Jeudi 29 septembre 2005

Un choc.

Il est couché. Là, tout près de moi.

Je pourrais le toucher juste en tendant le bras. Mais je n’ose pas.

Jusque ici, je n’en avais vu que dans des magasines, des manuels scolaires ou à la télé. Quelques centimètres tout au plus.

 

Mais il est là devant moi, gigantesque. Paisible, brillant, rayonnant, il sourit.

 

Bon d’accord, ce n’est pas le premier Bouddha que je vois, mais celui-ci a un effet puissant sur moi. Les mots que je n’ai pas trouve pas pour exprimer ce que je ressens se sont liquéfiés, ils tombent de mes yeux grand’ ouverts et coulent sur mes joues.

Je suis si petite, si insignifiante et lui, si grand, si calme, me sourit.

Le Loup me prend dans ses bras.

Tout ceci est bien réel.

Bouddha allongé au Wat Phra Pathom Chedi

 

Nous sommes dans la ville de Nakhom Pathom, au Wat Phra Pathom avec son toit en tuiles de terre cuite vernies, percé de trous pour la circulation de l’air. Ce temple abrite le plus haut chédi du pays : 127 mètres de haut, 230 de circonférence.

On y trouve aussi un bouddha haut de 9 mètres, en cuivre et bronze, recouvert d’or. Des fidèles chantent, prient et achètent des feuilles d’or avant d’aller en recouvrir les petites images de Bouddha.

Buddha at Nakhom Pathom

 

Le chédi est si grand, si rond, si beau, comme un sein brillant sorti de terre. J’avais envie de l’étreindre, sentir la chaleur de la pierre comme on se réconforte contre le flanc de sa mère. Un peu de tranquillité qui fait que l’on est hors du monde.

 

Le chédi.

Le Bouddha couché.

Classroom for the monksLes bancs de l’école des bonzes sur la galerie d’un des bâtiments attenant au temple étaient vides, au mur, des tableaux recouverts de lettres d’or. 

Une bonzesse, le crâne rasé, tout de blanc vêtue qui nettoie le temple.

 

Et à quelques mètres de là, un homme installé à une table, sous un parasol, qui annonce au micro le nom des donateurs qui permettent au temple de vivre.

 

Autel au Wat Phra Pathom Chedi
Mardi 27 septembre 2005

Au cours de cette promenade dans Damnoen Saduak, nous nous retrouvons derrière un groupe d’écoliers en uniforme vert et noir, et mes yeux croisent le regard de ce petit garçon boulot, tout serré dans son polo vert. Je sors la phrase que j’ai apprise par cœur depuis 15 jours.

- Thai rooup day may ?
- …

Il fait non de la tête, et répète ma phrase, hilare, à son camarade. Le Loup se marre lui aussi et pour finir de me marquer son soutien inébranlable, il ajoute :

- Je sais pas ce que tu lui as dit, mais ça avait l’air drôle…
- Je lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo.
- ah… ben il n’a pas l’air d’avoir compris.
- ben, si hein, il a pigé, il a fait non de la tête, hein ! M’enfin, moi, au moins, j’essaie de rentrer en contact avec l’autochtone. Il sait parler une langue étrangère le petit gras du bide sur pattes qui se poile comme un baleineau, hein peut-être ? Hein ? Et toi ? pourquoi tu te marres ? De nous deux, une seule personne a fait l’effort d’apprendre deux trois mots de la langue du pays et ce n’est pas toi. Alors, LA RAMENE PAS OK ????
- …

Je sais, s’en prendre verbalement aux enfants, dans leur dos, c’est bas ;
mal réagir aux remarques moqueuses de son amoureux, c’est de la susceptibilité.
Ouais.
Mais ça fait du bien.

Plus loin, des petites filles me regardent de haut en bas, l’air intimidé et intrigué. Le Loup me dit que ça doit être parce qu’elles ne voient pas souvent des Noires. Moi, je pense qu’elles admirent ma beauté éblouissante, et ma théorie est plus vraisemblable. Évidemment.

 

Allez hop, retour au bus où l’on nous propose d’acheter des assiettes au centre desquelles se trouvent… nos pommes !

