Une ballerine assumant ses gros mollets lacés d'or.
Une vieille précédant son déambulateur à carreaux.
Un très bel homme aux yeux charmeurs qui ne me quittaient plus.
Une déesse indienne endormie sans grâce sur son trône de skaï bleu.
Un lecteur en apnée.
Une mouche inquiète qui voulait (sa)voir l'heure de près.
Le début de l'histoire, c'est ici.
Madame Walkyrie ¤ oui, je sais, je disais ici elle n'est pas si butoresque que ça, mais pour la commodité de l'exposé, elle devra supporter ce sobriquet encore un peu ¤ m’interroge sur tout un tas de choses, mon parcours, pourquoi la communication, pourquoi ces études, pourquoi ici et là, what about my English, et qu’ai-je trouvé Outre-Atlantique.
Elle m’écoute, en regardant au fond de mes yeux. Elle me jauge. J’espère qu’elle aime ce qu’elle voit. Elle pose de vraies questions, celles que posent les gens qui ne sont pas juste intéressés par une ligne concise dans un CV. Elle gratte la surface et ça fait du bien. Je ne suis pas habituée à parler de ça en entretien, mais les réponses me viennent naturellement, peut-être parce qu’elles expriment ce que je suis.
Je trouve que je me débrouille bien.
Son client est dans un secteur très polluant ¤ j’avais une bonne intuition ¤, mais au moins, il font bonne figure en militant pour le développement durable, nouvelles sources d’énergie (bien obligé…), et patati et patata.
Le salaire est bon, pas le double de ce que je gagne, mais bien quand même pour trouver de nouvelles chaussures à mes pieds.
Elle trouve que j’ai un super potentiel. Ouais !!!
Mais elle a un peu peur que l’entreprise qui fait appel à ses services refuse de me voir parce que ses clients cherchent une personne précise… ¤ Tiens, tiens… Ca me rappelle quelque chose... ¤
C’est con, j’ai tout ce qu’il faut sauf la connaissance d’un grand groupe, celle du secteur (qui est super spécialisé quand même), et malgré mes expériences en édition papier, je n’ai jamais touché à des rapports annuels.
Ils ont déjà rejeté la candidature d’une jeune femme qui avait à peu près mon profil à cause de ces « lacunes ».
Ah, merde ! Si j’avais su qu’ils voulaient exactement ça ; j’aurais tout fait comme ils veulent, et on ne serait pas là à tergiverser, hein ?
Ils devraient aussi préciser la longueur et la couleur des cheveux du candidat idéal, sa pointure et le nombre de poils à son… coude !
Empathique, je suggère à la Walkyrie de ne pas me proposer si elle pense que c’est perdu d’avance, ce serait dommage qu’elle perde en crédit auprès de ses clients.
¤ OK, son crédit, je m’en fous, c’est surtout que je n’ai pas envie qu’elle me prenne en grippe si d’aventure ses clients à la recherche d’un clone parfait l’envoyaient valser à tout jamais en lui jetant mon dossier à la figure. C’est qu’elle doit avoir d’autres propositions de poste sympas dans son escarcelle et je veux me la concilier la grande Walkyrie. ¤
Elle me répond qu’elle va quand même tenter le coup. ¤ Yessssss !! ¤
On verra. On verra bien.
C’est peut-être du chiqué, cela ne mènera peut-être à rien, mais mon ego est sorti rasséréné de cet entretien.
Mon ego, encore lui, se porte encore mieux quand, pour appeler le Loup, je me mets à l’écart du bruit de la rue, dans une impasse d’où j’assiste à un lâcher grandiose de pétasses parisiennes dans un brouhaha strident et piétinement agaçant de talons-pupute, comme il se doit. Elles me toisent, évidemment. C’est vrai, je ne porte pas de marque de luxe comme elles, c’est à frôler le décollement de rétine. Mais la comparaison me flatte. Je n’ai pas envie de devenir comme elles. Moi, j’ai du potentiel qu’elle m’a dit la Grande Walkyrie. Et si c’est du chiqué, tant pis, ce qu’elle m’a dit me fait pousser les ailes dans le dos.
à suivre... ou pas !
A toi qui veux voir des photos de strings qui dépassent des jeans...
Quelle a dû être ta déception en tombant sur des singes trop mignons, mais pas de gueuss' flashés en pleine tentative d'évasion d'un futal.
A toi qui veux en savoir plus sur le nudisme pendant les tâches ménagères...
A mon humble avis, un accident d'aspirateur est si vite arrivé...
