Oui, parce que Le Loup, il me nargue toujours avec sa super bonne mémoire, et surtout, il ne comprend pas pourquoi je ne me souviens jamais de son planning alors qu'il me l'a pourtant annoncé la semaine d'avant, et qu'apparemment, j'avais même acquiescé vivement.
Oui, bon, il n'a qu'à pas me fournir ce genre d'infos quand je suis en pleine méditation devant une série, et ne pas confondre acquiescement éclairé et bienveillant et simple dodelinement ¤ oui, le mot existe, j'ai vérifié ¤ de la tête qui n'est le plus souvent qu'une manifestation de ma riche vie intérieure quant aux grands mystères de la vie, exemple : les sentiments qui poussent Meredith à persister avec McDreamy ¤ ceux qui savent de quoi je parle, savent de quoi je parle... ¤, l'influence de la force de Coriolis sur le sens de rotation des poissons dans l'aquarium ¤ ça, c'est un truc pour toi, Sev... ¤, ou la propension qu'a ma chemise blanche préférée à s'effilocher.
Mais là, samedi dernier, VENGEANCE !!!
Avec ma cousine, nous étions en train de rejouer les répliques cultes d'un spot de pub pour une tablette de chocolat :
- Et la marmotte, elle met le chocolat, dans la papier d'alu.
- Mais bien sûr !
quand le Loup affichant la mine du mec qui ne pige rien nous a demandé de répéter, ce que nous avons fait, mais sans résultat visible sur sa face d'oublieux.
- Mais, oui, tu sais bien, la pub, là...
- Ben non.
- Les marmottes, la vache, le chocolat, le couple avec la femme dubitative, même que la nana, c'est la même que dans la pub pour la banque, celle qui dit "Ni Eiffel Tower, ni fly-boat..."
- Ah non, désolée. Je ne vois pas.
Pff...
Il a OUBLIE un truc aussi primordial que ça ?
Une victoire savoureuse à mon actif.
Maintenant, je peux annoncer fièrement le nouveau score :
¤ Bon, je sais, ça fait pitié, mais ce serait autre chose si on pondérait tout ça par l'importance du sujet sur lequel portent les amnésies... Et puis, zut, vous êtes de quel côté, hein ? ¤
Un peu trop boudinée dans mon jean, le teint brouillé, les cheveux comme une masse informe et mousseuse indissociable de mon crâne.
Un de ces jours où l'on n'a pas envie de se reconnaître dans la glace.
Avec le Loup, nous allons prendre l'air.
Sur le quai du métro, j'observe en douce.
Des filles si maigres qu'on ne les voit pas de profil.
D'autres qui passent derrière des affiches sans les décoller.
Un autre qu'on peut faxer.
Mon bras a plus de chair que la gambette de celle-ci.
Faméliques.
J'ai beau me dire qu'elles sont limite maladives, qu'elles font pitié plutôt qu'envie, qu'elles doivent trouer leurs vêtements de poupée aux coudes et aux genoux tellement leurs articulations sont saillantes... je suis jalouse.
On doit se sentir plus à l'aise dans le bus quand on a un si petit cul.
Ca doit être aussi jouissif que d'avoir une Smart quand il ne reste que des places ridiculement petite, des mouchoirs de poche pour se garer.
Ca fait quoi de marcher sans faire trembler le sol ?
Pour me sentir moins obèse, il faudrait que je perde l'équivalent d'une jambe.
Que va dire Maman quand elle me verra ? Que j'ai enflé, que je devrais faire du sport de manière plus assidue, qu'elle connaît ce drainant super efficace ?
Ah, heureusement l'arrivée de filles à fesses, des filles qui ont de la poitrine, pas des piqûres de guêpes, des non-anorexiques me sort de mon anticipation des reproches maternels.
Ce ne sont ni thons, ni des obèses.
Certaines ont même le minois mignon.
Juste des filles pas retouchées parfaites comme dans les magazines, mais que tout un tas de gens n'hésiteront pas à complexer à la première occasion. ¤ Bien entendu, ce n'est pas mon genre... ¤
Tiens...
une chose me frappe...
Est-ce que ça voudrait dire que...
Non...
Peut-être que les hommes commencent à comprendre...
Mais bien sûr !
Il faut que je fasse part de ma découverte au Loup...