Et oui, la photo de nous deux dans la pirogue prise à peine une heure et demie plus tôt, dans la pirogue a déjà été imprimée dans une petite assiette décorative, comme celle qu’on retrouve sur les buffets où dans les vaisseliers chez nos grands-mères. ¤ A ce sujet, il ne faut pas leur jeter la première pierre enroulée dans le dernier numéro de Maisons et Décoration, je rappelle que ce ne sont pas les vieux qui ramènent ce type de souvenirs kitschissimes chez eux, mais bel et bien leurs infâmes rejetons qui manifestent encore leur incompréhension totale de l'état d'esprit de la génération montante des seniors.
Et puis, un vieux, ça se sent tenu de montrer sa reconnaissance pour ces cadeaux à la con, ben oui, c’est poli un vieux, pas comme ces hordes de garnements d’aujourd’hui qui n’enlèvent leur casquette que pour dormir et qui ne céderont la place à personne dans le bus. Donc, bien obligé d’étoffer son expo "Souvenirs de vacances et Kitscheries en tout genre" dans des vitrines déjà fort encombrées, le vieux va devoir faire une place la miniature représentant vaguement une vache authentique mauve des Alpes, 100% plastoc prénommée affectueusement Milka, entre le soulier de porcelaine ramené d’Ibiza, le petit fanion en velours noir où Fréjus s’écrit en lettres d’or, et un gribouillis à la con par leur dernier petit-fils (le rejeton qu’ils sont obligés de garder pendant les vacances de Toussaint au lieu d’aller en croisière dans la Caraïbe…), quitte à pousser dans un coin cette ridicule lampe à fibres optiques offerte pour la Fête des Mères en 1986. ¤

Moi, ce genre de bibelots, c’est loin d’être ma tasse de thé et je ne tenais pas à infliger à nos proches (ni à leurs invités) la vue de nos deux bines mal réveillées au centre d’une assiette. DOnc, on n'a rien acheté, mais on s'en est mordu les doigts, quand on s’est dit que dans quelques semaines, on allait retrouver les invendus sur un stand aux Puces de Saint-Ouen. Et ben, je défis quiconque de pouvoir servir quoi que ce soit de bon dans ces assiettes, vu les faces de rat sous hypnose qu’on affichait.

Lundi 26 septembre 2005

Nous avons été réveillés en retard, petits malentendus entre les guides et l’hôtel. Pas grave, j’ai dormi un peu plus que prévu et c’est tant mieux.

Direction le marché flottant de Damnoen Saduak, à 80 km de Bangkok.

Dans le bus, notre nouveau guide, Chai, nous parle d’une excursion qui nous charme, mais vous en saurez davanateg en temps utile…

A 08h50, nous arrivons à l’embarcadère où nous prenons une pirogue qui nous rapproche du marché flottant. Un mec nous prend en photo.

Vingt fois, j’ai cru que nous allions chavirer et vingt fois j’ai eu tort.

Dans les canaux du marché creusés autrefois par des Chinois, des barques de marchands de soupe, de riz frit, de chapeaux de palme, de fruits.

De part et d’autre, courent les étals gérés par des marchandes au pied sec, les yeux plissés par le sourire, elles rient parce qu’il paraît que c’est dans leur nature. Elles rient et je ne peux m’empêcher de penser à mes belles grosses marchandes à Pointe-à-Pitre qui nous hèlent :
« tu veux de la bonnne vanille, doudou ? et pour ton chéri, du bois-bandé ? Ah ! Il n’en a pas besoin ! Eh bien tant mieux ma chère, tes affaires roulent ! ».

Elles rient aussi parce que je désigne à mon chéri, en français et en créole, ces fruits que je reconnais : mangues, pommes d’eau (les pommes malaka de chez moi), gros pamplemousses (chadeks), goyaves géantes et vertes, pomme-cannelle, corossol…

Le guide m’apprend le nom de ceux que je ne connais pas : œil de dragon ¤ fuschia et vert en dehors, blanc à points noirs dedans, mais, grosse déception, pas de goût particulier ¤, la mangoustine à la robe marron aux reflets bleu-violet, dont l’intérieur ressemble à une fleur de coton…

Je ne résiste pas plus longtemps et j’achète une de ces petites barquettes, explosions de couleurs et de saveurs, avec un panaché de ces fruits exotiques… Miam ! Même le Loup, d’habitude si difficile et si peu culinairement aventureux, se prend à redemander du rambutan (fruit rouge à pointes aux bouts verts, au goût proche du litchi)…

 

Beaucoup de Thaïs mangent sur le marché. C’est bon signe, ça veut dire que la nourriture est bonne.

