Jen étais où déjà ?
Ah oui !
Je fais des signes à mon chéri qui sen va travailler et un mec sorti de nulle part croit que cest à lui que je les adresse en souriant. Il me fait coucou à son tour, un peu surpris mais visiblement satisfait de mon attitude. Je le snobe € cest dur, je sais, mais il ne faut pas entretenir ce genre de méprise avec un inconnu qui na pas besoin de sauter dune embarcation au nom dinsecte ni de patauger dans la Seine pour entamer la conversation. (cf : PCS-TBM) €
J'entreprends de bien semer l'inconnu, je regarde à gauche, je regarde à droite, je traverse la rue et rebrousse chemin à vive allure pour retrouver mes amis et la fête.
Trois minutes de marche à peine me séparent du bar.
Un coup dil en arrière sur ma gauche et ouf ! Jai semé le type. Ouais !
Mais hop ! Une voix venue de ma droite me fait sursauter :
- Bonsoir, tas du feu ste plaît ?
- Non, je ne fume pas.
- Ah, daccord.
Je presse le pas, un mojito bien frais mattend.
- Heu, tas pas de feu ? senquiert quelquun à nouveau
Je tourne la tête vers la droite : encore le même type.
- Non, toujours pas.
- Tu habites dans le coin ?
- Ca ne vous regarde pas je crois. Jenclenche le turbo, mais il allonge ses foulées, ce mec est coriace.
- Tes du quartier ?
Si, si, il est coriace.
Estimation de la situation : je suis seule avec ce type collant de ce côté du boulevard, si je traverse, les possibilités de rencontre avec le précédent inconnu, celui de la bouche de métro, sélèvent à 100%. Il fait nuit, le bar est encore à quelques bonnes dizaines de mètres, il y a des coins sombres.
Ma stratégie : le plus sage est de rester sur ce trottoir, marcher encore plus vite, répondre de manière courtoise à ce garçon sans lui donner limpression que je tombe sous le charme € mais, quel charme ? € et datteindre le bar où je serai enfin protégée.
- Non.
- Tes de Belleville ?
- Non € Là, jai envie de lui demander sil na pas quelques problèmes auditifs parce que je viens de lui dire que je ne suis pas de ce quartier, et il se trouve que le quartier en question, cest Belleville, sans compter que jai du lui dire deux fois que je navais pas de feu. Mais bon, minformer sur son ouïe ne cadre pas avec ma strat. Jen viens néanmoins à penser que cette répétition était peut-être une espèce de code secret pour se reconnaître entre gens du quartier, comme la légendaire poignée de mains des francs-maçons, ou les trois points dans leur signature. Mystère.€
La suite dans la prochaine note...
Lautre jour, je fêtais lanniversaire dun copain dans un bar avec des amis.
Gentiment, juste avant dhonorer des obligations professionnelles, mon chéri était venu nous tenir compagnie pendant une heure.
Soixante précieuses petites minutes bien vite écoulées et hop déjà il doit partir !
Jinsiste pour laccompagner jusquà larrêt du métro et assure mes amis dun prompt retour auprès d'eux.
Devant les marches du métro, je dépose sur la bouche de mon bien-aimé un baiser, et lui murmure un doux « au revoir mon amour ».
Lui : quand on a dit « au revoir » ça veut dire « AU REVOIR, BASTA ! FINITO ! Allez hop, cest fini, je ne suis plus là ».
Moi : tant que je le vois, ne serait-ce que si japerçois encore une mèche de ses cheveux, ben, je continue à le saluer, même sil est de dos.
Lui : ça a le don de lénerver (si daventure il se retourne et me prend en flagrant délit de salutations hystériques).
Moi : ça mamuse, et cest mon plaisir qui prime, quoi, mince
Je continue par conséquent à lui faire moult signes de la main quil ne voit jamais ou presque, mais quun type quelconque ne manque jamais de prendre pour lui.
La suite du récit dans la prochaine note.
Je fais un signe de la main à mon chéri qui ne le voit pas, contrairement à ce type que je ne connais pas...
C'est un cas typique de PCS-TBM (Phénomène de Contagion des Signes dit « Théorie des Bateaux-Mouches »).
Jexplique.
Je suis sur le bord de Seine, passe un bateau-mouche.
Un petit groupe de touristes fluviaux particulièrement amicaux, ou beurrés, ou les deux, me font des signes de la main € je ne sais pas pourquoi, peut-être ont-ils reconnu lauteur de ce blog quils lisent dans lune de ses nombreuses versions : française, grecque, wolof, yiddish, arménien, punjabi, tswana, géorgien wu et chti pour ne citer que celles-ci. €. Moi, pas bégueule, histoire de leur montrer quà Paris on comprend bien ce langage corporel et quon peut réciproquer, jen fais de même, prenant bien soin de nadresser mes brassages dair à ceux-là mêmes qui ont initié le contact.
