Quand jai commencé à avoir mes règles, la révolution Always nexistait pas.
1,5 cm de ouate mal agglomérée sur une large large large bande entourée de voile Pas danti-bactéries, pas dailettes de protection, pas dextra-longues, pas de super-fines, pas dultra absorbantes, un voile rêche € genre papier de verre € mais fragile qui assure un écoulement irrémédiable du sang vers les bords de vos dessous, ni parfumé, ni spécialement tissé pour concentrer le flux. Ladhésif était aussi collant quun mec qui ne vous aime plus, alors quon sait bien que : serviette mal fixée = fringues imbibées.
Bref, aucun confort, une paranoïa aiguë dès que vous tournez le dos à quelquun, un contrôle technique toutes les cinq minutes € et à chaque passage devant une surface même vaguement réfléchissante €, un sac qui a triplé de volume à cause des couches de rechange, et le risque de se taper laffiche comme les pets de Dame Auclesse.
Comme si avoir ses règles nétait pas encore assez inconfortable pour une novice comme moi, non, il fallait en remettre une couche !
Daccord, nos grandmères pouvaient déjà envier les progrès de cette époque pré-always.
A lâge où la nature leur permettait encore de faire tourner les mayonnaises ou les chodo* une fois par mois, cétait de vraies serviettes quil fallait laver et étendre de sorte que les voisins savaient qui était devenue « jeune fille » et qui ne létait plus.
Dailleurs, combien de jeunes femmes sont rentrées chez elles, accueillies par une raclée de leur père, se faisant traiter de bôbô**, questionnées sur leur emploi du temps des dix derniers mois € on nest jamais trop prudent €, parce que le voisin, M. Untel, navait pas vu une ribambelle de serviettes sur la corde à linge depuis fort longtemps ? Beaucoup !
Mais bon, Always, Vania et leurs copines ont encore quelques défis à venir.
La plupart des serviettes hygiéniques sont, pour une raison qui méchappe, aujourdhui encore, toujours plus large que lentrejambe dune culotte € même de celui dune culotte-bâche de grand-mère jai vérifié €
Les ailettes anti-fuite ne servent à rien dautre quà vous tâcher sur une surface plus étendue.
Les protège-slip ont lair davoir été baptisés par des mecs (ou des gens soucieux de léconomie dencre et despace sur lemballage) : pour info, nous, on porte plutôt des culottes, donc : protège-culotte. Logique.
Ceux-là, ils en ont fait des noirs, des profilés pour les strings, des parfumés, dautres qui sadaptent aux strings et aux culottes.
Mais pas de convergence entre les produits, non, non, non Nallons surtout pas trop vite. Ne répercutons pas toutes ces trouvailles partout ni tout de suite.
la suite...
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* chodo : mot créole désignant une boisson antillaise ressemblant un peu à de la crème anglaise très parfumée, servie traditionnellement lors des baptêmes ou de premières communions. (Mais c'est plutôt guadeloupéen, en Martinique, on sert plutôt un bon chocolat chaud épais avec du pain au lait.)
** bôbô : mot créole signifiant fille de mauvaise vie, traînée.
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