Sur le ton de la confidence, je lui chuchote, tout heureuse :
- Je suis satisfaite de voir que les "grosses" ¤ moi aussi, je me mets à dire grosses alors qu'elles ont juste plus que la peau sur les os... argh, les rédactrices de mode ont eu ma peau... ¤ sont maquées, alors que les minces/maigres sont célibataires. ¤ je le sais car elles sont seules, et cet air mêlant la tristesse et le désespoir mal dissimulés au message "Attention, j'ai l'air d'être heureuse et comblée, mais je suis quand même disponible, hein, mais c'est surtout parce que je n'ai pas le temps de me consacrer à la recherche de l'âme soeur, trop de boulot, vous comprenez" je l'ai tant arboré pendant quelques mois qu'il ne peut me tromper. ¤
Je finsi ma phrase sur un clin d'oeil.
Je suis Marie Curie, je viens de découvrir le radium.
Ce à quoi le Loup répond :
- Tu veux dire que, une fois en couple, les filles se mettent à grossir ?
Oui.
Bon.
Merci le Loup.
¤ Là pour le coup, je passe de Marie Curie à Rosalind Franklin, la chercheuse oubliée et bafouée, dont les travaux ont pourtant mené à la découverte de la structure de l'ADN... ¤
Maintenant, je me sens vraiment grosse,
mais au moins, j'ai quelqu'un à enquiquiner avec mes histoires.
- Et puis, tu sais, mon nez graisse...
- Non, ma.
- Quoi, ma ?
- Ben ma.
- Mais ma quoi ?
- Ta nez graisse.
Le Loup, il n'a même pas rigolé.
¤ Parfois, ce type n'est pas drôle. ¤
La deuxième fois que j’ai rencontré les Parents Loup, c’était chez eux, dans leur jardin, autour d’un bon petit repas.
Ils avaient invité la grande-tante et le grand-oncle du Loup.
Ils étaient très gentils avec moi, me posant des questions sur le rhum, les différents sables, les alizés, et puis… mon travail. C’est Grande Tante qui s’est montrée curieuse...
- Et vous êtes de heu…
Non, je rigole, ça c’était les notes d’avant…
En vrai, elle a dit :
- Et vous faîtes quoi dans la vie, Jazz ?
- Heu… Aïe…
- Pourquoi « aïe » ?
- C’est que… je suis… strip-teaseuse.
- Ah. C’est vrai ? Mais c’est un métier comme un autre.
Pas bégueule la grande-tante…
- C’est vrai, vous avez raison mais tant de gens sont surpris. Je n’ai pas vraiment le corps pour.
- Mais non, qu’est-ce que vous racontez ?
- … merci, c’est gentil.
- Alors comme ça, vous dansez ?
- Hé oui, c’est comme ça que je gagne ma vie.
- Hé bien, tant que vous gagnez votre vie honnêtement…
- Non, en fait, je fais quelque chose de pire : je travaille dans une agence de communication.
- Ah… C’est bien aussi.
S’ils étaient déçus que je ne sois pas lap-danseuse, ils ne l’ont guère montré.
Loup Mère et Père qui jusqu’alors avaient soigneusement évité de se regarder pour ne pas pouffer pendant mon canular ont ri de bon cœur, rejoints par Grand Oncle et Grande Tante, bon joueurs.
Le Loup, mon troisième complice silencieux, dans cette blagounette, s’est contenté de sourire, secouant la tête l’air de dire « ah la la, tu racontes vraiment n’importe quoi mais je t’aime bien quand même, va ».
Il n’a pas vraiment mérite d’avoir marché dans la combine, il est immunisé et s’attend à tout de ma part.
God only knows what I'd be without you,
God only knows what I'd be without you,
God only knows,
God only knows...
Les Beach Boys se taisent, l'épisode* commence...
Bill Henrickson (Bill Paxton), regarde sa première épouse Barbara (Jeanne Tripplehorn)
avec un amour débordant. Elle est belle dans cette petite robe simple, elle a de la
répartie, du charme, elle sait gérer une famille, ils sont ensemble depuis longtemps...
Je m'exclame :
- Quel acteur ! Ce regard qu'il a ! Non, vraiment, Bill Paxton arrive à me faire croire
qu'il est amoureux de Jeanne Tripplehorn ! Comment fait-il pour paraître si amoureux.
C'est tout en subtilité, en nuances, un regard, pas un mot, et voilà... Il est fort !
Je dis bravo.
Au fond de moi, j'envie l'être que l'on aime ainsi avec un regard qui en dit long...
Mais ce n'est que de la télévision.
