Jeudi 30 juin 2005
Le docteur Guillotin s'est-il dit :
« Tiens si on est reconnu coupable, ça veut dire qu'on peut être coupé ! »

La peine de mort n'a été abolie qu'en 1981 en France.
Avant, non content de tuer des êtres humains (alors qu'on leur reporchait parfois d'avoir eux-mêmes tué), on se servait encore de la guillotine.
Mais finalement, c'est peut-être moins "pire" que les moyens utilisés aujourd'hui encore, Outre-Atlantique par exemple.

Petite précision tout de même, l'ensemble qui soutient la lame de la Veuve s'appelle le mouton-couperet.
Quelle ironie...


Parfois, j'entends parler de crimes horribles. Là, j'avoue, je me dis que la peine de mort ce n'est peut-être pas si mal pour certains cas.
Et puis, je réfléchis et je me dis que donner la mort ne peut pas être une solution. Et je suis heureuse que dans mon pays au moins, on ne puisse plus exécuter légalement quelqu'un.

Heureusement, l'Humanité sait porter autre chose que la connerie et la folie destructrices, et je remercie ceux qui ont mené ce combat contre l'ignominie, l'insensé et le honteux.
Jeudi 30 juin 2005

Mon CM2 (1) - Mon CM2 (2) - Mon CM2 (3)

Voici le petit souvenir très drôle qui a provoqué chez moi l’écriture de cette série sur mon CM2.

Bruno, lui, a commencé à lire de plus en plus souvent à partir du moment où Mme R. a compris qu’il muait précocement. Ses brusques changements de ton nous avait d’abord arraché de petits rires au début, à l’époque je ne savais pas ce que c’était que muer, mais quand j’ai parlé à ma mère de la voix fluctuante de Bruno, elle m’a tout expliqué.

J’ai alerté toute la classe : il était « en pleine croissance », il faisait sa « puberté », expressions mythiques pour nous, étapes d’un voyage initiatique du corps et de l’esprit pour devenir une grande personne. Il avait commencé la route, il était « ado », un statut auquel nous rêvions tous d’accéder, avec crainte et envie. Nous ne rigolions plus. Mais Mme R. ricanait toujours elle. Elle avait même demandé un jour à la maîtresse d’à côté de venir écouté les incontrôlables variations de la voix de Bruno. Les deux cruelles et vieilles rosses avaient ri à l’unisson.

Nous étions gênés et tristes pour lui, mais Bruno était d’une bonne composition, c’était un clown. Il s’en fichait. C’était peut-être comme ça qu’on réagissait quand on était ado, pensions-nous.

Dès que Mme R. s’absentait pour aller discuter avec sa commère, la maîtresse de la classe voisine, disparaissant par la porte mitoyenne entre nos deux salles de classe, Bruno se levait, se mettait face à nous, devant le bureau de Mme R. et s’escrimait dans une démonstration de cet art désormais connu sous le nom de « air guitar », en chantant « la Bamba » à mi-voix.

« Palalala la Bamba, palalala la bamba » chuchotait-il dans un amphigouri chanté aux vagues accents espagnols.

Il nous faisait tous rire aux éclats. Surtout quand il esquissait des pas de danse entre le rock acrobatique et la samba.

La première fois, je l’ai trouvé fou de faire ça. Je me disais : Si Mme R. le voit, il risque la peine maximum, là !

Mais Bruno était malin : il avait observé que Mme R. revenait toujours par la grande porte d’entrée, le toc-toc de ses chaussures à talons nous prévenant de son retour, et, sécurité supplémentaire, le petit Germain, qui était assis le plus près de la porte, faisait office de sentinelle et annonçait discrètement le retour de la harpie, et tout rentrait dans l’ordre. Nous affichions des mines de petits anges concentrés, tout à leur travail et Mme R. semblait n’y voir que du feu.

Conscients des remontrances qu’elle pourrait nous adresser si elle nous surprenait en train de rire « bêtement », pétrifiés à l’idée de la punition qui pouvait frapper Bruno si ses exploits étaient découverts, nous riions pourtant tous ri aux larmes mais sans bruit, devant ce spectacle irrésistible de drôlerie. Je dirais même que la proximité du danger nous donnait peut-être davantage l’envie de rire : si Mme R. venait à savoir, les heures de classe à venir seraient un enfer, alors, nous devions vivre et rire tout notre soûl, tant que nous le pouvions.