A toi qui cherches la "plus belle fille noirte" (sic)...
On dit NOooooooooooiiiiiiiiiiiiiiIIIIRRRRRReeeeeEEEEEEEEEEEEEEEeeeeeeeeeeeeeeee.
A toi qui poses la question : "pour ou contre les rebeu"...
C'était bien ce que tu voulais taper ?
A toi qui es venu par ici en voulant savoir comment les loups font l'amour...
Très bien.
Questionnaire passé par Dulce Locura et passable à qui voudra.
1) Quel est le premier mot qui vous passe par la tête, commençant par la lettre a et se terminant par un e (autrement : quel est le premier mot qui vous est venu sans aucune difficulté) ?
agriculture
2) Quelle est la deuxième couleur que vous voyez lorsque vous regardez à gauche de votre écran en fermant l'oeil droit ? Imaginez la première ligne d'un début de roman avec cette couleur (une phrase seulement).
Rouge.
Ses chaussures étaient rouges, un rouge brillant, tapageur, si présent qu’on ne voyait que lui de la pointe au talon quand elle passait dans le couloir, se cramponnant à ses dossiers.
3) Selon vous, que signifie "accroupouner la dentelle pour lorgner à rebours" ?
Je crois que c’est clair : c’est exactement le contraire de frijougner l’adversaire pour cadencer en l’air.
Question suivante je vous prie !
4) Prenez votre signe zodiacal, la marque de votre ordinateur et votre couleur d'yeux. Ca donnerait quel type de conseil pour un marin qui s'en irait faire le tour du monde ?
En cas de danger, il faut écoper l’eau versée jusqu’au niveau marron sinon, et là, c’est la dell-ivrance.
5) Vous vous trouvez au restaurant. Le serveur (la serveuse), épaté(e) par votre allure, vous demande de commander ce que vous voulez... le tout gratuitement ! Quelle commande irréalisable passez-vous ?
Il faut que je demande conseil à ma mère.
6) Que dire à un type qui chavire d'amour en regardant l'horizon ?
Alors, ça mord ?
7) Imaginez une description détaillée à la Flaubert (c'est-à-dire avec de nombreux détails) d'un vêtement que vous portez à l'instant ou d'un objet qui se trouverait à portée de main.
Je déteste les descriptions détaillées de Flaubert, ça me gave à un point qu’on a du mal imaginer : mes poils se hérissent, mes ongles du rose délicat virent au bleu violacé leurs pointes restant blanches comme la banquise grâce au soin méticuleux que j’y apporte, ma nuque d’habitude si mobile se raidit dans une verticalité vertigineuse faisant de mes vertèbres une pente drue qu’aucun alpiniste ne voudrait joncher de baisers, mon visage adopte une moue de dégoût semblable à celles qu’on les jeunes citadines à qui l’on demande de traire une vache rousse à larges tâches blanches et rondes, mon regard se crispe tant et si bien que les cils qui bordent mes paupières gonflées d’avoir tant pleuré se mettent à tomber les uns après les autres semant mon visage déjà si peu avenant de minces tirets disgracieux. Je m’ennuie comme Madame Bovary quand je lis les descriptions de Flaubert.
Non, Gus, désolée, t’as beau être un exemple dans l’écriture romanesque de ton siècle, mais moi, j’ai un peu de mal…
8) Vos cinq mots d'amour préférés en verlan ?
- ma ye-cou
- ma p’tite relou
- le grand renoi à afro
- mon keum de ouf
- mon che-bi chanmé mais seucla
(c’est complètement débile cette question)
9) Y a-t-il en ce moment quelque chose d'écrit sur un vêtement que vous portez ? Lequel ?
"Nike" et "air" sur mes chaussures.
10) Si l'on vous donne trois tomates, du sel, de la crème, du comté, du vin blanc de Savoie, des oignons et du jambon de Parme, quel petit plat préparez-vous pour un repas impromptu ?
une chiffonade de jambon à la tomate ou un gratin de tomates et jambon de Parme à la crème et au comté (trop facile).
11) Quels mots trouver pour faire l'éloge de la paresse ?
aucun, j’ai la flemme.
12) Citez le dernier livre que vous avez lu et le dernier film que vous avez vu, en mêlant les mots de façon à produire deux titres originaux.
Mysterious Incidents in the life of a girl et Slave skin.
13) La question 13 vous fait-elle peur ? Pourquoi ? Imaginez une question qui flanque la trouille.