Le guide nous dit que les Thaïs mangent peu mais souvent, 4 à 5 fois par jour, quand la faim s’empare d’eux. Je me sens des origines Thaïes.

Chai nous annonce que nous avons quartier libre pendant 1 heure et que nous devons nous garder d’acheter autre chose que des fruits ou de la soupe, car le reste, c’est un « attrape-touristes », ou alors, il faut marchander. Bien reçu.

Mercredi 21 septembre 2005

¤ Vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir un peu mieux...¤

Nous avons le courage de partir en excursion l’après-midi même, au programme :

- visite express du quartier chinois
Mêmes enseignes rouges et jaunes, mêmes symboles chinois, mêmes traits familiers que dans le XIIIème à Paris.
Dans la rue, le sourire des gens sont aussi grands que les prix sont dérisoires : avec 3 euros on peut acheter 3 culottes en coton, 1 robe légère, 6 barrettes à cheveux, 1 bol de soupe (nid d’hirondelle ou aileron de requin) et une douceur en dessert.

 

- promenade en pirogue à moteur sur le Chao Phraya
Ce fleuve donne naissance à de nombreux canaux qui ont valu à Bangkok le surnom de Venise de l’Orient.
A part quelques exceptions, comme celle-ci,
Belle maison en bois rouge sur pilotizzzz
les gens habitent dans de modestes maisons sur pilotis ¤ prononcez « pilotiiiiise », comme le guide ¤.

Que contrasto.

A l'extérieur et dans les habitations souvent ouvertes aux quatre vents, les résidents vaquent à leurs occupations habituelles, sans paraître gênés par la présence de ces farangs (apocope de « fa-rang-set », la prononciation thaïe de « français » car ce furent les premiers Blancs connus en Thaïlande, qui désigne désormais tout étranger européen ou Blanc) venus pour voir et photographier et montrer du doigt et parler fort ¤ avec leur APN dernier cri et leurs tongs à paillettes ¤.


Certains riverains, même, spontanément, nous sourient et font des signes de la main.

Salut les farangs  

Les calmes eaux marron-vert du Chao Phraya accueillent les jeux de jeunes garçons qui s’éclaboussent, font la bombe et s’ébrouent en riant, et la cour discrète que se font ses deux jeunes bustes immergés.

Boys will be boys

Sur les rives, les marmites font frémir la soupe et nos narines.
Devant chaque maison se dresse un petit autel décoré de fleurs (fraîches ou artificielles) érigé en l’honneur des divinités auxquelles on s’en remet pour le quotidien.
Les silures, des cousins du poisson-chat, se jettent avec une voracité amusante sur le pain de mie que nous leur jetons. Ils sont tellement gros que les locaux ne les mangent pas.

Sillons et silures

 

- escale au Wat Arun, le Temple de l’Aube

Wat Arun de loin 2
Le temple affiche ses influences indiennes, comme Aruna la divinité qui donne son nom au temple, et chinoises, comme la technique selon laquelle les tours sont recouvertes de porcelaine, comme les statues à l’entrée du temple.
 Call me Mr. Meanie Détail du Wat Arun - Petite femme
Au loin, je vois des moines dans leur tunique « safran » dit le guide ¤ moi, je dirais plutôt orange tirant sur le fluo, mais bon… ¤.
 Monks next to Wat Arun

On n’a pas le droit de les prendre en photo de près, et quand on est une femme, on ne peut pas avoir de contact avec eux, parce que nous sommes impures. ¤ Pfff. Sans commentaire. ¤
Le guide nomme les différents groupes représentés par les statues et je ne fais pas vraiment la différence entre les singes ¤ les bons ¤ et les démons ¤ toujours méchants, ceux-là ¤.

Bad guys or good guys? Good guys or bad guys?

Et puis, je rencontre mon premier Bouddha, ou plutôt, mes premiers bouddhas.

 Other Buddhas at Wat Arun

Des fidèles sont venus prier et mettre de l’encens. A l’intérieur de ce petit bâtiment annexe où nous nous trouvons, le calme règne. Je me sens légère.