Mais voilà, un jour, Mme R. est revenue par la porte mitoyenne. Ce n’était pas le plan, elle partait par là, mais passait toujours, TOUJOURS par l’autre chemin pour revenir.

Après avoir papoté à côté, Mme R. s’était glissée à notre insu dans la classe par la porte mitoyenne alors que nous étions captivés par le numéro de Bruno. Soudain, Mario, un cancre joyeux, a fait « attention ! » pour nous prévenir, c’est là que nous avons tous vu, sauf Bruno, le bas du corps de Mme R. cachée derrière le tableau à roulette, d’où elle observait la scène.

Sta-tu-fiés !

Nous faisions tous des signes, des yeux ronds, il fallait que Bruno sauve sa peau au plus vite.

- M. Untel*, qu’est-ce que vous faîtes là ?

- … Il avait sursauté.

- Alors ?

- heu, rien Madame.

- Retournez à votre place !

Elle avait l’air amusé. Elle devait se délecter de la punition qu’elle allait nous infliger, car nous allions payer, tous, nous en étions certains.

Mais elle n’a rien dit.

Elle s’est assise à son bureau, a ri de bon cœur, secoué la tête en disant « vraiment, hein ! Je ne m’attendais pas à celle-là ! »

Le reste de l’après-midi s'est passé sans aucune mention de l'incident. Rien.

Nous attendions que le ciel nous tombe sur la tête.
Certains ont même fait des signes de croix, récité des Notre-Père à la récréation.
D'autres, comme le petit Patrice, se demandaient comment ils allaient présenter la nouvelle punition à leurs parents.

Mais Mme R. n’était pas fâchée. Nous n’avons jamais été punis. On ne saura jamais pourquoi. En revanche, pendant longtemps, nous nous sommes tenus à carreau, craignant un retour de bâton qui ne vint jamais. € Il n'est de pire pression que celle qu'on s'impose. Finalement, elle a réussi nous punir d'une certaine manière. €

Aujourd’hui, quand je repense à Bruno en train de se trémousser dans ces petits shorts pour notre plus grand bonheur, j’en pleure encore de rire.

Ca, c’est mon plus beau souvenir de ce CM2.

à suivre...

__

* Ouais, anonymat tout ça, bla bla bla... (en même temps, je ne me souviens plus de son nom de famille.)

Jeudi 30 juin 2005

- Première !

- Troisième…
- Première !
- Heu… deuxième

- Seconde !

- Et... quatrième.

 

Bénédicte était comme une être doué d’une intelligence supérieure lui permettant de déchiffrer les instructions codées que lui dictaient les joueurs, en quelques fractions de seconde. € juste le temps pour X-Or, le shérif, shérif de l’espace de revêtir son armure €

 

Pour moi, elle était cryptologue en chef possédant un génie incommensurable par nos petits esprits limités, probablement terrifiante stratège de guerre qui ne devrait jamais tomber entre des mains malicieuses, ni être utilisé à mauvais escient.

Mais sa plus grande qualité, c’était sa simplicité.

En dépit des perspectives que lui offraient des capacités mentales dont personne ne pouvait plus douter, elle acceptait de se montrer à la télé comme un phénomène de foire, acceptant son sort somme toute modeste dans une pudeur émouvante.

 

Combien de fois me suis-je demandé pourquoi elle ne se proposait pas comme candidate ? Elle devait sûrement être plus forte et vive que Bertrand (qui disposait d’un temps légèrement plus long pour calculer, et qui ne faisait que vérifier les mots les plus longs, aidé d’un dictionnaire, en compagnie d’Arielle, sous les commentaires de la reine-mère Yvette).

 

Il m’a fallu près de 14 ans pour comprendre ce que signifiait ce manège.

Et puis, un jour, sans crier gare de Lyon, la solution m’est venue.

J’ai compris.

J’ai compris et j’ai trouvé Arlène, « la nouvelle », plus… enfin, moins… Je ne sais pas, ce n’était pas pareil. Elle n’avait pas cette auréole que mon ignorance avait posée au-dessus de Bénédicte. € Et pourtant, je ne suis pas une nostalgique/réac systématique « avant, c’était mieux ». €

 

Mais secrètement, je reste toujours persuadée que Bénédicte est une forme d’intelligence venue d’ailleurs.

