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monblognotes

Mardi 31 mai 2005

L’autre jour, je fêtais l’anniversaire d’un copain dans un bar avec des amis.

 

Gentiment, juste avant d’honorer des obligations professionnelles, mon chéri était venu nous tenir compagnie pendant une heure.

 

Soixante précieuses petites minutes bien vite écoulées et hop déjà il doit partir !

J’insiste pour l’accompagner jusqu’à l’arrêt du métro et assure mes amis d’un prompt retour auprès d'eux.

 

Devant les marches du métro, je dépose sur la bouche de mon bien-aimé un baiser, et lui murmure un doux « au revoir mon amour ».

 

Lui : quand on a dit « au revoir » ça veut dire « AU REVOIR, BASTA ! FINITO ! Allez hop, c’est fini, je ne suis plus là ».

 

Moi :  tant que je le vois, ne serait-ce que si j’aperçois encore une mèche de ses cheveux, ben, je continue à le saluer, même s’il est de dos.

 

Lui : ça a le don de l’énerver (si d’aventure il se retourne et me prend en flagrant délit de salutations hystériques).

 

Moi : ça m’amuse, et c’est mon plaisir qui prime, quoi, mince…

 

Je continue par conséquent à lui faire moult signes de la main qu’il ne voit jamais ou presque, mais qu’un type quelconque ne manque jamais de prendre pour lui.

 

 

La suite du récit dans la prochaine note.

Episode 2
Episode 3

Par Jazz
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Mardi 31 mai 2005

Je fais un signe de la main à mon chéri qui ne le voit pas, contrairement à ce type que je ne connais pas...

 

 

C'est un cas typique de PCS-TBM (Phénomène de Contagion des Signes dit « Théorie des Bateaux-Mouches »).

 

J’explique.

 

Je suis sur le bord de Seine, passe un bateau-mouche.

Un petit groupe de touristes fluviaux particulièrement amicaux, ou beurrés, ou les deux, me font des signes de la main € je ne sais pas pourquoi, peut-être ont-ils reconnu l’auteur de ce blog qu’ils lisent dans l’une de ses nombreuses versions : française, grecque, wolof, yiddish, arménien, punjabi, tswana, géorgien wu et ch’ti pour ne citer que celles-ci. €. Moi, pas bégueule, histoire de leur montrer qu’à Paris on comprend bien ce langage corporel et qu’on peut réciproquer, j’en fais de même, prenant bien soin de n’adresser mes brassages d’air à ceux-là mêmes qui ont initié le contact.

Mais voilà que d’autres personnes sur le bateau-mouche prenant à tort ces gestes de ma part comme leur étant destinés, se mettent à agiter les bras dans tous les sens à leur tour.

 

Qu’est-ce que je fais ? Je suis polie, je ne veux pas créer de jalousie, je leur réponds à eux aussi, y’a pas d’raison. Hop, je secoue mes mimines à leur intention, fière d’avoir évité un possible conflit passagers salués/passagers ignorés au sein du bateau.

 

Ca ne s’arrête pas là malheureusement : un troisième groupe du bateau se sent visé.

Re-frénésie de signes de part et d’autre, jusqu'à ce que j’aie été cordiale avec chacun des passagers du bateau, certains ayant même immortalisé ce moment de fraternité partagée sur leur caméscope numérique, diffusant ainsi dans le monde entier une image de moi en ambassadrice aimante des touristes de la Seine. € Comment dit-on en coréen, et en italien : « c’est qui la conne qui imite – mal -- le mime Marceau, là ? » ou « En France, la réinsertion des débiles mentaux de couleur passe vraisemblablement par l'accueil des touristes en bord de Seine » ? €

 

Résutat : la politesse peut se révéler être aussi épuisante qu’une séance intensive de raffermissement des bras de 5 minutes. € Qui a dit qu’on ne pouvait plus faire de sport en ville ? € Et en plus, des Australiens, des Texans, des Sud-Africains et des Argentins que je ne connais pas me prenne probablement pour une idiote. € Ou alors, j’ai inspiré une secte au Japon et des milliers de fidèles me vouent un culte. €

 

Voici donc ma théorie, encore quelques observations cliniques et mises en situation, et je la publie dans Nature.