Peut-être qu'il pense à sa femme.
Peut-être s'est-il tellement investi de son personnage, qu'il est devenu Henrickson le
temps d'un épisode, d'une saison, entre "Action!" et "Cut! That's a wrap for today!"
le Bill Henrickson amoureux de Barb.
Mouais. ce doit être ça.
- Non, mais regarde le Loup... Tu ne trouves pas ça incroyable ? Comment fait-il
pour avoir CE regard-là ? Moi, j'y crois ! A fond ! Ca respire l'amour ces yeux-là.
- C'est simple, me répond le Loup très sérieux. Il s'est inspiré de moi.
Il est venu m'observer pendant quelques jours. Là, il a compris qu'il n'arriverait
jamais à avoir la même intensité, mais il s'en rapproche assez bien.
Trop fort ce loup...
* Je vous recommande Big Love, série produite par Tom Hanks, sur la vie d'un polygame discret un
peu en marge de la communauté mormone en Utah, de ses trois épouses et de leurs sept enfants...
Attention, ce n'est pas une comédie !
Compte-rendu partiel et partial de la conversation assez fidèle à sa teneur.
- Ah, bon, zut ! ¤ je savais que quelque chose clochait puisque ces crève-la-faim boudaient anormalement les nombreuses billes à la surface -- j'en avais mis trois fois trop -- et se rangeaient en bataillon calme au fond de l'aquarium pour digérer alors qu'en temps normal, ils jouent les exocets ou se coursent comme des dingues entre les plantes. ¤ Voilà qui n'arrange apsa mes affaires, comment voudra-t-il faire des enfants avec une personne qui ne sait même pas nourrir ses poissons ? Je ne suis qu'une piscicide ! ¤ Dis, sinon, tu veux manger quoi ce soir pour marquer le coup ?
- Pfff... Je sais pas, choisis.
- Bon, OK.
- Sinon, je t'aime. ¤ trop tard, j'avais déjà raccroché ¤
Encore une fois, me suis fait avoir, Loup profitant honteusement de ma culpabilité pour me laisser dans le pétrin après avoir décliné mon invitation au restal -- si pratique romantique.
Vais devoir trouver une idée de menu un peu chouette et festif qui convienne à ses papilles gustatives si délicates et sélectives, ET me fader la préparation. Il va se taper la vaisselle, mais c'est si peu cher payé...
Je l'aurai un jour, je l'aurai.
Quand le Loup s’est emparé de mon cœur, les mots ont été ses armes les plus douces et les plus efficaces. Il m’a dit que pour moi, il allait trouver le temps.
Ce n’est rien, un peu de temps, jamais rien d’autre qu’un peu de temps, quelques heures, quelques minutes, des secondes qui s’envolent et ne reviendront pas. Mais pour celle que j’étais, celle qui sortait de deux relations longues et éprouvantes, où le temps lui était toujours arraché, volé, et parfois, parfois seulement, alloué avec parcimonie, c’était le monde entier, c’était inespéré.
Avoir un enfant avec le Loup, bien que j’en parle beaucoup, ce n’est pour moi qu’une lointaine réalité aux contours un peu flous, une plaisanterie, une exigence pressante de ma mère, une pub Benetton, un prénom aux airs surannés. J’avais d’ailleurs décidé d’arrêter d’évoquer le sujet parce que finalement, il fallait encore attendre que le Loup ait une situation plus stable, que de toutes les façons, je n’étais pas prête, que ça n’urgeait pas. Et puis, je voulais savoir si lui allait mettre le sujet sur le tapis, même en badinerie.
Je lui avais fait promettre qu’il me ferait signe le jour où il voudrait qu’on s’y mette, lui qui ne veut pas me brusquer, lui si « easy-going », lui qui sait si bien comment s’y prendre pour que JE prenne les devants.
Un peu plus tard, au MégaMagasin de la Vierge Britannique, j’avais aperçu le livre L’odyssée de la Vie tiré du documentaire éponyme diffusé sur la 2. Je me suis jetée dessus pour vérifier que les images reflétaient bien la mauvaise humeur lisible sur le visage lisse du fœtus en 3D. J’informais le Loup que ce serait bien le genre de livres qu’il pourrait m’offrir pendant ma grossesse. Lointaine réalité pour moi. Lointaine, si lointaine que je me disais in petto et ridens que d’ici là, je pourrais probablement lire ce bouquin en hologrammes. Et puis le choc m’a secouée. Il a juste dit, sur ce ton rassurant :
En temps normal, j’aurais vite fait de lui demander « T’as du retard? », ou « Qui est la mère ? », me réfugiant dans la dérision.