Mercredi 29 juin 2005
Les pauses interminables peuvent-elle mener à quelque chose de réussi ?
Mercredi 29 juin 2005

Ah, vieille sorcière de Mme R. !
Mon CM2 (1) - Mon CM2 (2)

Un jour, victime d’un bon petit rhume et d’un début d’angine, pour éviter les semonces de Mme R., j’ai fait de l’apnée : je me retenais d’éternuer et de renifler, ne mouchant qu’à la récré, après m’être placée hors de portée de ses oreilles bioniques.

Apparemment mon mode silencecieux était si efficace que, bien qu’assise à moins de trois mètres de moi, elle n’a pas hésité à me demander de lire ! Spécialement ce jour-là. Je n'avais rien demandé, ça me tombait dessus, spécialement ce jour-là.

Malgré ma voix de canard agonisant, je ne pouvais refuser et provoquer l'affront qu'elle attendait. Alors, j’ai dégluti et commencé à lire… Après trois mots tombe l’apostrophe :

- Qu’est-ce que vous avez Chérubin* ? Vous ne savez plus parler ? On ne comprend rien à ce que vous dites, là !
- Excusez-moi Madame, mais j’ai la grippe € je ne faisais pas de différence entre grippe et rhume à l’époque €. J’ai le nez bouché, et ma gorge…
- … Allez, reprenez et articulez cette fois. Arrêtez de marmonner dans votre barbe ainsi « regnon rugnonrugnon ».
Geste d’impatience.
J’ai recommencé la lecture, m’appliquant à maîtriser ma voix, pesant mentalement chaque syllabe de chaque mot avant de la prononcer.

Elle ne me lâchait pas :
- Je ne comprends rien, je n’entends rien. Tu entends quelque chose toi, Jessica ?
- Oui madame.
Regard foudroyant de Mme R. à l’adresse de Jessica, une petite camarade richissime.

- Et toi Hélène, tu es à côté d’elle, tu as compris ?
- Heu, non, pas trop Madame.

Fayotte ! Je regarde Hélène, tu quoque amica. Elle baisse les yeux, honteuse.

- Alors, personne ne te comprend, tu vois !
- Excusez-moi madame, mais j’ai la grippe.
- Tu as quoi ?
- J’ai la grippe.
- Pardon ?
- J’ai la grippe… € je réfléchis à ce que j’aurais pu oublier € Madame € ah, ça doit être ça €
- Ar-ti-cu-lez Chérubin. Je ne comprends rien.
- J’ai-la-grip-pe.
- Elle a la grippe Madame, répéta Jessica essayant de reconquérir son siège de chouchou.
- Haaan. La grippe ? Et vous êtes obligée de faire autant de grimaces que ça, alors Chérubin ? Bon, qui veut lire la suite ? Quelqu’un qui sache lire… (long silence) ...correctement !

Ce jour là, j'ai compris une chose flagrante :
elle ne nous tutoyait presque jamais alors qu’elle le faisait avec tous les autres (sauf quand elle était colère), mais nous vouvoyait et nous hélait par nos noms de famille, à l’ancienne !
Là, vous vous dites, "mais t'es vraiment trop conne, tu ne vois pas qu'elle ne t'aime pas ?".
Non, à cette époque, il était inconcevable pour moi qu'un instituteur nourisse de tels sentiments vis-à-vis d'élèves.

C’est Stanie qui nous a ouvert les yeux. Elle observait, analysait puis tirait des conculsion qu'elle partageait avec ses trois compagnons d'infortune.

___

* Dans un souci d'anonymat évident, je me suis dotée de ce nom de famille pour le récit.
Lundi 27 juin 2005

Quand j’ai commencé à avoir mes règles, la révolution Always n’existait pas.

 

1,5 cm de ouate mal agglomérée sur une large large large bande entourée de voile Pas d’anti-bactéries, pas d’ailettes de protection, pas d’extra-longues, pas de super-fines, pas d’ultra absorbantes, un voile rêche € genre papier de verre € mais fragile qui assure un écoulement irrémédiable du sang vers les bords de vos dessous, ni parfumé, ni spécialement tissé pour concentrer le flux. L’adhésif était aussi collant qu’un mec qui ne vous aime plus, alors qu’on sait bien que : serviette mal fixée = fringues imbibées.

 

Bref, aucun confort, une paranoïa aiguë dès que vous tournez le dos à quelqu’un, un contrôle technique toutes les cinq minutes € et à chaque passage devant une surface même vaguement réfléchissante €, un sac qui a triplé de volume à cause des couches de rechange, et le risque de se taper l’affiche comme les pets de Dame Auclesse.

 

Comme si avoir ses règles n’était pas encore assez inconfortable pour une novice comme moi, non, il fallait en remettre… une couche !

