Vendredi 19 mai 2006
Mieux vaut se mettre au diapason pour donner mon premier.

L’antique adage nous conseille de ne pas disputer de mes seconds (surtout s'ils sont mauvais).

Mon troisième peut être rieur, surpris, embarrassé, ou compréhensif.

Mon quatrième, bien qu'entre entre φ et , a su rester entier.

Si tout le monde connaît mon cinquième c’est qu’il est blanc.

Quand mon sixième prend l’r, il fait peur.


Je pourrai bientôt voir mon tout de plus près (avec mon cinquième) pour quelques jours…


Si tu penses avoir trouvé, tu m'envoies ta réponse via le formulaire contact (c'est tout en bas de page, sous la ligne verte...).

Si tu trouves avant tout le monde, tu recevras de véritables petits cristaux de quartz.
¤ Ouais ! ¤


______________________________________________
Hey !
Déjà deux gagnantes !

Toi aussi, comme Madame Pas Contente, et Sev, fais du remue-méninges, trouve la réponse, envoie-la par le formulaire en bas de page ou ici, et remporte le dernier des trois lots absolument indice-pend-sables encore en jeu !
Jeudi 22 décembre 2005

Ca y est, Noël est presque là.

Je me connais, dans quatre jours, repue de foie gras, une tasse de thé à la main, je me dirai un peu blasée, cette année encore : « Ca y est, c’est de l’histoire ancienne. Tant de frénésie et d’anticipation pour ces quelques heures fugaces ! Pfff… ».

Très vite, je dirai à tout bout de champs, que j’ai envie de passer aux beaux jours alors que l’hiver ne vit que ses premières heures, à la chaleur de l’été et ses promesses de vacances, et enfin, au prochain Noël éphémère.

Mais, au fond de moi, j’essaierai de me délecter de chaque instant passé, en vie, entourée des gens que j’aime.

¤ Incohérences coutumières ¤

 

Arrive la nouvelle un peu moins bonne. Voilà, à partir de ce soir, je fais une trêve d’au moins dix jours.

J’entends déjà les cris de désespoir s’élever aux quatre coins de la blogosphère ¤ mais une sphère a-t-elle seulement des coins ? ¤, les menaces irréfléchies de suicide, les appels au boycott de mes produits bio vendus dans toutes les bonnes surfaces, le bruit de l’arrachage des posters 4x3 à mon effigie. Je sais que ces éclats ne sont que les manifestations spontanées des âmes perdues que j’essaie de guider vers la lumière. Mais ils prendront fin très vite.

Je sais aussi que les autres, mêmes s’ils sont plus discrets éprouveront aussi le plus grand mal à vivre sans lire de mes nouvelles dans les prochains jours, oui, oui, je le sais, pas la peine de nier en silence en faisant les fiers, essuyez vos larmes.

Faîtes taire votre colère intérieure, bande d’impies. Vous croyiez vraiment que j’aurais pu vous laisser comme ça, dans l’obscurité ?

Magnanime comme à mon habitude, j’ai pensé à vous, fidèles disciplecteurs ¤ oui, je sais, ce mot n’existe pas, mais j’ai le droit d’inventer ce que je veux, je suis un guru oui ou zut ? ¤. Aussi, je suis sûre que ces quelques conseils vous permettront d’aborder ma très courte absence avec plus de sérénité.

- Faites un peu de bien autour de vous

- Si vous aimez, dites-le ou faites-le savoir

- N’abusez pas du chocolat/foie gras

- Achetez mes produits bio

- Chouchoutez les vôtres (et faites-vous chouchouter aussi , y’a pas d’raison !)

- Souriez un peu plus, même si vous n’êtes pas filmés

- Prenez le temps de faire des choses qui vous font plaisir

- Réjouissez-vous de petits bonheurs simples

- Faîtes attention à vous, à vos proches

- Pensez à arroser vos plantes

- Recollez-moi donc ce poster déchiré

- Faites un peu l’andouille, ça fait du bien

- Méfiez-vous des faux gurus qui vous disent quoi faire et endorment vos esprits



Joyeuses fêtes à tous !

Jeudi 27 octobre 2005

Le guide, Chai, me demande si je veux du bonheur.
J’ai confiance en lui, un homme qui parle si bien le français ne peut pas être mauvais.
Je réponds un grand oui. Mettons toutes les chances de notre côté, hein ?

Et là, sous mes yeux médusés, il passe le pouce sur le front d’une tête de bouddha recouverte de feuilles d’or avant d’appliquer les paillettes d’or fin sur mon propre front.