Mais voilà que dautres personnes sur le bateau-mouche prenant à tort ces gestes de ma part comme leur étant destinés, se mettent à agiter les bras dans tous les sens à leur tour.
Quest-ce que je fais ? Je suis polie, je ne veux pas créer de jalousie, je leur réponds à eux aussi, ya pas draison. Hop, je secoue mes mimines à leur intention, fière davoir évité un possible conflit passagers salués/passagers ignorés au sein du bateau.
Ca ne sarrête pas là malheureusement : un troisième groupe du bateau se sent visé.
Re-frénésie de signes de part et dautre, jusqu'à ce que jaie été cordiale avec chacun des passagers du bateau, certains ayant même immortalisé ce moment de fraternité partagée sur leur caméscope numérique, diffusant ainsi dans le monde entier une image de moi en ambassadrice aimante des touristes de la Seine. € Comment dit-on en coréen, et en italien : « cest qui la conne qui imite mal -- le mime Marceau, là ? » ou « En France, la réinsertion des débiles mentaux de couleur passe vraisemblablement par l'accueil des touristes en bord de Seine » ? €
Résutat : la politesse peut se révéler être aussi épuisante quune séance intensive de raffermissement des bras de 5 minutes. € Qui a dit quon ne pouvait plus faire de sport en ville ? € Et en plus, des Australiens, des Texans, des Sud-Africains et des Argentins que je ne connais pas me prenne probablement pour une idiote. € Ou alors, jai inspiré une secte au Japon et des milliers de fidèles me vouent un culte. €
Voici donc ma théorie, encore quelques observations cliniques et mises en situation, et je la publie dans Nature.
La suite dans la prochaine note...
Episode 1
Cette note fait référence à celle de jid sur son super blog Trentaine ordinaire.
Il faut la lire pour comprendre la note qui suit.
€ Alors, allez-y mais reviendez après, d'accord ? €
Dans mon couple normal, le problème des vêtements à l'envers est inversé.
Mon chéri enlève ses chaussettes à l'endroit et préfère qu'elles soient lavées à l'envers € en prêtant lui-même rarement main forte pour l'opération "retournage" pendant laquelle je ne manque pas de m'abîmer les ongles, ou de m'égratigner les doigts à force de frottements contre l'intérieur bouclettes, et je ne parle même pas des chaussettes qu'il ramène de ses séjours à la plage, parce que là, moi, j'pète les plombs grave façon façon €.
Et pour ne pas s'arrêter en si bon chemin vers mon ire suprême, il aime bien qu'elles soient rangées à l'endroit, dans son tiroir, parce qu'il ne va jamais les chercher sur l'étendoir contre lequel il ne manque jamais de pester s'il se trouve sur son chemin ou l'oblige à besser la tête en passant par la cuisine ou l'empêche de fermer la porte de la chambre. Mais quand il s'agit de récupérer sur l'étendoir ses côtés identiques de chaussettes intérieur bouclettes noires, 100% coton pour ses fragiles petons, il est frappé d'amnésie fulgurante et d'une raideur dans le haut du corps, entraînant irrémédiablement une incapacité à lever les yeux ou les bras.
Donc, re-belote, re-retournage des chaussettes, puis rangement d'icelles dans un tiroir bondé € de caleçons qu'il ne met plus mais qu'il se refuse à jeter € et super dur à fermer, évidemment.
Si j'oublie de le faire, en général, il n'hésite pas, le fou, à déclencher ma colère foudroyante avec cette simple phrase :
"Ma puce, je crois que j'ai plus de chaussettes propres"
Ce à quoi je réponds, furibarde : "TU TE FOUS DE MOI ?" et d'un pas king-kongesque, je me rends vers l'étendoir, tends le bras, arrache une paire de chaussettes propres en lui faisant la nique.
- ET CA, C'EST QUOI D'APRES TOI ? HEIN ?
- Merci ma puce.
- Ouais, c'est ça ouais...
€ Ah ! Le fourbe, je viens de me rendre compte qu'il arrive toujours à ses fins : en me mettant en rogne, il se fait livrer des chaussettes à moindre effort. Ca marche à tous les coups. Mais, c'est ma faute, je l'ai mal éduqué ce petit... Je ne peux m'en prendre qu'à myself €
Bon, voyons les choses du bon côté, le truc bien avec les chaussettes, c'est qu'elles permettent de rentabiliser le 1/3 restant de barreau sur l'étendoir.
€ Tiens, je ne sais pas comment faire des trackbacks sur ce blog... €
Parfois, je me dis que je suis décalée. Complètement.