 

A côté, je jette un œil rapide au marché, mais notre guide nous conseille d’acheter des souvenirs plus tard, dans le Nord, là où les souvenirs seront moins chers.

 

Nous reprenons la grosse pirogue qui nous ramène au bus.
La nuit va tomber bientôt.
Nous n’irons pas à la piscine, le lever pour demain matin est prévu à 05h45.
Il paraît que nous aurons un nouveau guide.

L’attitude tranquille des gens au bord du fleuve me fait penser que je devrais être plus cool avec les hordes de touristes qui viennent visiter mon quartier : après tout, ils ne photographient pas mon salon depuis la rue, ni ne passent régulièrement devant mon paillasson ¤ bon, ils n’ont pas le code de la porte d’entrée en même temps ¤. Ils ne font que visiter, s’ouvrir à une culture nouvelle, et garder des souvenirs, et même s’ils piétinent en sortant du métro, s’ils prennent toutes les places en terrasse, et m’empêchent de profiter de la vue, ils ne font que perturber une peu une quiétude toute relative.

Vendredi 16 septembre 2005

Nous partions pour ce pays d’Asie. Loin, loin là-bas.

Pour la première fois, nous nous rendions aussi loin dans ce sens, vers l’Orient.

Nous avions décidé de voyager l’esprit et le bagage aussi légers que possible, nous savions que nous aurions besoin de place pour caser nos souvenirs.

 

Paris - Abu Dhabi (E.A.U.)

Abu Dhabi – Manama (Barhain)

Manama – Bangkok International Airport, Thaïlande.

 

Nous avons survolé l’Inde, et du ciel, les paysages vous prennent au cœur. Indescriptible. La Terre est belle.

Au-dessus des nuages  

Une bonne douzaine d’heures de vol et trois zincs après, nous sommes déjà au lendemain matin d’une journée que nous n’avons pas vraiment vécue. Nous nous retrouvons là, devant cette dame en habit traditionnel qui nous passe un ruban d’orchidées au tour du cou.

Dans le bus, Aom, notre premier guide nous briefe dans un français fluide : la monnaie (1 baht = 2 cent d’euro), le temps (c’est le début de la saison des pluies, il y aura surtout quelques orages nocturnes, pas de quoi s’alarmer), le circuit (prometteur), les temples (40 000 au bas mot), les hôtels (réservés, ouf !)…

 

Le Bangkok Centre Hotel, notre logement pour les 2 jours à venir, est en plein centre-ville. Les chambres sont correctes, sans plus.

Un lit et des orchidées - Orchids on a bed


On sent partout dans cet hôtel l’atmosphère désuète d’un lieu ayant perdu les fastes et la splendeur d’autrefois : les dorures sont passées, la laque a été caressée des milliers de fois, les tapis se rappellent de toutes les empreintes de pas, l'ascenseur fatigue un peu.
Le lobby, en digne vitrine, est sympa avec ses meubles en teck finement et habilement sculptées, là, je me prends à m’imaginer dans In the mood for love, version thaïe.

à suivre...

Vendredi 16 septembre 2005
Voici deux photos prises quelque part entre Roissy et Bangkok.

Saurez-vous deviner d'où elles viennent et ce qu'elles représentent ?


Mais qu'est-ce que c'est ? - What is this ?


Alors ? - Any idea?



Vous pouvez m'indiquer vos réponses en commentaires ici,
dans ma salle de bains.


Mais si vous êtes flickriens ¤ vous en avez de la chance... mais vous le savez déjà ! ¤,
vous savez qu'en cliquant sur la photo,
vous pouvez vous téléporter sur ma page
et laisser vos commentaires là-bas.

Mercredi 14 septembre 2005
Sawatdii kha !

Pour vous donner un avant-goût des photos que je n'ai pas encore eu le courage d'uploader sur flickr, voici, livrées pour vous, quelques images de Bouddha au Temple de l'Aube (Wat Arun) à Bangkok, au bord du fleuve Chao Phraya.

Images of Buddha - Wat Arun

Khorb khun kha !
Mardi 13 septembre 2005
Ca y est !
Je suis revenue de ces vacances en Siam.
Et la reprise du travail aujourd'hui a été, jusqu'à maintenant, plus douce que ce à quoi je m'attendais.