Je suis terrorisée. Il a touché une tête de bouddha avant de me toucher moi.

Je ne pensais même pas qu’on pouvait TOUCHER UNE TÊTE de statue ici.

Je me dis qu’il vient peut-être de me vouer à une damnation certaine dans mes vingt-huit prochaines vies, mais ce n’est pas bien grave, j’ai une compensation : quand le soleil tape sur mon front et que je bouge la tête en cadence, on dirait que je suis une boule à facettes.

Je fais des émules : d’autres gens du groupe demandent à Chai de leur procurer du bonheur, et voilà bientôt une bande de bienheureux au front doré, le sourire aux lèvres, chantant les vertus de l’amour et de la joie, back to the summer of love… ¤ Le sexe, les pétards et les fringues patchwork à franges en moins ¤

 

Nous faisons un petit tour dans le marché à côté des ruines où le Loup acquiert un couteau pour son père ¤ quelle étrange idée…¤ et moi un éventail pour ma propre personne ¤ y’a pas d’raison ¤.

 

Perché sur une branche, un petit garçon à l’air calme parle à sa famille.

Je demande à son père si je peux le prendre en photo avec ma fameuse phrase fétiche. Il accepte, je shoote, je montre la photo au fiston, au papa, à la maman, je remercie tout le monde « khorb khoun kha ».

Le petit garçon dans les branches à Ayuthaya


 Je cours rejoindre mon groupe dans les ruines d’un temple.
Comme d’habitude, c’est beau.

Mercredi 19 octobre 2005

Ce matin, levés de bonne heure, nous partons pour Ayuthaya, ancienne capitale du Siam, à 85 km de Bangkok.

Le long de la route se vendent, entre autres :
- des autels pour les esprits de la maison
- des enjoliveurs
- des fruits
- des saucisses
- des scooters à 15 000 bahts (soit 300 euros)
 

Les ruines des temples à Ayuthaya sont belles, je me crois dans un décor de film.

 Ruines d'Ayuthaya Ruines d'Ayuthaya 2

Je m’attends à voir débarquer Indiana Jones et son fouet d’un moment à l’autre.

Je me demande ce que je fais là, loin de chez moi, dans ce rêve qui n’en finit pas.
Je suis en Thaïlande, à l'autre bout du monde.

Il faut être prudent, regarder où on met les pieds. Les ruines commencent seulement à être réhabilitées, et fouillées par des pros, les Thaïs ayant longtemps négligé ces terres qui ont été le cadre d’innombrables guerres avec les Birmans.

Le plus grand Bouddha assis de Thaïlande est là.

 Buddha at Ayuthaya


A côté de son séant de près de 9,55 mètres de large, mon derrière paraît ¤ pour une fois ¤ tout petit.

Assis, il fait déjà 16 mètres de haut.
Rester assis, dans cette position toute la journée.


J’imagine que la moiteur de la nuit, quand les fidèles sont rentrés chez eux et que les moines sont endormis, le Bouddha assis détend ses membres de géant, en s’étirant de tout son long.

Il doit aussi masser sa mâchoire et ses joues crispées d’avoir souri toute la journée.
Il va sfaire un tour dans les ruines, avant de contempler le ciel et les étoiles, debout.
Il fait la roue et assouplit, étire une dernière fois ses muscles.

Et quand vient l’heure de retourner sur son piédestal, il sème derrière lui des grains de gazon nouveau à croissance ultra rapide pour masquer ses pas.
Quelques soirs par an, les images de Bouddha doivent faire une fête, comme un grand rassemblement, il y a des chaises pour les Bouddha debout, des cours de stretching pour leurs confrères assis et ils doivent parler des touristes, des étudiants en Beaux-Arts qui les restaurent, des fois où on a failli découvrir le pot-aux-roses sur leurs escapades nocturnes.

Ensuite, ils se quittent en se promettant de se revoir à la prochaine réunion.

 

Ha ! La statue a bougé !
Il a penché la tête vers moi et mettant l’index devant ses lèvres, il m’a dit "chut".
Si personne autour de moi ne semble s’émouvoir de la situation, c’est ¤ évidemment ¤ parce qu’ils ne voient pas ce que je vois.

Je fais un clin d’œil à Buddha. Avec moi, son secret sera bien gardé. Euh.. enfin...

- Dis Boudhha, je peux quand même en parler sur mon blog ?

