Mercredi 31 mai 2006
Un funambule émêché cherchant l'équilibre loin de son fil.
Une ballerine assumant ses gros mollets lacés d'or.
Une vieille précédant son déambulateur à carreaux.
Un très bel homme aux yeux charmeurs qui ne me quittaient plus.
Une déesse indienne endormie sans grâce sur son trône de skaï bleu.
Un lecteur en apnée.
Une mouche inquiète qui voulait (sa)voir l'heure de près.
Vendredi 26 mai 2006
Petite note inspirée par les dernières stats de fréquentation de la salle de bains.


A toi qui veux voir des photos de strings qui dépassent des jeans...
Quelle a dû être ta déception en tombant sur des singes trop mignons, mais pas de gueuss' flashés  en pleine tentative d'évasion d'un futal.

A toi qui veux en savoir plus sur le nudisme pendant les tâches ménagères...
A mon humble avis, un accident d'aspirateur est si vite arrivé...

A toi qui cherches la "plus belle fille noirte" (sic)...
On dit NOooooooooooiiiiiiiiiiiiiiIIIIRRRRRReeeeeEEEEEEEEEEEEEEEeeeeeeeeeeeeeeee.

A toi qui poses la question : "pour ou contre les rebeu"...
C'était bien ce que tu voulais taper ?

A toi qui es venu par ici en voulant savoir comment les loups font l'amour...
Très bien.
Jeudi 18 mai 2006
C'est marrant...
Je suis tombée sur ce blog-ci et ce blog-là un peu par hasard.

La Grande Loulou et Jimmy se font écho, celui-ci ayant laissé un commentaire chez la première.
Madison, dont je dois lire l'histoire ¤ arrrgh ¤, enrageait de ne pouvoir s'exprimer plus longuement sur le sujet.

Dans le billet qui m’a inspiré la présente note, La Grande Loulou s’interroge sur les racines, les origines.
Elle écrit :
« et vous, quelles sont vos origines ? Que transmettez-vous ? »
J'arrive en retard, les autres ont tout dit dans leurs commentaires…
Ou peut-être pas après tout.
La série Sinon, vous êtes… évoque un peu le sujet, mine de rien.

Forestine en commentaire, nous faisait savoir qu’elle n’avait jamais vraiment compris cette phrase qui lui était restée dans la tête et qu’Alice Walker avait mise dans la bouche de l’héroïne de La Couleur Pourpre :
« Quand vous vous regardez dans la glace, qu'est-ce que vous voyez? Une femme, je parie. Eh bien moi, je vois une noire. »

Dans la réponse que j’ai faite à ce commentaire, j’ai précisé :

Quand je me regarde dans la glace, je vois "Jazz", un mélange. Pas plus noire que femme, pas plus Antillaise que Parisienne, pas plus Européenne que Française. Je suis tout ça à la fois, et ça ne me pose pas de problème.

Le Loup, lui, est à la fois pied noir, normand, francilien, berrichon et inconnu.
Il n’a jamais été en Algérie, et je doute qu’il ait jamais mis un pied dans le Berry.
Quand je lui ai demandé s’il fallait définir ses origines, spontanément, il a lâché : « ben, c’est moi ! » sans vraiment y penser. Le Loup est un gars plein de sagesse.

Où sont mes origines ?
Elles sont ici et là.
A Paris, mon Paris, où je suis née et où je vis.
En Ile-de-France, un peu où j’ai vécu toute petite.
En Guadeloupe, l'archipel caraïbe que j'ai appris à aimer et où j’ai vécu mon adolescence.
Dans ma chère ville de Lille, où mes yeux ont tant scruté le ciel pâle.
Sous le soleil de la Baja California, où j’ai tant appris si vite.
En France hexagonale et d’Outre-Mer.
En Europe, parce que je m’entête à croire que nous sommes plus que des pays voisins.
Quelque part en Bretagne et en Normandie.
Quelque part en Inde.
Quelque part en Afrique un peu aussi, mais elle me paraît bien loin cette terre-là, et pourtant…

S’il fallait choisir une origine parmi toutes, je serais bien embêtée.
Je ne pourrais pas.
Je suis ça et ça, tour à tour et tout à la fois.

Mes racines ne sont pas celles de mes parents. Ce sont les miennes.
Ce sont celles que je me suis appropriées dans ce qu’ils m’ont transmis, dans ce que j’ai vécu, ce dont je me souviens, ce que j’intellectualise, ce qui trouve accueil en moi, ce qui me happe et me ravit, et parfois aussi ce qui me fait de la peine et me dégoûte.
Ce sont celles dont je me réclame, et celles que parfois je préfèrerais oublier, mais elles forment un tout, un noyau autour duquel viennent s’agglomérer d’autres influences.