 

La suite dans la prochaine note...

Episode 1

Episode 3

Episode 4

Par Jazz
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Mercredi 1 juin 2005

J’en étais où déjà ?

 

Ah oui !

 

Je fais des signes à mon chéri qui s’en va travailler et un mec sorti de nulle part croit que c’est à lui que je les adresse en souriant. Il me fait coucou à son tour, un peu surpris mais visiblement satisfait de mon attitude. Je le snobe € c’est dur, je sais, mais il ne faut pas entretenir ce genre de méprise avec un inconnu qui n’a pas besoin de sauter d’une embarcation au nom d’insecte ni de patauger dans la Seine pour entamer la conversation. (cf : PCS-TBM) €

 

J'entreprends de bien semer l'inconnu, je regarde à gauche, je regarde à droite, je traverse la rue et rebrousse chemin à vive allure pour retrouver mes amis et la fête.

Trois minutes de marche à peine me séparent du bar.

Un coup d’œil en arrière sur ma gauche et ouf ! J’ai semé le type. Ouais !

 

Mais hop ! Une voix venue de ma droite me fait sursauter :

 

- Bonsoir, t’as du feu s’te plaît ?

- Non, je ne fume pas.

- Ah, d’accord.

 

Je presse le pas, un mojito bien frais m’attend.

 

- Heu, t’as pas de feu ? s’enquiert quelqu’un à nouveau…

Je tourne la tête vers la droite : encore le même type.

- Non, toujours pas.

- Tu habites dans le coin ?

- Ca ne vous regarde pas je crois. J’enclenche le turbo, mais il allonge ses foulées, ce mec est coriace.

- T’es du quartier ?

 

Si, si, il est coriace.

 

Estimation de la situation : je suis seule avec ce type collant de ce côté du boulevard, si je traverse, les possibilités de rencontre avec le précédent inconnu, celui de la bouche de métro, s’élèvent à 100%. Il fait nuit, le bar est encore à quelques bonnes dizaines de mètres, il y a des coins sombres.

Ma stratégie : le plus sage est de rester sur ce trottoir, marcher encore plus vite, répondre de manière courtoise à ce garçon sans lui donner l’impression que je tombe sous le charme € mais, quel charme ? € et d’atteindre le bar où je serai enfin protégée.

- Non.

- T’es de Belleville ?

- Non € Là, j’ai envie de lui demander s’il n’a pas quelques problèmes auditifs parce que je viens de lui dire que je ne suis pas de ce quartier, et il se trouve que le quartier en question, c’est Belleville, sans compter que j’ai du lui dire deux fois que je n’avais pas de feu. Mais bon, m’informer sur son ouïe ne cadre pas avec ma strat’. J’en viens néanmoins à penser que cette répétition était peut-être une espèce de code secret pour se reconnaître entre gens du quartier, comme la légendaire poignée de mains des francs-maçons, ou les trois points dans leur signature. Mystère.€

 

La suite dans la prochaine note...

Episode 1

 Episode 2
Episode 4

Par Jazz
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Jeudi 2 juin 2005

- T’es de Lachaise ?

- Non. Sourire désolé de ma part.

- T’es pas d’Lachaise ? Mais t’es d’où alors ?

¤ Là, je réprime un fou rire, parce que je vis en direct le sketch de Elie & Dieudonné : « Toi j’reconnais ta gueule, t’es d’Villetaneuse. » ¤

Le bar se rapproche, mais lui aussi.

 

¤ Stick to the plan. Walk faster, girl. Find a way to get rid of him. ¤

 

- Je suis de Jourdain. ¤ mensonge ¤

- C’est où ça ?

- C’est plus haut. Je fais un geste vague.

- Plus haut vers où ?

- Par là. ¤ en plus, il est bigleux… Il me gonfle, grave. ¤

- T’es pressée là ?