Merci pour tous vos commentaires et souhaits de bonnes vacances...

Ca a marché !

Ce voyage en Thaïlande a été une expérience riche, magique, envoûtante, prenante, drôle, surprenante, dégoûtante parfois, mais cela reste une excellente aventure mère de tant de souvenirs imprimés sur ma rétine ¤ et sur une bonne demi-douzaine de pellicules argentiques
¤, des moments qui resteront dans ma mémoire ¤ ou celle de mon APN ¤ .

Quinze jours de découverte du Royaume de Thaïlande, un pays asiatique un peu à part, avec ses contradictions, ses paradoxes, où le merveilleux côtoie le sordide, et où la gentillesse des Thaïs n'a d'égale que la beauté des temples et de la nature.

Notre guide, Chai le montagnard birmano-sino-vietnamien mais Thaï avant tout, amateur de saucisson et de parfum de couturier, fan de Mireille Matthieu, a été génial, ce qui nous a fait apprécié davantage le pays.

En guise de compte-rendu de mon voyage, je vais publier et légender quelques-unes de mes photos (les moins ratées) sur mon compte flickr au fur et à mesure.

Je vais pour cela m'aider de mon petit "carnet de voyage", un cahier que j'ai commencé à remplir quelques jours après la réservation du voyage et dont j'ai achevé la rédaction ce dimanche.


Et vous alors ? Vous allez bien ?
Mardi 13 septembre 2005
Man Racontars m'a laissé un devoir à faire.
En bonne élève que je suis, je me fais un plaisir de m'acquitter de cette tâche aux accents proustiens ¤ en plus, ça tombe bien, à l'école, mes profs me parlaient souvent de ces phrases sans fin dont regorgeaient mes compositions, une remarque récurrente que j'assimilais volontiers à un compliment... ¤.

Voici l'énoncé :


Citez cinq aliments, plats ou autres, qui ont fait partie de votre enfance, et qui vous manquent, parfois, quand la nostalgie vous prend...


Moi, manger, j'aime bien ça. Mais attention, manger bien et bon !
Ma famille compte d'excellents cuisiniers, ma mère n'étant pas la moins bonne...
Aïe aïe Aïe ! J'aime manger...

Le sucré, le salé, le sucré-salé, l'acide, l'amer, l'aigre-doux, l'épicé et même le piquant ! ¤ oui, moi qui n'aime guère le piment mais qui suis presque capable de manger de la moutarde forte à la cuiller, eh bien figurez-vous qu'en Thaïlande, j'ai mangé des plats pimentés "craché difé" comme on dit chez moi ! Eh ouais ! Même pas mal (enfin, surtout maintenant, avec ma nouvelle langue en carbone de kevlar plastifié, acquise après cette mémorable salade de papaye verte, je pourrais tremper mon appendice lingual dans de l'acide chlorhydrique sans rien sentir... Mais c'est pas non plus une raison pour essayer donc, pas la peine de me faire parvenir des containers de substances douteuses et corrosives... Non merci... Vous et vos idées tordues, hein ! ¤



Découvrir des saveurs et des textures, les mélanger pour faire naître de nouveaux goûts, j'adore ça, mais il est des classiques culinaires hérités de mon enfance qui peuvent, quand je m'en souviens, mettre mon palais en fête, rejouir mes papilles en pensée, exciter mes neurones et arriver à me tirer quelques larmes.

Parmi ces choses-là, il y a les Chamonix, ces petits gâteaux moelleux, fourrés à l'orange que Maman achetait parfois à Euromarché. Souvenirs d'enfance.
Je me vois sortant de l'école, le cartable léger sur le dos, accourant vers Maman qui me ramènera à la maison, là-
haut, où m'attend mon goûter. Je lui raconterai ma journée entre une gorgée de verre de lait, une bouchée de Chamonix et une tranche d'orange, et Maman rigolera bien, parce que la maîtresse m'aura encore appellée "le Bulldozer", un surnom dont je suis fière, parce que je n'en connais pas encore la signification...