 

D’accord, nos grand’mères pouvaient déjà envier les progrès de cette époque pré-always.

A l’âge où la nature leur permettait encore de faire tourner les mayonnaises ou les chodo* une fois par mois, c’était de vraies serviettes qu’il fallait laver et étendre de sorte que les voisins savaient qui était devenue « jeune fille » et qui ne l’était plus.

D’ailleurs, combien de jeunes femmes sont rentrées chez elles, accueillies par une raclée de leur père, se faisant traiter de bôbô**, questionnées sur leur emploi du temps des dix derniers mois € on n’est jamais trop prudent €, parce que le voisin, M. Untel, n’avait pas vu une ribambelle de serviettes sur la corde à linge depuis fort longtemps ? Beaucoup !

 

Mais bon, Always, Vania et leurs copines ont encore quelques défis à venir.

La plupart des serviettes hygiéniques sont, pour une raison qui m’échappe, aujourd’hui encore, toujours plus large que l’entrejambe d’une culotte € même de celui d’une culotte-bâche de grand-mère… j’ai vérifié €

Les ailettes anti-fuite ne servent à rien d’autre qu’à vous tâcher sur une surface plus étendue.

Les protège-slip ont l’air d’avoir été baptisés par des mecs (ou des gens soucieux de l’économie d’encre et d’espace sur l’emballage) : pour info, nous, on porte plutôt des culottes, donc : protège-culotte. Logique.

 

Ceux-là, ils en ont fait des noirs, des profilés pour les strings, des parfumés, d’autres qui s’adaptent aux strings et aux culottes.

Mais pas de convergence entre les produits, non, non, non… N’allons surtout pas trop vite. Ne répercutons pas toutes ces trouvailles partout ni tout de suite.

 

la suite...

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* chodo : mot créole désignant une boisson antillaise ressemblant un peu à de la crème anglaise très parfumée, servie traditionnellement lors des baptêmes ou de premières communions. (Mais c'est plutôt guadeloupéen, en Martinique, on sert plutôt un bon chocolat chaud épais avec du pain au lait.)

 

** bôbô : mot créole signifiant fille de mauvaise vie, traînée.

Lundi 27 juin 2005

Le début de la note

 

J’imagine les réunions marketing chez les fabricants de serviettes hygiéniques :

 

- Bon, voilà, c'est tout pour le face-lift du packaging « buvard » pour la cible Loliteens-10ml-and-below.

- Super Miss, now, passons aux utilisatrices cœur-de-cible.

- Merci Jipé. Comme vous le savez, il ne faut pas brusquer nos clientes, c’est hyper-touchy, ç’est private, voyez ?

- T'es pas un peu assertive sur ce coup-là, Rich' ?

- Non, justement, chaque changement mal négocié dans leur rapport à la marque peut-être déceptif. C’est pour le moins ce qu’indique le dernier bench’ chez nos competitors. Les best-practices ne mentent pas.

- C'est vrai, à vouloir trop en faire, on risque de défidéliser nos clientes, et enclencher de ce fait un process de non-reconnaissance abandonatoire créant du... du... ?

- Du désespoir ?

- Non.
- Du suicide massif au département Sales de la boîte ?

- Non.

- Du churn !

- Bravo Shirley, une prime pour toi, t'es la première à avoir bien répondu !

Le churn en, l'occurence, c'est au profit des sharky new intrants, avides de pdm, or, le groupe ne sera pas toujours là pour nous back-upper, depuis les récentes M&A, le cash-flow est vraiment down et puis S&P ne nous épargnera pas.

Le churn, c'est la fuite, et on le sait bien : la fuite, c’est aussi notre plus grand ennemi ! Ah ha !
- Trop bonne ta blague Rich' !

- Merci Shirley ! Ma reco : on garde le pace d’une innovation majeure tous les 10,09 ans pour respecter le cycle produit et nos clientes. Voilà Jipé, j'ai fini.

- OK ! Thanks ! Allez, on fait un break sauf toi le stagiaire là, dans le meantime, ce serait nice si tu pouvais uploader les slides du report pour le board de next week depuis mon folder. Le chairman EMEA nous challenge déjà sur notre campagne de couponning.