Mais là, au milieu des escaliers, dans ce grand magasin où tout avait disparu sauf lui et moi, j’ai compris. Immobilisée. Mon cœur s’est arrêté. Sa phrase rebondissait contre les parois de mon crâne trop petit pour tout contenir, et sensation familière, les digues qui ont menacé de craquer sous la pression de mes larmes, ont laissé s’échapper deux trois gouttelettes têtues.
Avec un mot, le Loup, qui est père depuis toujours dans sa tête, m’a rapproché de la maternité. Avec un mot. Bientôt.
____
[edit de 16h48 : non, je ne suis pas enceinte, non non non, rien n'a été prévu pour les six prochains mois, non, c'est juste que les contours de la réalité qu'est une grossesse ensemble semblent moins flous... Ca veut dire que bientôt, nous pourrons envisager cette possibilité de manière plus concrète, mais pour l'instant, pas la peine de préparer de baby-shower !]
Mon blog est passé à la télé. Et pas que l'en-tête, une partie de la note "Plus de taf, moins de blog" et d’une autre aussi, oui Madame !

Où ça ?
Dans + Clair, l'émission de Canal + qui décrypte les médias.
Ils ont dit des âneries, mais bon, j’endors mon sens critique and won’t bite the hand that feeds.
Heu... attendez, je n’ai pas de pression de clients, d’actionnaires ni de patrons. Les gens qui viennent ici le font, j’ose l’espérer en tout cas, parce qu’ils le veulent. Je suis libre de dire par exemple que dans cette émission que j’aime bien, ils ont laissé dire à une femme interviewée (je ne sais plus qui c’est) dans le sujet que le « log » dans « blog » venait de « se connecter à Internet ». Wrong answer ! C’est certes une acception du mot, mais un log, c’est aussi un journal de bord, un répertoire d’entrées et de sorties, etc. Mais bon. Tout le monde a droit à l’erreur, les blogueurs et initiés auront rectifié d’eux-mêmes, et ceusses qui ne savent pas auront en tout cas une idée plus précise de ce que c’est que ce truc que les d’jeuns qui utilisent les nouveaux minitels pour aller sur le 3615 Veb y écrivent en « est-ce MS » dedans, comme quand ils se causent par « l’hyène » sur « Aime Arsène » par exemple. Probablement pour dire des cochonneries encore. Y’a pu d’jeunesse, moi j’vous l’dis !
Ont-ils dit autre chose ?
En fait après l’apparition de mon en-tête, j’ai eu du mal à me concentrer, tellement la folie m’envahissait. Ce n’est rien que de la vanité, mais ça m’a fait plaisir.
J'ai réussi à obtenir du Loup qu'il m'enregistre une rediff, sans qu'il pose trop de questions.
- Le Loup, tu peux m’enregistrer le + Clair de cette semaine ?
- Pourquoi tu veux la voir ?
- Ben parce que j’aime bien cette émission. Tu l’enregistreras ?
- Ah bon ? Je pensais que tu n’aimais pas particulièrement.
- Ben non, tu vois, j’aime bien râler contre les sourcils du rebeu des indiscrétions, les esquives de la blonde d’Arte, mais j’aime bien ce qu’ils racontent.
- Ah bon ? Mais pourquoi tu veux voir celle-là à tout prix ?
- Heu… Il paraît qu'il y a eu un truc intéressant et je ne sais pas de quoi il s'agit.
- Qui t'a dit qu'il y avait un truc bien ?
- Ben... heu... un... heu... des collègues !
- Et pourquoi tu leur a pas demandé ce qu'il y avait de si intéressant ?
- Pfff. Ils étaient en train de discuter de ça de manière très animée, en mangeant et je ne voulais pas les interrompre. C'est tout.
- Bon, OK.
Ah, ben quand même, c’est pas trop tôt !
Je ne sais pas ce qui lui a pris, d’habitude, il ne pose pas autant de problème. Je lui demande un truc, il fait sans broncher. Mon pouvoir du Jedi, une fois de plus m’a encore failli ?
Sursaut de curiosité ? Soupçons ? Sentait-il que je cachais quelque chose ?