Un mélange d'original et d'originel.

Mes nouvelles racines sont surtout là où je veux bien les faire prendre, là où elles s’épanouissent le mieux, là où elles veulent bien s’établir.
Je ne veux pas me laisser dépasser, engloutir par une culture que je n’ai pas embrassée. Et pourtant…
Dans ma culture française de France, dans ma culture antillaise il est des choses que je ne supporte pas. J’ai parfois une attitude très Parisienne qui parfois m’exaspère.
Non, je n’aime pas tout aveuglément.
J’ai la chance d’avoir reçu certains éléments donnés sans imposer, j’ai aussi la chance d’avoir pu choisir ce que je voulais garder de cet héritage. Tout le monde n’a pas forcément ce luxe.

J’apprendrai le créole à nos enfants, les p’tits Loups swinguants.
Ils connaîtront la terre de leurs grands-parents maternels, les champs de canne et la mangrove, la Soufrière et les rivières, les plaines sèches jaunies de la Grande-Terre, laes reliefs en verdure de la Basse-Terre.
Ils entendront probablement parler de l’Algérie, et des Alpes chères à leur grand-père paternel.
Ils vont passer pas mal de vacances scolaires chez leurs grands-parents paternels ¤ ben oui, pendant que nos enfants sont bien gardés, à nous deux les séjours en amoureux dans de maginfiques contrées… ¤.
Tout ça fera partie du panier de culture que nous leur passeront, et ils en feront ce qu’ils voudront, car tout ne sera peut-être pas bon à prendre.
Ceci dit, ça m’arracherait un œil que mes enfants ne parlent pas créole, mais s’ils choisissent de ne pas utiliser cet idiome, ce sera leur choix ¤ mais ça me ferait vraiment tellement ch... ¤.

J’espère leurs propres expériences, les endroits qu’ils visiteront, les cultures qu’ils approcheront, les imprégneront, j’espère qu’ils prendront un peu de mes racines et de celles de leur père pour grandir.

Et pour filer la métaphore horticole, les petites boutures que nous aurons faites vont se développer, prendre des greffons peut-être, sûrement, j’espère, vivre sur le sol qu’ils auront choisi et nous verrons bien ce qu’ils passeront à leurs propres nouvelles pousses.
Jeudi 4 mai 2006
A toi,
âme perdue
qui est arrivée dans la salle de bains en cherchant


lettre romatique pour dire je t'aime mais sais trop tard



 
(sic)
je dis...
LAISSE TOMBER L'ECRIT
dis-lui de vive voix !

¤ toujours prête à conseiller les coeurs en désespoir moi ¤
Vendredi 17 mars 2006
L'autre jour je me suis inscrite sur un site de networking.
Je tombe par hasard sur un ancien élève de mon école primaire en Guadeloupe, qui se rappelle de moi.
Je fais une recherche et tombe sur deux cousins malheureusement perdus de vue.
Hier soir, j'ai pris un pot avec ma cousine, demain soir, je suis invitée à l'anniversaire de son frère.

Je rentre à la maison où je récupère mon portable : Le Loup me dit qu'il m'aime, Maman me file les coordonnées d'un mec qui pourrait nous aider à constituer un back-up plan si Le Loup et moi décidons d'aller vivre en Guadeloupe (mais on se tâte...), mon père me grommelle un joyeux anniversaire avec un mois et demi de retard, mais bon, c'est déjà tellement exceptionnel que je refuse de me plaindre.

Je le rappelle. Il énonce des évidences. Très Shadock mon père.
Tu as bien reçu mon nouveau numéro de téléphone ?
Oui, puisque je t'appelle dessus, là.
Oui, donc tu l'as bien reçu.
Oui, comme tu peux le voir.
C'est bien.
Oui.

Il s'est toujours senti menacé par quelque chose en moi. Maintenant plus encore.
J'ai ma vie, je n'attends pas d'hypothétique pension alimentaire, j'ai fait une partie de mon deuil de ce père-là que j'avais idéalisé si longtemps dans une sorte d'Œdipe précocement interrompu.
Il n'est plus vraiment mon père.
Je ne suis plus vraiment son enfant.

Il me voit, et il sait.
Il m'entend et il sait.
Jeudi 23 février 2006

Avant de sortir du centre commercial entre midi et deux, je m’arrête, le temps de remettre mon écharpe, mes gants et mon chapeau pour affronter le temps sans chaleur, à quelques mètres d’une vieille dame recroquevillée sur elle-même et d’un homme à la silhouette émaciée malgré les trois ou quatre couches de linge dont il est revêtu.

