.
J’espère naïvement que personne n’ira faire le con à droite à gauche sans préservatif, sans précautions, soulagé de savoir que dans un mail, quelque part dans sa boîte aux lettres, sont indiquées les coordonnées d’un grand guérisseur universel.
Le sida, il ne passera pas par moi parce que j’ai un super bon plan, j’te jure.
Ouais, crois donc ça.
J’aime pas les cons, mais ça me ferait vraiment chier si il y en avait pour gober ça.
On ne peut même pas espérer que ceux-là crèvent de leur propre connerie avant de choper et refiler une saloperie à un partenaire ou plusieurs, car les cons ça a de la chance, et en plus, ça se reproduit.

J’ai lu encore des news sur le web 2.0, les pages d’accueil personnalisées, la réception des infos que je veux et seulement celles-là, l’extremacustomisation de ce que je vois, je cherche et stocke sur le net. J’ai pris peur, comme on dit chez moi.
C’est bien pratique, on fait un premier tri à ma place, pour éviter que je me perde dans la Toile. Mais moi, parfois j’aime bien ça me perdre dans la Toile, je n’aime pas qu’on me mâche le travail ¤ je dis ça, mais je déteste préparer mes pâtes à tarte moi-même, et  fais confiance à ma copine Marie et ses trucs coupés à la bonne taille, prêts-à-dérouler-hop-et-voilà ! ¤.
C’est chouette cette sélection sur les sujets qui sont supposés être important pour nous, quand on ne veut pas perdre de temps, qu’on est pressé et qu’on souhaite connaître l’essentiel. Mais parfois, prendre son temps, flirter avec le superflu, serpenter entre les allées ça ouvre l’esprit.
J’avais un ex qui allait faire ses courses une fois par semaine. Jusqu’ici, rien de très anormal me direz-vous. On voit bien que vous ne le connaissiez pas vous, petits chanceux. Chaque semaine, il allait dans les mêmes rayons, acheter les mêmes produits, dans la même quantité, sans fantaisie aucune.
Il ne remarquait jamais ce nouveau produit plus adapté à ses besoins ¤ c’est peut-être aussi la faute du marketing, me direz-vous ? ¤ il ne changeait jamais de régime alimentaire, tous les jours, avec ses frères, il mangeait des pâtes alimentaires, avec la même sauce tomate, accompagnées du même jus multi-vitaminé beurk en brique.
Et puis, un jour le plus jeune frère est tombé malade. Il avait… des carences…
Hé hé hé !
J’ai pris les choses en main, j’ai fait les courses avec eux, et au passeg en caisse, le chariot était rempli de tout un tas de trucs qu’ils n’avaient jamais vus, parce que « c’est pas ce qu’on prend d’habitude ».
 
J’aime les surprises, les égarements, les rencontres improbables, les accidents de parcours, les trucs sur lesquels je ne devais pas tomber, même les choses qui ne m’intéressent même pas.

Des œillères ?  A moi ? Non, mais vous m’avez vue ? Vous m’avez bien regardée ? Ah, tant mieux, parce que j’ai failli vous louper, vous n’étiez pas prévu dans la visite guidée dans les sentiers battus, abattus, rebattus et guère débattus.

Regarder toujours les mêmes choses, ne pas s’ouvrir au monde, se glisser dans des habitudes étroites parce qu’il en a toujours été ainsi, c’est, je crois, menacer sa propre santé.

Jeudi 9 mars 2006

 

Sondage Express

12%

Ne pas répondre

12%

Lui flanquer 2 baffes pour lui apprendre la politesse

32%

Lui redire "et toi ?" jusqu'à ce que mort s'en suive

44%

Lui écraser le pied et attendre qu'il/elle dise " Eh ! Mais ça va pas !" et lui dire "et toi ?"

25 personnes ont répondu

Hé hé. Maintenant, je sais ce qu’il me reste à faire...

Merci aux participants.

Jeudi 9 mars 2006
Après cinq jours d’immersion parisienne salutaire, j’ai regagné le pas traînant, mon lieu de travail, cette contrée bizarre où le jogging est l’uniforme, où les crachats pavent le trottoir, ce petit bout de monde où les visages portent les marques d’un vieillissement précoce.