Il manifeste son assentiment en fermant les yeux.

- Merci Buddha !

à suivre...

Mardi 18 octobre 2005

Le soir, après un saut dans la pistoche de l’hôtel, et un repos bien mérité, nous allons à un dîner spectacle.

Le guide avait précisé que les dames devaient se maquiller :
« ça fait du bien d’être belle... pour changer ! »

Je ne sais pas pourquoi il M’a regardée en disant ça.
C'est vrai, j'ai le cheveu fou. C'est vrai, j'ai des poches sous les yeux.
C'est vrai, je me promène en tongues et short.
OK, sur mon petit orteil gauche, le vernis s'est écaillé.

Mais je suis en vacances !
¤ et puis, comme on doit être debout toius les jours au pipirit' chantan/premier chant du coq, je mets au défi tout artifice cosmétique usuel de me rendre une apparence  humaine. ¤
Dépitée, je fais quand même ¤ mauvaise ¤ mine de rien.

 

Le dîner est chouette : du riz, du bouillon avec des boules de bœuf, de la soupe piquante au lait de coco, du poulet au curry, des légumes-vapeur croquants.

Le spectacle est sympa, ce sont des danses folkloriques, mais nous sommes un peu loin de la scène. ¤ Et puis, c’est lent ¤. C’est beau. ¤ mais lent, mes amis ! ¤.

 

Le soir, nous décidons d’aller avec un autre couple visiter le marché de nuit de Pat Phong à Bangkok, célèbre pour ses imitations de grandes marques de luxe et les « filles qui travaillent » ¤ c'est la traduction littérale du mot "prostituée" en thaï. ¤.

Les montres Chanel se vendent entre 1 300 et 300 bahts (26 et 6 euros).

Dans les bars grands ouverts sur les rues du marché, les femmes se trémoussent, aguichant le passant, célibataire ou pas, homme ou pas, et attendant que les rabatteurs aient convaincu un touriste d’assister à une démo de Pussy Ping Pong ¤ ceux qui ont vu Priscilla Folle du Désert comprendront tout de suite, les autres doivent imaginer dans quels endroits -- habituellement utilisés à d'autres fins -- une femme peut faire disparaître une balle de tennis de table, avant de l'en expulser ¤.

 

You wanna get pussy ? You want some pussy Sir ? Madam ?

¤ Non, merci, je suis assez satisfaite de mon pussy.¤

 

Nous traversons la rue en moins de deux minutes, sans nous faire écraser ¤ ce qui relève de l’exploit car en Thaïlande, les automobilistes sont connus pour ne considérer les feux tricolores et les passages cloutés comme de simples indications à la valeur symboliquement abstraite et totalement ignorable, si si, je vous assure, les Thaïs eux-mêmes reconnaissent volontiers qu'ils sont dingues au volant. ¤ et tout ça pour prendre en photo un Ronald Mc Donald en train de faire le wai, le salut traditionnel.

à suivre...

 

Jeudi 13 octobre 2005

Je déglutis difficilement, et consciente de la défaite qui s’annonce, la gorge nouée, je lance encore une fois ¤ en me promettant que c’est la dernière fois que j’écorche l’idiome ¤ je répète tout de même avec la mine craintive de l’élève de CP qui regarde la maîtresse après avoir déchiffré un mot difficile :

« Thay rouup day may kha ? »

 

Incrédule, ses yeux me scannent quelques instants, jusqu'à ce que...
Oui, je crois lire dans ses yeux l’éclair de la compréhension ! Contact établi ! Yessss !

 

Contrairement au petit lard de la veille, elle est impressionnée ¤ mouais, je sais… ¤ par ma maîtrise du thaï.

Elle en oublie presque de répondre et finit par lâcher dans un sourire que son appareil dentaire fait étinceler : « may dai ! »

Ha !

Non seulement elle a compris, mais en plus, elle interpelle ses amies en leur répétant mon : « thay rouup ». Je me sens aussi fière que si j’avais réussi à mettre une bonne claque à mon ancienne boss en la traitant de couillonne épaisse. ¤ Ca vaut bien une petite danse de la victoire ? Non ? bon… OK. Mais prend-toi ça dans la face, toi, le petit ricaneur, impénitent de la veille. ¤

Je prends en photo mes nouvelles amies, j’ai gagné ma journée et je toise le Loup qui a ¤ enfin ¤ compris que j’ai en ma possession un pouvoir terrible : quelques mots de thaï.