Il parle avec le dessus du crâne de la petite vieille que son squelette oblige à ne balayer que le sol du regard.

 

- Ben alors, ça va vous vous débrouillez sans vot’ mari ? Vous gardez l’moral ?

- Oui, enfin, j’suis mieux sans lui quand même ! Il était pas facile, surtout sur la fin !

- Ah bon ?

- Ben oui, avec tout c’qui s’mettait dans l’bide !
le pouce brandi, elle fait mine de verser rapidement un liquide dans sa bouche ouverte

- Il buvait ?
étonné

- Vous saviez pas ?

- Non !

- Sur la fin, il buvait tellement qu’à l’hôpital, le docteur m’a dit comme ça qu’il fallait qu’il arrête.

- Ben c’est pas eux qui payent, hein ! De quoi y’s’mêlent ?

- Je vous l’demande !

- C’est pas eux qui lui payaient la bouteille non ?

- Y m’ont même dit que s’il ne mourrait pas de son truc, il allait mourir d’un… comment déjà ? Heu…
elle se lisse la carotide Un… un cancer à la gorge !

- Ah ouais ? Ben c’est pas ça qui l’a emporté !

- Non, mais ils avaient raison, ça aurait pu quand même !

- Il était gentil quand même, vous l’aimiez bien, non ?

- Si ! Mais j’suis bien mieux sans ! 


Je ne connais pas la cause du décès du mari de cette dame, bien que ce ne soit pas l’envie de m'en enquérir qui ait manqué.

¤ Nouvelle règle à retenir : arrêter de raconter des craques sur le Loup à la boulangère...
à partir de la semaine prochaine. ¤

Mardi 21 février 2006
L'autre jour, en cherchant de vieilles photos pour continuer la chaîne des couettes, je suis tombée sur un vieux cahier rose sur lequel j'avais collé une Betty Boop moulée dans son fourreau noir...
Mon Cahier de Conneries !

Sur ses pages, les élèves de ma classe pouvaient écrire ce qu'ils pensaient de moi, ce qu'ils voulaient, ce qui leur passait par la tête.

J'ai été plongée dans la nostalgie d'une époque qui me paraît si lointaine qu'elle semble avoir été vécue par une autre que moi. Comme si j'étais la simple lectrice silencieuse du blog d'une ado des années 90 dans laquelle je me reconnais un peu, sans trop savoir pourquoi.



_________

Petit message à l'attention de Béatrice V. alias CatWoman, oui, toi, celle avec qui j'ai dû faire un exposé conjoint, bien malgré moi, sur  les Déesses et les Dieux Romains ¤ j'avais choisi les Déesses, elle les Dieux, et notre prof de latin dépressive -- elle allait pleurer discrètement devant une fenêtre pendant les contrôles, elle venait tout juste de divorcer -- a décidé que ce serait tellement mieux de présenter tout ce petit monde ensemble, j'ai fait contre mauvaise fortune bon visage, il ne fallait pas se montrer bêcheuse dès le début d'année, et bien accueillir cette transfuge d'une autre classe dans les meilleures conditions... ¤

JE NE SUIS JAMAIS, JAMAIS, TU COMPRENDS, JAMAIS SORTIE AVEC XAVIER B. !

Que cela soit clair ! Merci.
Vendredi 10 février 2006
Je crois qu’il arrive à tout le monde, tous les jours, des situations bizarres.
Certains ne le réalisent pas, d’autres ne s’en rappellent pas, d’autres encore n’en rendent pas compte. Et puis il y a ceux --  blasés ? bouchés ? --  qui ne trouvent rien étrange.

Partout, à chaque instant, une histoire pas banale arrive à quelqu’un. Maintenant, maintenant et maintenant encore.
Je croyais que ces événements se produisaient de manière aléatoire, spontanée, mais devant la fréquence plus que douteuse de ces aventures lorsque certaines conditions étaient réunies, j’ai dû me rendre à l’évidence : certaines circonstances appelaient ces occurrences.

Les situations cocasses dans lesquelles j’ai été impliquée en tant que participante, victime, ou témoin pouvaient être prédites, car elles étaient souvent à la conjonction des conditions de prédilection suivante :

- me trouver avec Célia,
- me trouver dans la rue Cadet, dans le 9 à Paris,
- me rappeler que nous sommes un vendredi soir,
- prendre les transports en commun, surtout le bus.