L’autre jour, mon chéri m’as appris qu’il allait avoir droit à des « jours Président ».
- Des jours Président ? ai-je rétorqué, incrédule, m’imaginant que mon chéri avait intégré une entreprise formidable, avec un système de gestion inédit, une entreprise où la présidence serait assurée pendant quelques jours, chaque année par de simples employés triés sur le volet ou bien tirés au sort. Une boîte quasi-utopiste, comme un lycée auto-géré, mais pour une entreprise.
Des jours Président...
Ah ! Je comprends pourquoi il voulait tellement être embauché dans cette boîte si merveilleuse, finalement, c’est un projet d’entreprise nouvelle, où la démocratie est exercée de manière plus directe et plus ludique aussi.
Je me disais que mon chéri allait prendre toutes sortes de décisions drastiques (fin du copinage honteux pour les attributions de poste, blâme pour retards abusifs et répétitifs mettant en danger la bonne tenue de la mission de la société, établissement d’un planning clair de diffusion, etc.) mais nécessaires et basiques, et d’autres plus populaires (la création d’une crèche d’entreprise, titularisation de certains pigistes méritants et renvoi d’incompétents fieffés, pour ne citer que celles-là) mais tout aussi vitales.
Je le voyais bien en président -- même s’il n’est pas, comme il se doit de nos jours, financier de formation -- il s’en tirerait très bien, mon homme.
¤ Et là...
OUI, je suis une femme, je suis donc prédisposée à cultiver cette faculté de pouvoir imaginer,très vite, à partir de rien, des scenarii complexes avec intrigue, rebondissements, ramifications, personnages récurrents, costumes et accessoires, coupures pub et spin-off multiples. ¤
J’ai vite commencé à me demander s’il ne fallait pas adopter une garde-robe idoine, c’est vrai, quand on est compagne de président, même provisoire ¤ quand j’écris provisoire, j’entends la présidence, pas le fait d’être sa compagne ¤ il faut soigner son look.
Je m’imaginais telle Jackie Kennedy, arborant belles toilettes et sourire franc, savamment étudié pour paraître naturel sans se taper des crampes à la mâchoire à la fin de la journée, je me disais qu’il faudrait probablement m’engager dans des grandes causes, parce que ça fait bien d’être « femme de » et d’avoir ses propres chevaux de bataille, sa vie, je me demandais si j’allais accorder à Paris Match une visite de notre super appartement parisien, si je devais prévenir mon amie Célia de la venue de la presse pour qu’elle vienne prendre la pose avec moi sur les photos… ¤ Ca fait toujours bien d'avoir des gens, le regard complice, le rire franc, des gens qui font bonne figure à vos côtés sur la couverture les magazines people, comme étant vos « amis de longue date... » ¤
J’étais la First Lady de sa boîte, rien que ça, jusqu’à ce qu’il me réponde…
- Ben oui, des jours Présidents. Comme on a moins de RTT, on complète avec des jours « offerts gracieusement par le Président », répond-il en soulignant l’ironie de ses propos avec des guillemets imaginaires (ou air quotes pour ceux qui parlent l’internachonal djeuns).
- Ah ouais, des jours Président quoi, ai-je dit avec un air aussi blasé que me le permettait mes neurones et mes muscles faciaux sortant de l’expression de béatitude intense dans laquelle ma rêverie m’avait plongée. C’est comme la journée du Maire qu’on avait autrefois dans certaines communes.
- Ouais.
Bien entendu, je me suis bien gardée de lui dire qu’avant quand j’étais petite, je croyais que la journée du maire était une résurgence du monde féodal, une journée où le maire descendait dans les rues pour récolter les présents offerts par ses administrés.
Hier, mon chéri me sort : « Tiens, j’ai aussi des congés spectacle à prendre ».
Oh non, moi, l’habit de clown ça m’irait moyen je crois.
Depuis quelques jours siège dans mon bureau une imprimante couleur quelque peu défectueuse.
Encombrante, elle occupe une bonne partie de l'espace libre dans ce bureau qui est réservé à ceux qui, fatigués, viennent se prélasser en écoutant nos bons mots et les dernières fabuleuses aventures de notre boss.
Aussi ai-je régulièrement droit à toutes sortes de commentaires quant à cette machine bruyante et imposante.
"Tiens, au moins, y'a quelque chose qui travaille ici... Ca change !"
ou
"Elle est en panne aujourd'hui ? Vous l'avez contaminée ?"
Mais la palme revient définitivement à celui qui hier nous a dit, rêveur :
"Disponible. Ah... si seulement les femmes pouvaient avoir la même chose : un petit écran qui indique leur état..."
Oui, mais ce serait beaucoup, beaucoup trop facile, non ?