 

Il sait désormais que je peux donc le faire passer, à son insu, pour un ignoble négrier, un tortionnaire, un imbécile en associant quelques mots dans la langue locale. ¤ Je me suis déjà entraînée à saper sa réputation auprès de la boulangère qui, si elle n’a pas compris que je délirais totalement, doit penser que je suis une sainte de rester avec un gars qui m’a pris mes papiers et m’oblige à aller chercher le pain à 07h00 du mat’ alors qu’il fait la grasse mat’. Je sais, je suis diabolique. Vous tremblez de peur tellement mon esprit est vilain. Je le sens. ¤

Lundi 10 octobre 2005

- Good morning !
- Sa wat dee Kha !

La jeune écolière au sourire émail et acier veut me poser des questions en anglais, c’est pour son école, et me demande si je veux bien répondre à des questions en anglais pour son école, et elle me montre qu’elle s’est munie d’un petit magnétophone grâce auquel elle enregistrera mes réactions et paroles extrêmement intéressantes.

Je dis oui à tout. Moi, j’aime bien me faire interviewer.

Elle appelle une amie restée en retrait.
Les questions portent d’abord sur moi, d’où je viens, puis on embraye sur la Thaïlande, si c’est la première fois que je viens, ce que je suis venue y faire, depuis combien de temps j’y suis, et pour combien de jours encore, ce que j’aime, ce qui me plaît le plus.

A chacune de mes réponses, l’intervieweuse découvre largement son appareil dentaire dans un sourire que partage son ingénieure du son qui, tout de même concentrée sur son travail, continue de s’assurer que le magnéto fonctionne comme il faut. Toutes deux opinent du chef en cadence, à chacun de mes mots, paraissant contentes soit de mes réponses, soit de leur compréhension de ce que je dis, soit de l’avancée de leur devoir, soit de la vie, soit de tout ça parce qu’elles sont Thaïes et que le sourire ici est une seconde nature.

¤ J’ai l’impression que d’ici la fin du séjour, j’aurai amplement le temps de contempler un nombre incalculable de dents. ¤

La joie qui se lit sur leur visage me fait sourire aussi : moi, j’aime bien me faire interviewer.
¤ Si vous pensez que je me répète, c'est bien, ça veut dire que vous suivez : 2 bons points pour les fayots. ¤

 


A la fin de cette entrevue très mignonne, elles me demandent si elles peuvent me prendre en photo.

Je réponds dans leur langue : may day !
Ca veut dire, « c’est possible. »

La fierté doit déformer mon visage, j’ai envie d’exécuter une petite danse de la victoire comme ça, là, au sein du Palais Royal, mais cette partie de ma conscience qui m’avise sagement en certaines occasions critiques  ¤ par exemple, quand je suis sur le point d’acheter des bas résilles orange, de « Bonjour Monsieur » à une dame un peu androgyne, d’éclater de rire quand mon boss se radine avec sa banane porte-feuille, oui, on en vend encore, et non, mon boss n’est pas épicier et ne fait pas les marchés ¤ m’envoie des messages d’alerte du genre « YOU'RE ABOUT TO DO SOME KIND OF A BAD MOVE, BABY! BAD MOVE! »

Donc, écoutant mon conseiller intérieur, dignement, je me rapproche de mon intervieweuse qu’elle était trop sympa et une troisième fille vient nous prendre en photo. ¤ Un sens de la répartition des tâches d’inspiration taylorienne, ces gamines ¤

Clic-clac ! La photo est prise.

Je suis une géante à côté de ces filles, moi si marron foncé (j’ai déjà beaucoup bronzé, chouette !) le cheveu en folie et elles, si pâles, les cheveux disciplinés. Ca va les faire marrer en classe !

Je décide de garder aussi un souvenir de cette rencontre et je réitère, sur un ton malassuré, mon désormais célèbre : « Thai rouup day may kha ? »

Elle me regarde, les yeux écarquillés…

à suivre...

Jeudi 6 octobre 2005

L’eau est partout où nous allons : le long des routes il y a des marais salants, des mares, de petits canaux.

Sur des panneaux verts, en lettres blanches, se détache le nom des villes écrit en thaï et dans leur transcription en alphabet romain.

Des photos de la famille royale, des députés émaillent notre chemin.

J’ai compté plus d’une centaine de drapeaux thaïlandais accompagnés de ceux de la reine ou du roi.

 

Notre guide chante Comme d’habitude.