Non, pas trop, le treize n’évoque pas grand chose pour moi à part une ritournelle un peu crétine et un anniversaire de mariage raté.
Par contre une vraie question flippante, c'est : Si on vous demandait de choisir entre aller dans le binaire de la matrice pour la débuguer et dire "Candyman" cinq fois de suite devant un miroir, que choisiriez-vous ?
14) De quelle couleur devrait être la prochaine déclaration d'impôts ?
pêche-abricot, sans hésiter.
15) Racontez moi une loufoquerie que vous auriez aimé faire si vous aviez osé ?
je ne me souviens m’être retenue de faire une loufoquerie, j’arrive toujours à me rattraper d’une manière ou d’une autre.
16) Quelle musique entendez-vous en ce moment (ou aimeriez-vous entendre)?
je vais me la jouer avocate bostonienne mini-jupée, mais Barry White me susurre des mots à l’oreille.
17) Citez un homme dont le prénom est Alain et une femme dont le prénom est Danielle.
Alain M. mon presque parrain et Danielle G. prêtresse du midi d’une autre époque qui boit du thé avec une paille pour ne pas se noircir les dents.
18) Monsieur et Madame "ça m'gratte quand je dors à cause des couvertures" ont une fille. Quel est son prénom ?
ah bon, c’est une fille ?
19) Trouvez-vous que ce questionnaire est trop long ? Quelle question avez-vous préféré ?
non, ça va, ça me détend. Ma question préférée est la suivante.
20) Fermez les yeux et tapez 10 lettres sur votre clavier. Qu'est-ce que ça donne ?
lzah »-èhok
Un coup d’œil à ma montre, c’est bon, je suis à l’heure.J’ai beau me dire que tout ça m’est égal, mes mains tremblantes trahissent la tension qui m’habite ¤ deuchfal ¤. Je reste quand même loin d’une crise de soubresauts parkinsoniens. Et puis, cette tension, c’est comme le trac que j’éprouvais avant, quand il fallait entrer en scène. C’est une étape de transe préparatoire avant la représentation. C’est son absence qui doit inquiéter.
Je suis les flèches qui désignent le fond de la cour très chic, jusqu’aux deux grandes portes vitrées qui s’ouvrent sur un hall tout en marbre, dorures et transparences.
Je me présente à l’hôtesse d’accueil dans son écrin cylindrique, je m’attends presque à la voir partir aspirée vers le plafond, comme un pneumatique dans son tube.
Elle fait un peu défraîchie avec ses grandes lunettes Emmanuelle Khan, ce maquillage qui comble un peu ses rides, un peu de fard à paupières, du mascara, du rouge à lèvres de bonne qualité qu’elle doit appliquer tous les matins et retoucher en fin de pause déjeuner de la même façon depuis ses débuts comme demoiselle du téléphone. Elle me sourit avec chaleur, artifice que les années ont rendu difficile à détecter, et m’indique le chemin vers l’ascenseur : tout au bout du couloir ¤ Sam, ami muet es-tu là ? ¤ puis sur ma droite.
Je lui rend son sourire, en la remerciant. Son regard me suit.
L’ascenseur est étroit comme il faut s’y attendre dans ces vieux immeubles bourgeois. Il n’a pas de miroir. Zut ! j’aurais bien aimé voir une dernière fois à quoi ressemblent mes cheveux, vérifier ma mise, répéter mon oeillade « je suis une personne avec qui il est agréable de travailler, embauchez-moi, vous ne le regretterez pas ».
Je lisse ma jupe et je toque à la porte.
Elle s’ouvre et je me sens comme aussi grande qu’Alice après qu’elle a mangé la tarte aux groseilles : c’est un petit homme mûr qui m’accueille, avec un petit sourire timide, dans un petit bureau. Je dois être géante. C’est forcément ça. C’est la seule explication.
C’est exigu, mais inexplicablement propice au travail, la rêverie est même encouragée tant le regard s’échappe par la ¤ petite ¤ fenêtre du toit. On est haut, la vue est belle.
Il m’invite à m’asseoir, et m’assure que Madame Walkyrie sera très vite avec moi, mais qu’elle est au téléphone.
J’entends en effet la voix grave de la déesse nordique dans le fond et les petits pas du petit bonhomme qui s’éloignent et se rapprochent.
En voulant sortir mon calepin pour noter mes premières impressions, je répands un crayon, un ticket de carte bleue, un papier de chewing gum et un post-it écorné sur le sol.
Vite, je ramasse, vite avant quelqu’un n’aperçoive les entrailles de mon sac.