- Oui, je vais rejoindre mon fiancé ¤ petit mensonge ¤ et des amis ¤ qu’il a rencontrés dans un stage avancé de full contact et qui carburent à l’EPO. Ils sont sympas, mais je devrais probablement te prévenir d’une chose : comme ils sont très très mécontents d’avoir perdu leurs attributs masculins, ils sont toujours prêts à les arracher aux autres, histoire que tout le monde soit pareil, tu vois ?. J’serais toi, je ferais l’eunuque, pigé ? Alors, j’te conseille de causer deux octaves plus haut et de t’acheter un aller simple pour UNE AUTRE GALAXIE, OK ? » ¤.

 

- Tu veux pas me parler ou quoi ?

- Non, je n’ai pas trop le temps ¤ ni l’envie ¤. En plus je suis arrivée là. Excusez-moi.

Il me barre la route de son petit corps frêle. Ah ha ! Je pourrais l’écraser uniquement avec ma puissance mentale mais je risquerais de me faire radier de l’Ordre des Mediums XL.

- Tu veux pas parler ?

- Au revoir ! ¤ et cette fois-ci, pas question de s’atermoyer à faire bye bye de la main. ¤

- T’aimes pas les Noirs c’est ça ?

Je me retourne, interloquée.

- Quoi ? ¤ Ses problèmes d’audition sont contagieux. ¤

- T’aimes pas les noirs, hein ?

- Bonne soirée !

 

Je tourne les talons, m’engouffre dans le bar, et oubliant mon mojito, m’empresse de raconter mon invraisemblable aventure à mon amie Célia qui ponctue mon récit d’un « je l’ai toujours su que tu ne t’acceptais pas. De toute façon, je te comprends, moi, je n’aime pas les Blancs et encore moins les Arabes. »

 

Précision 1 : ce garçon était noir (marron en fait)

Précision 2 : je le suis aussi.

Précision 3 : Célia est blanche (rose très pâle en fait).

Précision 4 : le compagnon de Célia est Arabe (Tunisien en fait).

Précision 5 : Célia pratique l’art de l’ironie à la perfection.

Précision 6 : Je la trouve drôle, moi, Célia.

Précision 7 : Il y a des Noirs qui jouent au rugby.

 

Avis aux garçons noirs/marrons qui ont des problèmes auditifs et une technique de drague médiocre basée sur l’appartenance à un quartier :

Bon, les mecs, il faut arrêter de se la jouer « minorité opprimée » et « racisme entre Noirs » à tout bout de champ.

 

Avis à ceux qui, quelle que soit leur couleur, ont une technique de drague médiocre : quand une fille vous dit que son coeur est pris, c’est mal barré pour vous en général, mais vous pouvez toujours vous en tirer avec élégance en sortant un traditionnel mais efficace : « Il a bien de la chance cet homme-là. »

(Mais une fois, un mec m'a dit ça et, curieuse de connaître sa réaction si je lui disais que j'étais lesbienne, j'ai rectifié : « cette femme-là, elle a bien de la chance cette femme-là ». Le mec, pas démonté, a commencé à me vanter les vertus du ménage-à-trois. Je lui ai répondu qu'on avait bien besoin de quelqu'un pour devenir le père de cet enfant que nous désiorions tant ma compagne et moi. Il s'est barré en courant.)

__Fin

Episode 1
Episode 2
Episode 3

Par Jazz
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Jeudi 2 juin 2005

En sortant du boulot, je me rends à l’arrêt de métro, qui se trouve être un terminus avec une voie de chaque côté du quai. La prochaine rame à partir est indiquée par un panneau lumineux.

€ Certains n’y prêtant pas toujours attention prennent place dans la rame qui ne part pas tout de suite. Quelquefois « sauvés » par une âme charitable qui, experte en déchiffrage de panneaux lumineux, les prévient. D’autres fois, s’activant quand la sonnerie de départ retentit, réalisant leur erreur, et affichant des mines piteuses quand les portes automatiques leur claquent finalement au nez. €

 

Un soir, après un coup d’œil au panneau, alors que j’allais m’asseoir dans le métro et attendre gentiment qu’il démarre, j’aperçois, sur le quai, cet homme à la canne blanche. Seul.