Il a découvert le français en écoutant des disques de Mireille Mathieu et a perfectionné sa pratique sur les bancs de l’Alliance Française et avec ses voisins, un couple franco-thaï.

 

Assis derrière nous, un vieux con qui sait tout parle encore et je refuse de m’énerver plus que ça. Je suis en vacances. Zen.

 

Le déjeuner à l’hôtel SD avenue est a-roi comme on dit ici. Délicieux !

La salade épicée de papayes a un goût céleste. Ca pique mais c’est tellement bon que j’en redemande. Ma langue malmenée se console enfin avec un dessert étrange : une soupe glacée de bonbons locaux (un peu comme des haribos).

 

Visite du Palais Royal (où n’habite pas l’actuelle famille royale).

 Palais royal

Le Palais Royal est constitué de tout un tas de belles constructions : Chaque roi a fait construire un bâtiment dans le Palais Royal, aussi y voit-on se côtoyer plusieurs écoles architecturales, du classique italien, du Renaissance, un édifice de style victorien…

Bâtiments du Palais Royal Statue de Chef de moines au Palais royal

 

Sur un mur d’enceinte long de quelques kilomètres court une fresque foisonnant de détails, qui raconte l’histoire des premiers rois thaïs. Les effets de perspective, le soin apporté aux détails, les couleurs, les sentiments qui naissent de la contemplation de cette œuvre monumentale sont inexplicables.

Pieds nus, nous foulons le sol du célèbre Wat Phra keo où médite le Bouddha de jade. Il n’est guère plus grand que le Manneken Pis, mais beaucoup plus protégé que son cousin belge : il est interdit de le prendre en photo de près.

Il est petit mais impressionnant car il est haut placé.

Les bouddhistes estiment que rien ne doit être plus haut que la tête de Bouddha.

De même, quand on rencontre un moine ou une personne âgée, un dignitaire, etc. il faut baisser la tête de telle sorte qu’elle soit plus bas que celle de notre honorable vis-à-vis.



Alors que nous remettons nos chaussures à la sortie du temple, j’aperçois quelques écolières en uniforme : jupe marine plissée et blouse blanche.

Elles se déplacent en grappe et ont l’air à l’affût de quelque chose.

L’une d’elles me regarde, et timidement, se retourne vers les autres qui ne tardent pas à la pousser vers moi. Elle hésite, minaude, et interroge ses camarades. Mon sourire semble lui donne le courage qui lui manque. Le petit groupe s’approche. Elle avance de deux pas et me dit :

- Hello!
- Sa wat dee Kha!

à suivre...

Jeudi 29 septembre 2005

Un choc.

Il est couché. Là, tout près de moi.

Je pourrais le toucher juste en tendant le bras. Mais je n’ose pas.

Jusque ici, je n’en avais vu que dans des magasines, des manuels scolaires ou à la télé. Quelques centimètres tout au plus.

 

Mais il est là devant moi, gigantesque. Paisible, brillant, rayonnant, il sourit.

 

Bon d’accord, ce n’est pas le premier Bouddha que je vois, mais celui-ci a un effet puissant sur moi. Les mots que je n’ai pas trouve pas pour exprimer ce que je ressens se sont liquéfiés, ils tombent de mes yeux grand’ ouverts et coulent sur mes joues.

Je suis si petite, si insignifiante et lui, si grand, si calme, me sourit.

Le Loup me prend dans ses bras.

Tout ceci est bien réel.

Bouddha allongé au Wat Phra Pathom Chedi

 

Nous sommes dans la ville de Nakhom Pathom, au Wat Phra Pathom avec son toit en tuiles de terre cuite vernies, percé de trous pour la circulation de l’air. Ce temple abrite le plus haut chédi du pays : 127 mètres de haut, 230 de circonférence.

On y trouve aussi un bouddha haut de 9 mètres, en cuivre et bronze, recouvert d’or. Des fidèles chantent, prient et achètent des feuilles d’or avant d’aller en recouvrir les petites images de Bouddha.

Buddha at Nakhom Pathom

 

Le chédi est si grand, si rond, si beau, comme un sein brillant sorti de terre. J’avais envie de l’étreindre, sentir la chaleur de la pierre comme on se réconforte contre le flanc de sa mère. Un peu de tranquillité qui fait que l’on est hors du monde.

 

Le chédi.

Le Bouddha couché.

Classroom for the monksLes bancs de l’école des bonzes sur la galerie d’un des bâtiments attenant au temple étaient vides, au mur, des tableaux recouverts de lettres d’or. 