Il repasse devant moi, « elle arrive ».
Je n’ai même pas le temps de faire celle qui s’intéresse à la presse, que Madame Walkyrie a mis fin au coup de fil et me tend déjà la main.
Je la serre, rassurée de ne voir qu’une grande blonde cendrée plutôt fine, fin de quarantaine, lunettes sur le nez et bonne aura. Ce n’est ni le Kraken, ni une Walkyrie. J’ai des chances de ne pas me faire sacrifier.
Elle me reçoit dans son petit bureau à la déco simple, ç’aurait pu être celui d’un psy, d’un éditeur, ou d’un écrivain public, tel qu’on les voit dans les films.
à suivre…
Mieux vaut se mettre au diapason pour donner mon premier.
L’antique adage nous conseille de ne pas disputer de mes seconds (surtout s'ils sont mauvais).
En latin, des goûts et des couleurs, on de discute/dispute pas.
En l'occurence, vous l'aurez compris, il s'agissait des goûts qui peuvent être mauvais.
Mon troisième peut être rieur, surpris, embarrassé, ou compréhensif.
Mon quatrième, bien qu'entre entre φ et ∏, a su rester entier.
Il y a deux nombres entiers entre phi et pi, c'est 2 et 3.
Ici, c'est 2 qui nous intéresse.
Je pourrai bientôt voir mon tout de plus près (avec mon cinquième) pour quelques jours…
La Guadeloupe !!!
Les gagnantes :
- Madame Pas Contente,
- Sev,
- mpm.
Elles ont chacune gagné un lot faramineux grâce à nos généreux sponsors, partenaires et mécènes : une carte postale de la Guadeloupe avec un peu de sable (noir ou blanc, selon les demandes...) dedans, et un petit plus quand c'est possible.
et merci à tous les participants qui se sont creusé la tête...
A l'avenir, peut-être imaginerai-je d'autres petits jeux de la sorte avec ou sans dotation de folie furieuse des grenouilles délirantes.
¤ oui, je sais que cette dernière expression ne veut rien dire, mais j'avais envie de placer le mot grenouille dans ma note... ¤
Reçus un mail et un appel d’une chasseuse de tête.
« Allô » fait la voix très… comment dire…
très « je viens de subir une ablation de la pomme d’Adam ».
Pas de doute, c’est une Walkyrie ! C’est comme ça que je l’imagine.
Vissé sur son crâne perché à deux mètres trente, un casque à cornes d’où descendent de longues tresses blondes. Je distingue sur sa cuirasse quelques éclaboussures de sang appartenant à Xéna ¤ qui avait eu le malheur de faire une faute sur son CV ¤. Faut chier droit avec Madame Walkyrie !
Elle a vu mon CV sur un site d’emploi, elle veut savoir si, si et si.
Oui, je suis toujours en poste.
Oui, je reste ouverte à toute opportunité intéressante.
Yes, I am pretty comfortable in English.
La description du job promet : la Défense, grand groupe, la com’ externe.
J’ai les yeux qui brillent, ah non, ça c’est mon allergie.
Je n’ai guère plus d’espoir en ces appels de chasseurs, qui même s’ils sont flatteurs, me donnent plutôt l’impression que je suis bien sur le papier et nulle en entretien, comme ils n’aboutissent sur rien de concret.
Oui, je sais, je suis impatiente.
Oui, je sais, tout ne fonctionne pas du premier coup.
Oui je sais, « sa ki la pou’w, dlo pa ka chayé’y » (littéralement « l’eau n’emportera pas ce qui t’est destiné », soit un équivalent de « nul n’échappe à son destin »). Si tu savais Maman combien je trouve que cette phrase, bien qu’elle me mette du baume au cœur, sied aux déçus, aux vaincus, aux fatalistes…
Et puis, j’ai arrêté de tirer des plans sur la comète, ce n’est déjà pas mon fort en général, mais là, je n’ai pas envie de m’agripper à un fragile échafaudage d’espoirs, je suis trop lourde, c’est risqué.
Le fait d’avoir déjà un boulot, en CDI s’il vous plaît, me permet aussi de faire la fine bouche ¤ même si cette occasion ne s’est pas encore présentée ¤.
Donc, je ne me fais pas de film. Non, non.
Oui, bon, si, un peu quand même.
Ce job me permettrait de mettre en pratiques d’autres compétences, et de me faire une belle carte de visite, peut-être… Enfin, si ça se trouve, c’est un gros pollueur-pas payeur qui va à l’encontre de tous les principes éthiques de base, en toute impunité.