La canne à sucre aussi me rend toute chose quand j'y pense.
La première fois que j'ai mis les pieds sur la terre de mes parents, ma chère Guadeloupe, mon grand-père heureux d'avoir acquis ce titre avec ma naissance, avait voulu me faire connaître le goût de ce bâton sucré, fils de la Terre, du Soleil et de la Sueur versée par les femmes et les hommes qui le récoltent. Sous mes yeux ébahis, mon gaillard de papy avait soigneusement écorcé une canne avant de la couper en petits morceaux, la privant de tous ces noeuds trop durs à mâcher pour la petite chose délicate que j'étais ¤ comment ça "ça colle pas avec le surnom de Bulldozer ?" Oh ! C'est mon histoire, alors on ne me contredis pas, OK ? ¤.
Quand il me tendit les allumettes de canne à sucre, je me suis tournée vers ma mère, et j'ai dit : Nan, je veux pas de la saucisse verte...
Allez comprendre ce qui se passe dans la tête d'une petite fille de 2 ans !
J'ai quand mêle goûté et mon grand-père a dû faire provision suffisante de canne pour pouvoir me donner ma ration quotidienne pendant tout mon séjour.
Quel délice de mâcher les fibres de la canne pour que tout le jus, jusqu'à la dernière goutte vienne rafraîchir mon gosier avide.

Pour la senteur et le goût, je cite le bon lait de vache bouilli avec de la cannelle et de la vanille de chez moi. Mon grand-père, encore lui, le brave homme, allait traire ses vaches tous les matins pour que sa Pipiss' ¤ moi ¤ puisse boire du bon lait frais. Il le ramenait à ma grand-mère dans ce grand récipient chaud dont le cul avait ramassé quelques brins d'herbe et de la terre. Ma grand-mère le faisait bouillir avec un bon morceau de cannelle et une gousse de vanille. C'est ce parfum qui m'a sortie délicieusement de mon sommeil, tant de fois. Ce lait-là vaut tout l'or du monde.
Je ne vous parle même pas des fois où ma grand-mère râpait un peu de cacao local dedans... J'en salive mes amis !

Les Donmbré ! C'est un plat antillais ! Pour faire simple, ce sont des boules de farine et d'eau que l'on fait cuire dans, au choix, des lentilles, des haricots rouges, des "zépina" ou "calalou" ¤ sorte d'épinards antillais ¤, un bon court-bouillon de langoustines ¤ quand je dis "court-bouillon", je ne parle pas de cette eau bouillie dans laquelle on jette trois épices avant d'y faire cuire un poisson, non, ça, j'appelle ça un "blaff", et encore, quand je dis "court-bouillon", ça sous-entend antillais, et quand je dis "langoustines", en vrai, je pourrais aussi dire "ouassou" pour les bienheureux qui connaissent... ¤, etc.
Les donmbré, c'est pas forcément fin, mais ça se mange sans fin.

Et enfin le dernier puisqu'il faut n'en citer que cinq : le chodo (ou chaudeau).
C'est comme de la crème anglaise, mais en mieux et en plus épicé, plus parfumé.
Cette boisson de paradis est servie lors des baptêmes et des premières communions surtout aux Antilles ¤ enfin, plutôt en Guadeloupe, parce qu'en Martinique, ils ont le chocolat avec du pain au lait... pas mal non plus les bougres !!! ¤
Celui de Maman est en toute subjectivité, le meilleur de la Terre entière, servi avec un peu de son gâteau, c'est un bout de bonheur que l'on savoure encore, longtemps après avoir tout englouti fini...



Bon, voilà, j'ai fait mon devoir et je passe le témoin, comme il se doit à 5 autres volontaires désignés :

Jad
Jid
Nounou
Cohen le Barbare
Leeloolène

Si l'un(e) de vous l'a déjà rempli, qu'il/elle se fasse connaître car je ne suis pas à jour de ma blogroll...

Je recopie aussi le mode d'emploi pour tracer le questionnaire, pris sur le site de Racontars.

Si vous décidez de répondre à ce questionnaire, supprimez le blog qui trône au haut de la liste. Montez tous les autres blogs d'un cran. Ajoutez le vôtre en cinquième position. De cette manière, les blogeurs les plus enthousiastes pourront suivre ce questionnaire à la trace :


1 - Laptitecuisine
2 - Ptitesmagies
3 - Le magic journal d'Oznej
4 - Racontars
5 - Le blog dans la salle de bains









 
 
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