Une bonzesse, le crâne rasé, tout de blanc vêtue qui nettoie le temple.

 

Et à quelques mètres de là, un homme installé à une table, sous un parasol, qui annonce au micro le nom des donateurs qui permettent au temple de vivre.

 

Autel au Wat Phra Pathom Chedi
Mardi 27 septembre 2005

Au cours de cette promenade dans Damnoen Saduak, nous nous retrouvons derrière un groupe d’écoliers en uniforme vert et noir, et mes yeux croisent le regard de ce petit garçon boulot, tout serré dans son polo vert. Je sors la phrase que j’ai apprise par cœur depuis 15 jours.

- Thai rooup day may ?
- …

Il fait non de la tête, et répète ma phrase, hilare, à son camarade. Le Loup se marre lui aussi et pour finir de me marquer son soutien inébranlable, il ajoute :

- Je sais pas ce que tu lui as dit, mais ça avait l’air drôle…
- Je lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo.
- ah… ben il n’a pas l’air d’avoir compris.
- ben, si hein, il a pigé, il a fait non de la tête, hein ! M’enfin, moi, au moins, j’essaie de rentrer en contact avec l’autochtone. Il sait parler une langue étrangère le petit gras du bide sur pattes qui se poile comme un baleineau, hein peut-être ? Hein ? Et toi ? pourquoi tu te marres ? De nous deux, une seule personne a fait l’effort d’apprendre deux trois mots de la langue du pays et ce n’est pas toi. Alors, LA RAMENE PAS OK ????
- …

Je sais, s’en prendre verbalement aux enfants, dans leur dos, c’est bas ;
mal réagir aux remarques moqueuses de son amoureux, c’est de la susceptibilité.
Ouais.
Mais ça fait du bien.

Plus loin, des petites filles me regardent de haut en bas, l’air intimidé et intrigué. Le Loup me dit que ça doit être parce qu’elles ne voient pas souvent des Noires. Moi, je pense qu’elles admirent ma beauté éblouissante, et ma théorie est plus vraisemblable. Évidemment.

 

Allez hop, retour au bus où l’on nous propose d’acheter des assiettes au centre desquelles se trouvent… nos pommes !

Et oui, la photo de nous deux dans la pirogue prise à peine une heure et demie plus tôt, dans la pirogue a déjà été imprimée dans une petite assiette décorative, comme celle qu’on retrouve sur les buffets où dans les vaisseliers chez nos grands-mères. ¤ A ce sujet, il ne faut pas leur jeter la première pierre enroulée dans le dernier numéro de Maisons et Décoration, je rappelle que ce ne sont pas les vieux qui ramènent ce type de souvenirs kitschissimes chez eux, mais bel et bien leurs infâmes rejetons qui manifestent encore leur incompréhension totale de l'état d'esprit de la génération montante des seniors.
Et puis, un vieux, ça se sent tenu de montrer sa reconnaissance pour ces cadeaux à la con, ben oui, c’est poli un vieux, pas comme ces hordes de garnements d’aujourd’hui qui n’enlèvent leur casquette que pour dormir et qui ne céderont la place à personne dans le bus. Donc, bien obligé d’étoffer son expo "Souvenirs de vacances et Kitscheries en tout genre" dans des vitrines déjà fort encombrées, le vieux va devoir faire une place la miniature représentant vaguement une vache authentique mauve des Alpes, 100% plastoc prénommée affectueusement Milka, entre le soulier de porcelaine ramené d’Ibiza, le petit fanion en velours noir où Fréjus s’écrit en lettres d’or, et un gribouillis à la con par leur dernier petit-fils (le rejeton qu’ils sont obligés de garder pendant les vacances de Toussaint au lieu d’aller en croisière dans la Caraïbe…), quitte à pousser dans un coin cette ridicule lampe à fibres optiques offerte pour la Fête des Mères en 1986. ¤

Moi, ce genre de bibelots, c’est loin d’être ma tasse de thé et je ne tenais pas à infliger à nos proches (ni à leurs invités) la vue de nos deux bines mal réveillées au centre d’une assiette. DOnc, on n'a rien acheté, mais on s'en est mordu les doigts, quand on s’est dit que dans quelques semaines, on allait retrouver les invendus sur un stand aux Puces de Saint-Ouen. Et ben, je défis quiconque de pouvoir servir quoi que ce soit de bon dans ces assiettes, vu les faces de rat sous hypnose qu’on affichait.

 
 
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