Mais… le salaire doit être à la hauteur.
Qualifiez-moi de vénale, mais, si les espèces sonnent et trébuchent au fond de ma poche, m’en fout moi de la planète, l’écologie, les pôles qui fondent, et les caniches qui crèvent.
Show me the dough !
Tant que je peux aller vider les stocks du H&M des Quatre-Temps ¤ c’est pas parce que j’ai davantage les moyens que je vais avoir des goûts de luxe, ho ! ¤ et acheter des pompes, après, la Terre peut s’écrouler, qu’elle me laisse juste le temps de tout porter quand même.
Et puis, notre chère planète étant condamnée, autant ne pas faire d’enfant, comme ça, je ne me déforme pas le bide ! C’est du win-win pour moi !
Non, allez, je dis ça, mais je ne suis pas comme ça, vous le savez bien.
¤ enfin, dites-voir combien il est bien payé votre job dans l’entreprise mystère, après, je statuerai sur mes tendances vertes, hein… ¤
Le rendez-vous est pris.
C’est tout à l’heure.
¤ Surtout, ne pas regarder Madame Walkyrie de traviole pour ne pas finir comme Xena... ¤
L’antique adage nous conseille de ne pas disputer de mes seconds (surtout s'ils sont mauvais).
Je pourrai bientôt voir mon tout de plus près (avec mon cinquième) pour quelques jours…
Si tu penses avoir trouvé, tu m'envoies ta réponse via le formulaire contact (c'est tout en bas de page, sous la ligne verte...).
Si tu trouves avant tout le monde, tu recevras de véritables petits cristaux de quartz.
¤ Ouais ! ¤
Déjà deux gagnantes !
Toi aussi, comme Madame Pas Contente, et Sev, fais du remue-méninges, trouve la réponse, envoie-la par le formulaire en bas de page ou ici, et remporte le dernier des trois lots absolument indice-pend-sables encore en jeu !
Je suis tombée sur ce blog-ci et ce blog-là un peu par hasard.
La Grande Loulou et Jimmy se font écho, celui-ci ayant laissé un commentaire chez la première.
Madison, dont je dois lire l'histoire ¤ arrrgh ¤, enrageait de ne pouvoir s'exprimer plus longuement sur le sujet.
Dans le billet qui m’a inspiré la présente note, La Grande Loulou s’interroge sur les racines, les origines.
Elle écrit : « et vous, quelles sont vos origines ? Que transmettez-vous ? »
J'arrive en retard, les autres ont tout dit dans leurs commentaires…
Ou peut-être pas après tout.
La série Sinon, vous êtes… évoque un peu le sujet, mine de rien.
Forestine en commentaire, nous faisait savoir qu’elle n’avait jamais vraiment compris cette phrase qui lui était restée dans la tête et qu’Alice Walker avait mise dans la bouche de l’héroïne de La Couleur Pourpre :
Le Loup, lui, est à la fois pied noir, normand, francilien, berrichon et inconnu.
Il n’a jamais été en Algérie, et je doute qu’il ait jamais mis un pied dans le Berry.
Quand je lui ai demandé s’il fallait définir ses origines, spontanément, il a lâché : « ben, c’est moi ! » sans vraiment y penser. Le Loup est un gars plein de sagesse.
Où sont mes origines ?
Elles sont ici et là.
A Paris, mon Paris, où je suis née et où je vis.
En Ile-de-France, un peu où j’ai vécu toute petite.
En Guadeloupe, l'archipel caraïbe que j'ai appris à aimer et où j’ai vécu mon adolescence.
Dans ma chère ville de Lille, où mes yeux ont tant scruté le ciel pâle.
Sous le soleil de la Baja California, où j’ai tant appris si vite.
En France hexagonale et d’Outre-Mer.
En Europe, parce que je m’entête à croire que nous sommes plus que des pays voisins.
Quelque part en Bretagne et en Normandie.
Quelque part en Inde.
Quelque part en Afrique un peu aussi, mais elle me paraît bien loin cette terre-là, et pourtant…
S’il fallait choisir une origine parmi toutes, je serais bien embêtée.
Je ne pourrais pas.
Je suis ça et ça, tour à tour et tout à la fois.
Mes racines ne sont pas celles de mes parents. Ce sont les miennes.
Ce sont celles que je me suis appropriées dans ce qu’ils m’ont transmis, dans ce que j’ai vécu, ce dont je me souviens, ce que j’intellectualise, ce qui trouve accueil en moi, ce qui me happe et me ravit, et parfois aussi ce qui me fait de la peine et me dégoûte.
Ce sont celles dont je me réclame, et celles que parfois je préfèrerais oublier, mais elles forment un tout, un noyau autour duquel viennent s’agglomérer d’autres influences.
Mes nouvelles racines sont surtout là où je veux bien les faire prendre, là où elles s’épanouissent le mieux, là où elles veulent bien s’établir.
Je ne veux pas me laisser dépasser, engloutir par une culture que je n’ai pas embrassée. Et pourtant…
Dans ma culture française de France, dans ma culture antillaise il est des choses que je ne supporte pas. J’ai parfois une attitude très Parisienne qui parfois m’exaspère.
Non, je n’aime pas tout aveuglément.
J’ai la chance d’avoir reçu certains éléments donnés sans imposer, j’ai aussi la chance d’avoir pu choisir ce que je voulais garder de cet héritage. Tout le monde n’a pas forcément ce luxe.
J’apprendrai le créole à nos enfants, les p’tits Loups swinguants.
Ils connaîtront la terre de leurs grands-parents maternels, les champs de canne et la mangrove, la Soufrière et les rivières, les plaines sèches jaunies de la Grande-Terre, laes reliefs en verdure de la Basse-Terre.
Ils entendront probablement parler de l’Algérie, et des Alpes chères à leur grand-père paternel.
Ils vont passer pas mal de vacances scolaires chez leurs grands-parents paternels ¤ ben oui, pendant que nos enfants sont bien gardés, à nous deux les séjours en amoureux dans de maginfiques contrées… ¤.
Tout ça fera partie du panier de culture que nous leur passeront, et ils en feront ce qu’ils voudront, car tout ne sera peut-être pas bon à prendre.
Ceci dit, ça m’arracherait un œil que mes enfants ne parlent pas créole, mais s’ils choisissent de ne pas utiliser cet idiome, ce sera leur choix ¤ mais ça me ferait vraiment tellement ch... ¤.
J’espère leurs propres expériences, les endroits qu’ils visiteront, les cultures qu’ils approcheront, les imprégneront, j’espère qu’ils prendront un peu de mes racines et de celles de leur père pour grandir.
Et pour filer la métaphore horticole, les petites boutures que nous aurons faites vont se développer, prendre des greffons peut-être, sûrement, j’espère, vivre sur le sol qu’ils auront choisi et nous verrons bien ce qu’ils passeront à leurs propres nouvelles pousses.
La deuxième fois que j’ai rencontré les Parents Loup, c’était chez eux, dans leur jardin, autour d’un bon petit repas.
Ils avaient invité la grande-tante et le grand-oncle du Loup.
Ils étaient très gentils avec moi, me posant des questions sur le rhum, les différents sables, les alizés, et puis… mon travail. C’est Grande Tante qui s’est montrée curieuse...
- Et vous êtes de heu…
Non, je rigole, ça c’était les notes d’avant…
En vrai, elle a dit :
- Et vous faîtes quoi dans la vie, Jazz ?
- Heu… Aïe…
- Pourquoi « aïe » ?
- C’est que… je suis… strip-teaseuse.
- Ah. C’est vrai ? Mais c’est un métier comme un autre.
Pas bégueule la grande-tante…
- C’est vrai, vous avez raison mais tant de gens sont surpris. Je n’ai pas vraiment le corps pour.
- Mais non, qu’est-ce que vous racontez ?
- … merci, c’est gentil.
- Alors comme ça, vous dansez ?
- Hé oui, c’est comme ça que je gagne ma vie.
- Hé bien, tant que vous gagnez votre vie honnêtement…
- Non, en fait, je fais quelque chose de pire : je travaille dans une agence de communication.
- Ah… C’est bien aussi.
S’ils étaient déçus que je ne sois pas lap-danseuse, ils ne l’ont guère montré.
Loup Mère et Père qui jusqu’alors avaient soigneusement évité de se regarder pour ne pas pouffer pendant mon canular ont ri de bon cœur, rejoints par Grand Oncle et Grande Tante, bon joueurs.
Le Loup, mon troisième complice silencieux, dans cette blagounette, s’est contenté de sourire, secouant la tête l’air de dire « ah la la, tu racontes vraiment n’importe quoi mais je t’aime bien quand même, va ».
Il n’a pas vraiment mérite d’avoir marché dans la combine, il est immunisé et s’attend à tout de ma part.