Je regarde les avions qui flottent au loin et je me perds dans le ciel un moment.

Au cours des derniers jours, j’ai retrouvé l’ambiance de l’école.
Je croyais que j’aimais ça, que cette période de ma vie était juste joyeuse mais la cristallisation était passée par là.

Répondre la première.
Répondre juste.
Faire honneur au prof par son attention et sa concentration.
Trouver les mots exacts qui manquent au prof.
Répondre avec assurance quand le prof demande si tout le monde a bien compris.
Poser des questions.
Manifester son intérêt.
Se faire nominer pour l’Oscar  de « Best performance by an actress in a leading role » dans « La Pédante ».
Ne pas se faire haïr par les autres élèves.
Répondre faux pour se faire accepter par le groupe.
Ne pas en faire trop pour conquérir les camarades, sans décevoir le prof pour autant.
Ne pas répondre quand le prof demande si ça va.
S’é-cra-ser.
Rentrer chez soi avec la drôle d'impression qu'on n'a pas été soi.

Oui, bon, finalement, l’école, ce n’était pas chouette tous les jours.
Jeudi 2 mars 2006
Versatile

[vεRsatil ]
adj.
(dér. de versare « tourner, se retourner », v. verser).

A. Vieilli. [En parlant d'une chose] Qui provoque ou subit un mouvement alternatif d'un côté, puis d'un autre.
B. Au fig. [En parlant d'une pers. (ou d'un groupe de pers.), de son caractère] Qui change souvent et aisément de parti, d'opinion; qui est sujet à de brusques revirements.
Synon. capricieux, changeant, fantasque, inconstant, instable, lunatique, vélléitaire.
Anton. constant, égal, ferme, obstiné, résolu.


On connaît bien et trop bien l'intérieur de ce prince vif et spirituel, mais capricieux, versatile, à la merci de sa fantaisie présente, toujours excessif, malicieux, plus puéril qu'un enfant (
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 422).
Empl. subst. Ce n'étaient ni des sûrs, ni des douteux, ni des antagonistes, c'étaient des versatiles qui ne savaient pas eux-mêmes sur quelle jambe se tenir et vers quel horizon se tourner ( DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 199).

Extraits du TLFI (Le Trésor de la Langue Française Informatisé).


Combien de fois m'a-t-on dit que j'étais versatile ?
Comme un trait calamiteux.
Je ne compte plus.

Inconstante, moi ?

Capricieuse, passe encore, un peu comme toute les petites filles, mais de là à en faire un trait de mon caractère ! ¤ demandez donc à ma mère ¤
Comme si j'étais atteinte de quelque trouble de l'attention, moi qui aime faire les choses jusqu'au bout, mais pas forcément tout d'un seul coup, j'ai besoin de m'aérer, de faire autre chose, de me poser et de m'enrichir.


Instable et lunatique ? C'est mal me connaître !
Versatile, le mot était lancé comme une marque de dédain à une enfant avide de tout.

Une girouette ? Non, non, vous vous trompez.
Je ne comprenais pas non plus qu'on veuille m'enfermer dans telle ou telle activité, humeur ou comportement.

je voulais être tout à la fois, et embrasser le monde, sa variété, ces contradictions, sa cohérence, son chaos et sa ligne conductrice.
Je voulais tout savoir et plus encore.
Je voulais toucher à tout, sans rien laisser de côté, sans rien négliger.
Prendre un petit bout de chaque culture et me l'approprier.

Je voulais faire partie de ce monde.
Danser, chanter, boire, manger, écouter, parler, apprendre, partager, vivre avant de mourir.


J'étais ça et son contraire, mais pas comme ça, pas comme un caprice.
J'avais toute ma raison, j'avais mes raisons.
On aurait pu m'empêcher de connaître tant de choses, tant de gens, tant de mode de pensée.

Un jour, j'ai arrêté de prendre ce mot comme une injure,
et lui ai ajouté un synonyme : ayant un esprit d'ouverture.
¤ d'ailleurs, la définition anglaise est plus clémente ¤

Je le suis un peu moins maintenant. Je sais que je ne pourrai jamais tout savoir, et c'est tant mieux finalement.

Mais versatile encore je serai pour longtemps.
Je suis versatile et je vous emm ça me plaît.

 
 
annuaire de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus