A fresh idea dear

Publié le par Jazz

Samedi matin, alors que le bon petit rhume gentiment offert par mon Loup m’obligeait à comater devant un verre de jus de citron adouci par du miel et corsé par deux généreuses gouttes de punch vanille (les puristes me pardonneront cette incartade mais je n’avais pas la force d’atteindre la bouteille de rhum blanc, j’étais malade) pour soigner ma gorge douloureuse, armée de l’une de nos nombreuses télécommandes, j’appuyais sans conviction sur le bouton « chaîne suivante », passant d’un canal à l’autre, en attendant qu’une émission culturelle pointue, un débat politique de haut-vol, ou un documentaire élitiste explorant les applications industrielles de quelque percée scientifique majeure me retînt dans son fil. ¤ En fait j’aurais consenti sans mal à regarder n’importe quelle émission de télé-réalité où une femme souffrant de l’infidélité chronique de son époux, de quelques chicots mal soignés et d’un manque d’estime de soi, se persuadait qu’un passage entre un billard et un bistouri réduiraient à néant ses problèmes et sa légère surcharge pondérale, ou encore un programme de télé-achat mal doublé -- c'st pas un pléonasme, ça ? -- où un grand nigaud frôle l’extase quand son acolyte blonde à gros buste lui explique comment, avec facilité et gentillesse, on peut tuer ces moustiques qui nous rendent la vie absolument  impossible en vacances, en leur fourrant directement dans la trompe une minuscule capsule de « Bye-Bye Mosquito » qui contient du sang 100% humain à forte concentration en métaux lourds, un produit exclusif des laboratoires Chtay-U-Salbett ¤

Je désespérais de trouver un bon réconfortant télévisuel quand je suis tombée sur cette séquence venue d’ailleurs : quatre personnes dans un salon, jouant à « qui suis-je inversé ».

¤ Ce jeu, qui a peut-être un vrai nom que je ne connais pas, a un principe simple : chaque participant porte sur le front un post-it sur lequel est inscrit le nom d’une personne connue qu’il doit deviner en posant des questions binaires simples. Ca demande peu de matériel et c’est drôle sauf pour ceux qui ne supportent pas d’être les seuls à ne pas savoir. Le premier joueur pose donc une question aux autres, si la réponse est oui,  il peut poser une nouvelle question, sinon c’est au joueur suivant d’en savoir plus sur le personnage dont il arbore le nom.
J’espère que c’est clair parce que je ne vais pas répéter. Si vous n'avez pas compris, relisez et mettez-y un peu du vôtre, mince alors ! ¤

Comme j’aime ce jeu, et que la chaîne s’appellait Realtime, j’ai immédiatement pensé que je regardais une émission de la télé-réalité, et ma curiosité malsaine m’a décidée à poser ma zappette pour me délecter de la vision de trentenaires débonnaires dans ce moment ludique, et pendant une bonne minute, ils se sont interrogés tour à tour. Et là, hop, sans prévenir, jingle d’auto-promo pour la chaîne qui se veut « lifestyle ».
So bizarre !
J’ai continué, plus intriguée que jamais, à suivre cet ovni télévisuel, pour savoir si la brunette allait finalement deviner que « la Joconde » était écrit sur son front. Mais voilà qu’on m’apprenait à faire un joint en silicone pour mes fenêtres, à trouver la tenue parfaite pour 1500 euros dans le Milan fashion et branché grâce à une pouffe anglaise flanquée d’une rédactrice de mode américaine, et juste après à construire ma maison, mais à aucun moment n’a été annoncée le dénouement du jeu.

 

En fin de compte, je suis restée des heures, incrédule, scotchée à ma télé, à regarder des trucs qui ne m’intéressaient pas toujours, en vain.

Du temps perdu ? Et bien non, car, à l’antenne, entre un cours pour créer un doudou et la marche à suivre pour planter un tuteur en châtaignier, une présentatrice m’a rappelé, entre les lignes, le nom d’un site dont j’avais entendu parler il y a près d’un an et auquel je n’avais pas repensé depuis, bien que mon intérêt pour ce qu’il vend n’ait jamais diminué : des légumes et fruits bio.

Avec le Loup, on en a parlé, et on va s’inscrire ¤ comment je l’ai trop bien pitché aussi ce site, fallait m’y voir… ¤.

Rien que pour ça, ça a valu le coup d’avoir lutté contre ma semi-léthargie.

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Publié dans Domestic delirium

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