J’avais le choix entre compter sur mon pouvoir de persuasion du Jedi ¤ trop inefficace ¤, de dire la vérité ¤ trop risqué ¤ et d’inventer un bobard crédible ¤ mieux, quoi que moralement répréhensible ¤
Ben ouais, je ne pouvais pas lui dire que mon blog était passé à la télé. Il ne doit pas savoir. Il en est resté au tout premier blog dont j'ai eu le malheur de lui donner l'adresse, parce que je me suis dit que son avis était important, que l'honnêteté dans le couple tout ça, qu'il n'y jetterait q'un oeil discret. Mais voilà qu’il lisait tout, analysait, et m’en parlait après. Du coup, je perdais ma liberté éditoriale : sous son regard, plus possible de pester contre lui, hors de question de me plaindre, d’exprimer ce que parfois je préfère taire mais qui ne posera plus problème une fois écrit, ne parlons même pas de modifier mes versions des faits sous un jour plus favorable pour moi ! J’étais tenue à l’objectivité.
Donc, j’ai menti.
Bien entendu, il aurait pu enregistrer l'émission sur une cassette d'une heure que j'aurais vite cachée en prétendant que je ne sais pas où elle a pu passer car bien des choses disparaissent dans notre appart' avant de refaire surface quand on n'en a plus besoin du tout, en nous narguant effrontément.
Mais non, trop facile.
Inconsciemment, il a voulu me faire payer pour mon mensonge.
Pour me rendre la tâche plus difficile, ce couillon a commis l'irréparable : utiliser une cassette de cinq heures. Une de celles sur lesquelles nous enregistrons nos émissions quand nous partons en vacances. Et je sais qu'un épisode de l'Île du Top Model ou de la Koh Academy viendra écraser les précieux centièmes de secondes où j'aperçois le haut de mon blog...
Et si d'aventure j'envisageais de rendre la cassette de cinq heures invisible, le simple fait d'imaginer la colère du Loup quand il cherchera cet objet rare met fin à toute intention fourbe.
Vous croyez que je suis une mauviette, que je devrais tout faire pour préserver la pellicule où sont gravés ces quelques courts instants que m'avait prédits Andy W. ?
Oui, m'enfin, bon, c'est pas vous qui aurez à supporter un Loup en train de jurer intérieurement jusqu’à ébullition, de mettre la maison sans dessus-dessous en prenant une voie suraiguë pour dire « p*tain, elle est où cette p*tain de cassette ? », « comment elle a fait pour disparaître… Je ne comprends pas ! Je ne comprends pas ! C'est le triangle des Bermudes ici ! », le voir devenir fou tout en sachant que c’est ma faute. Non, c’en est trop pour moi. Mais bon, le Loup, il est nul en cherchage. Vraiment nul. Je sais, je vis avec, hein. Quand ce ne sont pas les clés, c’est la carte bleue, ou le CD de tel artiste, ou son pass Navigo. Le pire, c’est qu’il cherche à l’endroit où il faut, il brûle, mais ne trouve pas tellement il est nul en cherchage.
Pour ma santé personnelle, je préfère l’aider à chercher, ce qui prend en général 10 secondes chrono en main, sauf les fois où il trouve avant moi, sans rien me dire évidemment, me laissant ainsi seule dans une quête inutile, jusqu’à ce qu’il me dise :
- Tu cherches quoi ?
- Ben, comme toi le Loup : tes clés/ton badge/ton lacet droit/ton téléphone portable éteint/ta tête.
- Mais c’est bon, je l’ai trouvé.
- Tu pouvais pas le dire avant ? Ca fait 10 minutes que je cherche pour rien, tu m’as fait râter un moment crucial dans mon émission. Pfff. Re-lou !
- Ah, je ne savais pas ma puce.
- Tu croyais que je soulevais le matelas pour me muscler, ou quoi ?
- Désolé.
- Bon, pas grave. ¤ gros nase que j’aime ¤
Voilà, si j’avais dit la vérité, je n’aurais pas pu écrire cette note par exemple.
Le Loup m'a assuré que les poches du jean qu’il s'est acheté sont cousues sous « l’équateur des fesses ».
Mon chéri me regarde et me sort :
- Dis donc, c'est un nouveau pantalon que tu as là ?
- Ouiiii
- Tu l'as acheté quand, pendant que j'étais pas là ?
- Non, hier, je t'ai dit que j'en avais besoin pour notre voyage...
- Ah, ben il te va bien ma Puce, il te fait de jolies fesses.
- (sourire béat).