Je m’approche de lui, et lui dit d’une voix douce (comprenez, les cannes m’inspirent un respect craintif) : « Monsieur, excusez-moi, le métro qui part est derrière vous ».

 

Il ne semble pas m’entendre.

 

Je m’enhardis, lui tapote gentiment l’épaule, prête à déguerpir au moindre mouvement hostile de canne.

Il tourne la tête et sourit. Je fixe ses grosses lunettes sombres.

- Excusez-moi Monsieur, le métro qui part se trouve derrière vous.

- Ah, merci Madame. Ca me rassure, je n’ai pas une voix d’homme.

Sur ce, il fait un demi-tour et se dirige droit vers le panneau d’affichage du plan du métro.

- De rien Monsieuuuuuuur. Je le rattrape par le bras et évite la catastrophe.

Mais dans ma manœuvre, je me prends un coup de canne blanche dans le tibia. Aïe !

- Excusez-moi.

Il articule bien ces trois mots, mais ils sont prononcés avec la fatigue de ceux qui les ont déjà dits cent fois, mille fois. Un automatisme. Chaque jour, du bout de sa canne, il doit toucher quoi ? des dizaines de personnes ? Plus ? Et à chaque fois, leur dire : « pardon », « excusez-moi », « désolé », « je ne vous ai pas fait mal ?»

- Ce n'est rien. Plus de peur que de mal Monsieur.

___

Souvenir. Je me rappelle.

Une fois, devant moi, une dame est montée sur ses grands chevaux, invectivant le pauvre jeune homme aveugle qui l’avait effleurée de sa canne sans lui demander pardon en y mettant plus de forme qu’un simple « désolé ».

J’ai pensé « quelle conne », j’ai dit « votre vie est tellement dure, c’est vrai, un coup de canne, c’est le pompon ! ». Elle s’est tue, honteuse, fuyant les remarques des autres témoins outrés de la scène.

Pas marrante la vie d’aveugle.

___

 

Nous avons contourné le panneau qu’il n’avait pas détecté avec sa canne. Il s’est installé en me remerciant.

J’ai passé tout le trajet en métro à penser que ce monsieur devait faire confiance aux gens qui lui indiquaient son chemin, l’aidaient à traverser, lui rendaient la monnaie. Avoir confiance en la bonté des gens, même si certains sont cruels, doivent lui jouer des tours, mal l’orienter (avec ou sans mauvais dessein d’ailleurs).

 

La confiance aveugle.

Une définition autre dans ma tête depuis ce jour.

 

J’ai réfléchi aussi au fait que les aveugles, comme d’autres handicapés, doivent supporter la condescendance des « valides », leurs humeurs, leurs constructions inadaptées.

 

J’étai tellement dans mes pensée que j’ai failli rater mon arrêt.

Les portes se sont fermées derrière moi et je suis restée là sur le quai, interdite.

J’avais oublié de lui demander où il descendait.

J’aurais peut-être pu l’aider à compter le nombre de stations le séparant de son arrêt.

Mais je pense que quelqu’un d’autre l’a aidé.

Parfois aussi, je fais preuve de confiance aveugle en le genre humain.

 

 

___

P.S. : Se souvenir qu’une canne blanche, ça sert à se diriger, pas à frapper.

Par Jazz
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Lundi 6 juin 2005

Je l'écrivais dernièrement : la peur du regard des autres me pousse à faire des choses bizarres.

 

Exemple 2 : Les chiottes

€ attention, la note parle de caca, ça fait aussi partie de la vie, mince, quoi ! €

 

Voilà un truc qui me fait bien chier € no pun intended €.

Nous ne sommes que trois femmes dans ma boîte.

Est réservée, à notre usage exclusif, une petite salle où se trouvent deux cabinets WC dont un fonctionne bien, l’autre moins € la chasse ne coule pas assez fort pour noyer le papier usagé, nous obligeant à l’actionner deux, trois ou quatre fois pour nous assurer que ces rêches carrés de fibres recyclées ne resteront pas comme vestiges de nos activités post-rectum €.