Je dis conjonction, mais parfois, seule une condition est requise pour provoquer un petit quelque chose.
Je suis dans le bus (qui n’emprunte pas dans la rue Cadet, mais s’en rapproche, nous ne sommes pas vendredi, Célia n’est pas là). Parmi les usagers habituels, je remarque une dame, fausse blonde, vernis impeccable, laissant des vêtements de bonne facture apparaître sous un manteau épais et chaud
¤ probablement en fourrure de lapinou, beurk ¤ assise devant moi. Elle se retourne brièvement et jette un coup d’œil circulaire au reste du contenu du véhicule surchauffé. Puis, elle se retourne carrément pour mieux scanner les autres passagers et j’aperçois le tas de papier qui lui occupe les mains. Et là, elle m’aperçoit. Quelque chose sonne en moi, cette petite alarme qui me dit que je vais devoir interagir avec des inconnus dans une situation peu courante. Ce bus, je le prends, au moins deux fois par jour. Je m’y sens comme chez moi. Pour mettre les gens à l’aise sur cette ligne que j’emprunte quotidiennement et dans lequel je me sens comme chez moi, comme une bonne maîtresse de maison qui souhaite que ces invités gardent un bon souvenir de chaque moment passé en sa compagnie, je souris à la porteuse de lapin cousu, bien maquillée qui me répond en me montrant ces dents bien blanches. Là, le nez à l’air, un livre entrouvert dans les mains, derrière ma vitre marquée par les fronts acnéiques, les cheveux crépus graissés à l’huile de carapate qui y dessinent de petits zéros, la poudre Terra Cota pour raviver un teint que l’hiver a rendu blafard, les empreintes digitales des petits pointeurs de choses émerveillés par le remue-ménage de cette ville, je replonge dans ma contemplation de cette belle après-midi non-chômée, hélas, qui s’annonce.

La lapine s’approche de moi et me demande si je peux lui rendre un service. Gentille comme ma maman m’a élevée, je réponds que je peux essayer. Soulagée, elle me tend aussi sec sa liasse : déclaration d’impôts, justificatifs, fiches de paie, les finances de la dame sont étalées devant mes yeux.
Elle me dit qu’elle ne sait pas si elle a bien apporté tous les papiers qui sont listés là, sur cette feuille qu’elle sort d’une chemise cartonnée.
Devant l’incompréhension de la situation que manifeste mon regard, elle précise, honteuse, et désolée : « Excusez-moi, je ne sais pas lire, Madame ».

En bonne Parisienne, je devrais douter avant de vérifier mentalement que je n’ai rien dans les poches à portée de main de cette potentielle dépouilleuse.
Mais, quelque chose dans le regard à la fois franc et gêné de cette dame me touche. Je prends ces papiers et m’assure que tout est là.
Elle me demande si elle a besoin de ce papier-là. Je lui promets que l’attestation qu’elle possède suffit.
Elle ne sait pas lire, comme mon grand-père qui est analphabète, ou peut-être comme ma grand-mère qui est illétrée, ou alors, elle vient d’un pays étranger, d’où cette petite pointe d’accent dans ces voyelles.
Elle me remercie, une fois, deux fois, trop de fois. Elle me demande si elle doit bien s’arrêter dans quatre arrêts en me montrant sa main, le pouce replié. Oui, c’est ça.

C’est mon arrêt, je dois prendre congé d’elle, sous ses remerciements toujours.

J’ai fait quelque chose de bien, service rendu, mais je me dit que j’aurais dû faire autre chose peut-être. Davantage. Mais quoi ? Lui apprendre à lire ?

C'est le genre de trucs improbables qui m'arrivent souvent. Comme la vieille dame qui me demande de taper son code au distributeur. Comme cet homme qui me demande de recompter les sous de son mandat pour être sûr que La Poste ne l'a pas couilloné. Je dois inspirer confiance et pourtant quand je ne souris pas, il paraît que je n'ai pas l'air avenant. C'est que je dois avoir l'air trop bête pour nourrir de mauvais desseins.
Mais sur quels critères ces gens sélectionnent-ils ceux à qui ils s'adressent ? Se font-ils souvent avoir ? Sont-ils la preuve qu'on peut/doit encore faire confiance ?
Mardi 7 février 2006


Hier, quelqu’un a cherché l’amour, et cette personne est tombée sur mon blog.


Quoi ?
Ce petit chenapan d’amour après qui tout le monde court se serait-il caché un temps dans ces pages ?


 

Vous qui le cherchiez, l’avez-vous trouvé ?

 
 
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