 

Bon, sachez-le vous autres industriels de la protection féminine, on est prêtes, plus que parées à recevoir le produit ultime : « The » protège-culotte anti-bactérien, adaptable string/culotte, noir (voire transparent), biodégradable en 1 mois, avec voile fraîcheur intégré, et micro-diffusion d’aromathérapie pour nos nerfs si fragiles en ces périodes. € Ainsi, chaque croisement de jambe pourrait rendre le monde plus zen. Le top, je vous dit. €

 

Je trouverais ça plus utile que le déo anti-transpirant 3 jours.

C’est pour qui ce truc ?

Les Cradingues ? € Non, ils s’en foutent de puer ou pas. €

Les gens qui font Paris-Londres dans le sens des aiguilles d’une montre pour le fun ? € Non, dans l’avion, y’a des salles de bain en marbre, ou au pire, des essuie-doigts pour après le homard qui, commodes, se transforment volontiers en lingette pour le corps. €

Je ne vois donc que les détenteurs d’otages ?

Eh oui ! Retenir les gens prisonniers, oui ! Gaspiller une eau précieuse en leur permettant de se laver lavant quotidiennement, non !

Maintenant, un otage a le droit de se laver tous les 3 jours parce que le déo 72 heures masque bien les odeurs !

Lundi 27 juin 2005

Samedi matin.
Réveil moite au sortir d'une nuit qu'un petit ventilateur a tenté de refoirdir en vain.

La chaleur, les allergies, la lumière qu'il sent derrière les rideaux, le bruit des commerçants qui s'affairent dehors sans lui ont eu raison du sommeil du Loup. Plus aucune trace de ce vert matinal qui me fascine, ses iris sont déjà tout marrons : il a les yeux ouverts depuis longtemps.

Il a fait un effort : rester au lit en attendant que ma nuit se termine, même s'il déteste l'inactivité de la grasse matinée. Le Loup sait que je déteste me réveiller seule € j'ai peur maladive de l'abandon, mais je me soigne. Comme Punky Brewster :
Maybe the world is blind,
Or just a little unkind ? 
Don't know.
Seems you can't be sure
Of anything anymore.
Although...
 €
.

Samedi main, je le vois qui sourit. Comme tous les matins. Je l'enlace paresseusement € ou plutôt, je lui balance un bras sur le bide €.

- Le Loup ?
- T'as bien dormi ?
- Oui, et toi la puce ?
- Vi.
- C'est bien.
- Le Loup ?
- Oui ma puce ?
- Tu sais que t'as de la chance de m'avoir ?
- Pourquoi ? € Goujat, tu pouvais pas répondre " Oui ? Mais j'ai parfois du mal à me rendre compte de tout ce bonheur ?" Pfff... €
- Ben parce que j'ai réfélchi, je veux une alliance simple. Sans pierre, sans diamants, rien. Un anneau simple.
- D'accord.

Rien d'autre, il détourne la tête, il est reparti dans ses pensées.

- Tu dis rien ?
- Ben non, pourquoi, qu'est-ce que tu veux que je dise ?
- Ben je sais pas, ce que tu en penses ? En plus, t'a tourné la tête avant que j'aie fini de te parler.
- Alors, qu'est-ce que tu voulais dire ma puce ?
- Que je voulais juste qu'à l'intérieur il y ait écrit le mot "amour".
- Hmm... D'accord.

J'ai l'impression d'être un gamin qui dérange papa dans la lecture de son journal. Mais il pose sa jambe sur moi, à la manière d'un judoka et déclare :

- Ben toi, t'as pas de chance, je veux une bague avec plein de diamants.
- Tu veux une bague de pimp Le Loup ? entre deux grosses crises de rire
- Ouais !
- Hmm... D'accord.

Ce garçon ne tourne pas rond. Mais il me fait bien rire.

Et puis, il sait qu'il n'y a rien à manger et il attend que, l'oeil endormi, le cheveu fou, la joue encore zébrée par les marques de l'oreiller, j'aille à la boulangerie d'en bas.

Je reviendrai avec les croissants, les pains au lait au sucre, les cannelés et la brioche, et comme tous les matins depuis toujours il aura dressé la table, préparé mon thé, versé un verre de bon jus d'o, apporté ma cuiller et mon couteau favoris.

Il me remerciera et depuis la cuisine, il me hèlera en me demandant si je veux un yaourt.

 

Samedi matin.
Petit bout de paradis.

Jeudi 23 juin 2005

Au cours d'une promenade parisienne...

Vénérez Râ

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Jeudi 23 juin 2005


Cest par là que j'ai rencontré mon Loup (mon chéri) pour la première fois...
(Mais pour Racontars c'est la "Meringue".)

Montmartre de côté

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