 

Peu de temps après mon arrivée dans la boîte, j’ai remarqué que quelqu’un s’obstinait, tous les matins, à orner les parois de la cuvette. Bien qu’admirative de la régularité du transit intestinal du fauteur, je me retrouvais systématiquement avec le vomi au bord des lèvres, et « mon pipi rentrait » comme j’aime à dire.

Mais en sortant, j’aurais pu être identifiée comme la responsable de cette œuvre d’art, aussi, au lieu de me rendre dans l’autre cabinet gaspilleur d’eau, je finissais invariablement par affronter le mal armée € comme Stéphane € du balai à chiottes pour récurer franchement les parois souillées jusqu’à ce que l’émail brillât à nouveau comme dans une pub pour Mr Propre.

 

Ca m’arrive aussi dans les soirées, au restaurant, dans le train, ou dans l’avion. Comme je passe presque toujours ¡ Es una maledicción ¡ après une personne ignorant complètement les règles élémentaires d’hygiène et/ou de respect, je me sens super mal à l’idée qu’on puisse m’identifier comme l’instigatrice d’une telle scène de crime. J’imagine les hôtesses ricanant sur mon passage, laissant échapper des : « c’est elle » « cradingue » « chiasse » « raté sa cible » « bahhhh » « bannie à tous jamais des vols commerciaux », « devrait l’éjecter », « parachute troué », « sans gilet de sauvetage », je vois des passagers me pointant du doigt, s’écartant plus que de nécessaire pour me laisser passer, affichant des mines dégoûtées, j’entends persifler tous ces gens:

- Vous là connaissez ?

- Non, c’est qui ?

- Vous savez bien, c’est… enfin, vous voyez bien ce que je veux dire… € clin d’œil et sourires entendus €

- Mais bien sûr, « là où elle passe, la propreté trépasse » comme on dit.

 

Ou :

- Siiiiiiiii, j’te jure, c’est elle !

- Noooooon ? Chut ! Elle approche.

 

Ou encore :

- Comment ose-t-elle se présenter à cette soirée avec cet air satisfait après ce qu’elle a fait chez Lili et Tom dernièrement, les pauvres ont dû faire appel à un prestataire industriel pour aseptiser la pièce après son carnage… Karcher, acide chlorhydrique, fibre de verre, il a fallu tout refaire…

 

- Quand je pense qu’elle se la joue « jeune fille propre sur elle » sur son blog.

- Oui, c’est l’inverse de ce yaourt dans la pub-là : ce qu’elle fait à l’extérieur se voit à l’intérieur… de tes WC !

 

Et pour faire taire ces moqueries, une seule solution : nettoyer les outrages que d’autres ont fait pour ne pas en endosser la responsabilité honteuse. Eponger les éclaboussures d’eau, essuyer les gouttes au sol, rendre un aspect correct à la cuvette, tout ça sans se souiller et évitant tout contact direct entre ma peau et le balai à chiottes, la porte des WC, le bouton de chasse d’eau.

 

Un jour, j’en ai eu marre de tomber devant ce spectacle de désolation au boulot, j’ai scotché ça derrière chaque porte de cabinet.

 

 

A ce jour, plus d’un an après:

- mes affiches y sont toujours, et quand je veux répondre à l’appel de la nature, je n’ai plus de mauvaise surprise en me rendant dans nos chiottes désormais propres.
- nous n'avons toujours pas formellement identifié le ou la responsable de mes nausées matinales. Par vengeance, nous avons convenu de faire porter l'ignominie de l'état des chiottes à une ancienne employée que nous n'aimions pas et qui depuis est partie € en plus, elle ne se lavait jamais les mains en sortant des chiottes, la vilaine crade €. A force de parler aux gens comme à de la merde, on finit par se faire accuser de la foutre partout. Au "propre" comme au figuré.

Par Jazz
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Mercredi 8 juin 2005

Hier soir, j’ai rêvé de mon père.

Ca ne m’arrive que très rarement.

 

Dans ce songe, nous étions proches. Une affection mutuelle qui ne se manifeste plus depuis une bonne douzaine d’années.

Il me serrait dans ses bras. Il me consolait de je ne sais quoi.

Très bizarre ce rêve.

Je m’en suis voulu. Je me suis dit : pourquoi est-ce que tu ne lui dit pas tout ce que tu as sur le cœur, pourquoi tu ne lui crie pas qu’il s’est comporté comme un salaud. Pourquoi tu ne lui dit pas que tu n’as pas besoin de lui ?
Pourquoi est-ce que tu ne profites pas de ce rêve, parce que tu sais que tu rêves, pour lui dire tout ce que tu ne lui dit pas dans la vie éveillée ?

 

Pourquoi ? Parce que je ne nourris pas de haine contre lui.

Peut-être que j’ai besoin de lui. Mais besoin de quoi venant de lui ? Je ne sais pas.

Je vis très bien sans sa présence, sans les coups de fil qu’il promet de nous passer à mon frère et à moi.
Et puis, je ne sais pas comment me comporter avec lui.

Il m’est devenu étranger.

Comme une personne que j’aurais connu il y a très très longtemps, qui aurait disparu et qui reviendrait, fantôme, vision, drap blanc sur lequel on projette les souvenirs heureux et malheureux d’un passé commun : ma petite enfance joyeuse, sa fierté d’être père, la photo de ce garçon qu’il disait être mon « frère d’une autre maman » alors que la mienne, la vraie, la seule maman digne de ce nom, était enceinte du bébé-frère que j’avais commandé, les nuits qu’il passait à boire dehors, avec ses amis, rentrant soûl et puant la sueur dans son petit chez-soi, les disputes violentes avec ma mère, le coutelas de coupeur de cannes à sucre sous son oreiller dans le lit conjugal, ses colères impressionnantes, ses pleurs quand il reconnaissait ses méfaits, sa satisfaction quand il signait mon carnet de notes, son absence, son absence, son absence, ses mensonges, ses mensonges, ses mensonges, ses coups, ses menaces de mort.

Je ne sais pas ce qu’il est aujourd’hui.

Mon frère lui a dit un jour une phrase qui m’a tiré des larmes tant elle était juste (dans le sens le plus pur de ce mot) et triste : « Je ne te connais pas, Papa ».

 

Avant-hier soir, j’ai rêvé que ma grand-mère maternelle € ma gentille mamie-velours € était morte. J’ai eu peur de l’appeler pour prendre de ses nouvelles. J’avais peur que mon rêve soit une réalité.

 

Mes nuits sont épuisantes, mon sommeil chahuté.

Je me réveille avec des maux de tête qui ne s’évanouissent que lorsque le Loup me prend dans ses bras.

 

J’ai besoin de vacances € et peut-être d'une psychanalyse €.
Par Jazz
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Vendredi 10 juin 2005

De l’audace…

 

Il y a quelques siècles, Danton avait dit « de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! ».

Aujourd’hui, certains hommes sont encore inspirés par la formule, et comme Danton, on a l’impression qu’ils ont perdu la tête.

 

Un vendredi, je sors du boulot, heureuse de rentrer à la maison, sourire aux lèvres m’imaginant déjà dans les bras du Loup.

Alors que je descends les escaliers pour aller prendre le métro, bien que perdue dans mes rêveries, je perçois le regard insistant d’un homme qui monte par l’escalator.

 

€ Bon, OK.
Je suis une star, je suis habituée au regard des fans, mais parfois, je me sens fatiguée de devoir répondre à tout cet amour que les gens vous donnent. Ce n’est pas parce qu’ils ont acheté ma biographie en 26 tomes, qu’ils lisent mon blog, qu’ils ont tous mes albums y compris mon best-of collector incluant un titre avec les What 4 (un petit featuring sans prétention sur la reprise de leur tube « Plus Haaaaaaut », version groovy-crusty-salad-one-again-on-the-loving-babes-international-radio-edit, c’est mon agent qui a insisté…), le pyjama à mon effigie qui vibre quand on ronfle, et les stickers pour machine à laver séchante, qu’ils ont le droit de m’agresser dès qu’ils me voient pour bénéficier des retombées de mon aura créatrice (c’est comme ça que j’appelle mes postillons). €

 

J’arrête de sourire, pas envie qu’il prenne mon montrage de dents pour un signe d’enthousiasme à son encontre…

 

Je m’apprête à valider mon coupon Navigo ! Go ! Go ! quand je sens une main me tapoter l’épaule.

Je me retourne, arborant une poker-face à toute épreuve car il peut s’agir :

- d’un collègue de boulot qui a réussi à me rattraper après un bon sprint,

- d’une gentille personne qui veut me rendre un truc que j’ai laissé tomber,

- d’une connaissance errant dans les stations de métro,

- d’un fan, encore…

- de Madonna € elle adore traîner dans le coin €.

 

C’est le mec de l’escalator.

J’ai accompli ma rotation, je suis face à lui, il n’a toujours pas dit un mot.

J’incline légèrement la tête dans sa direction en ouvrant les yeux pour l’encourager à prendre la parole.

Rien.

€ OK, ma beauté impressionnante l’a rendu muet. J’ai l’habitude € Alors, je dis :
- Heu… Oui ?

- Bonjour. Il m'inspecte de près.

- Oui, bonjour… On se connaît ?

- Non.

- Qu’est-ce que vous voulez ?

- Ben... reprend-il avec un air arrogant qui lui donne l’air d’un petit coq, vos coordonnées !

€ Du genre « c’est l’évidence même, enfin ! Je veux vos coordonnées pardi !» €

La bouche bée, je secoue la tête, partagée entre l’incrédulité, la « pince-moi-je-rêve » attitude, et le dédain.

- N’im-por-te-quoi ! Diiiiing ! Je passe la barrière en vitesse € pas folle la bête € et j’en rajoute une couche : Vous êtes taré ! le doigt tournant contre ma tempe.

 

Lui, reste planté là… de l’autre côté du tourniquet, comme assommé par ma réaction.

 

Je ne vais pas mentir. Moi, me faire draguouiller, je n’ai rien contre ; je viens d’une île où c’est un jeu : les hommes matent et interpellent, les filles flattées jouent les vierges effarouchées et clouent les becs. C’est un sport, on pratique quelques répliques, ça reste bon enfant, on en rit de bon cœur, et tous les pratiquants connaissent les règles du jeu.

Mais là…

€ Enfin, même s'il n'est pas passé sous la guillotine, je me souviendrai de la tête du type... elle en valait la peine. ;o)

Par Jazz
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Vendredi 10 juin 2005

Hier, en réponse à l'une de mes notes de dépressive chronique, Jad m'a laissé ce commentaire qui donne à méditer :

 

Petit koan zen, peut-être de circonstance...
"Quand il n'y a plus rien à faire, que faites vous ?"

 

Je pose donc cette même question à vous qui passez par ici...

€ Merci encore Jad €
€ Tiens, une note courte ! €

Par Jazz
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Jeudi 16 juin 2005

L'autre jour, je cherchais des choses à faire quand il n'y a plus rien à faire.

Je me suis dit : autant enfiler des perles... Ouais ! Et si j'enfilais des perles ?

Pas si bête, parce que si "enfiler des perles"
ça veut dire "ne rien faire de constructif"
dans le langage courant,

pour moi,
ça donne ça...


image floue prise avec mon humble téléphone mobile.

 

J'ai trouvé de quoi occuper quelques bonnes heures : les bijoux en perles, faits par MOI-MÊME, à MA taille, avec les couleurs que JE veux.

Délicieusement égoïste...

¤ Oui, m'enfin, si ça plaît à Célia, je lui en ferait une aussi. ¤

Par Jazz
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la tête dans les nuages, parfois dans les étoiles
les pieds dans le plat, parfois sur terre
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mon blog-notes dans la salle de bains.




Je suis
- Jazz
- bien dans ma salle de bains,
- folle d'un Loup un peu dingue,
- assez vieille pour être ta soeur, si si,
- à la recherche de tout un tas de choses (sa vocation, le bonheur pour ses amis, un loft parisien abordable, des chaussures belles et ou marrantes et/ou confortables, de bons sujets pour nourrir ce blog...),
- presque quotidiennement sidérée par un truc ou un autre,
- un peu fantasque parfois, d'où ma tendance à écrire des apartés en ¤ rose ¤
.



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