Erro ergo sum

Publié le par Jazz

Ce matin.
J’ai lu quelques pages de mon bouquin.
Ce type arrive à rendre palpitantes des descriptions métonymiques, des aperçus d’idées parfois banales, parfois farfelues, toujours intimes et intérieures. Il ne s’étend pas, il dit juste, et je crois voir ce qu’il a vu.
J’aimerais avoir ce don là.

Je me suis débarrassé des quelque trois cents messages émanant de gens qui me veulent du bien. Ils prétendent pouvoir augmenter les proportions d’un membre que je n’ai pas, d’autres me préviennent, comme c’est gentil à eux, qu’il faut que je mette à jour mes coordonnées bancaires, certains s’inquiètent de la vigueur de ma vie sexuelles et me proposent des solutions garantissant que ma nana grimpera au rideau, d’autres encore m’assurent qu’ils peuvent guérir toutes les maladies.
Débile.
J’espère naïvement que personne n’ira faire le con à droite à gauche sans préservatif, sans précautions, soulagé de savoir que dans un mail, quelque part dans sa boîte aux lettres, sont indiquées les coordonnées d’un grand guérisseur universel.
Le sida, il ne passera pas par moi parce que j’ai un super bon plan, j’te jure.
Ouais, crois donc ça.
J’aime pas les cons, mais ça me ferait vraiment chier si il y en avait pour gober ça.
On ne peut même pas espérer que ceux-là crèvent de leur propre connerie avant de choper et refiler une saloperie à un partenaire ou plusieurs, car les cons ça a de la chance, et en plus, ça se reproduit.

J’ai lu encore des news sur le web 2.0, les pages d’accueil personnalisées, la réception des infos que je veux et seulement celles-là, l’extremacustomisation de ce que je vois, je cherche et stocke sur le net. J’ai pris peur, comme on dit chez moi.
C’est bien pratique, on fait un premier tri à ma place, pour éviter que je me perde dans la Toile. Mais moi, parfois j’aime bien ça me perdre dans la Toile, je n’aime pas qu’on me mâche le travail ¤ je dis ça, mais je déteste préparer mes pâtes à tarte moi-même, et  fais confiance à ma copine Marie et ses trucs coupés à la bonne taille, prêts-à-dérouler-hop-et-voilà ! ¤.
C’est chouette cette sélection sur les sujets qui sont supposés être important pour nous, quand on ne veut pas perdre de temps, qu’on est pressé et qu’on souhaite connaître l’essentiel. Mais parfois, prendre son temps, flirter avec le superflu, serpenter entre les allées ça ouvre l’esprit.
J’avais un ex qui allait faire ses courses une fois par semaine. Jusqu’ici, rien de très anormal me direz-vous. On voit bien que vous ne le connaissiez pas vous, petits chanceux. Chaque semaine, il allait dans les mêmes rayons, acheter les mêmes produits, dans la même quantité, sans fantaisie aucune.
Il ne remarquait jamais ce nouveau produit plus adapté à ses besoins ¤ c’est peut-être aussi la faute du marketing, me direz-vous ? ¤ il ne changeait jamais de régime alimentaire, tous les jours, avec ses frères, il mangeait des pâtes alimentaires, avec la même sauce tomate, accompagnées du même jus multi-vitaminé beurk en brique.
Et puis, un jour le plus jeune frère est tombé malade. Il avait… des carences…
Hé hé hé !
J’ai pris les choses en main, j’ai fait les courses avec eux, et au passeg en caisse, le chariot était rempli de tout un tas de trucs qu’ils n’avaient jamais vus, parce que « c’est pas ce qu’on prend d’habitude ».
 
J’aime les surprises, les égarements, les rencontres improbables, les accidents de parcours, les trucs sur lesquels je ne devais pas tomber, même les choses qui ne m’intéressent même pas.

Des œillères ?  A moi ? Non, mais vous m’avez vue ? Vous m’avez bien regardée ? Ah, tant mieux, parce que j’ai failli vous louper, vous n’étiez pas prévu dans la visite guidée dans les sentiers battus, abattus, rebattus et guère débattus.

Regarder toujours les mêmes choses, ne pas s’ouvrir au monde, se glisser dans des habitudes étroites parce qu’il en a toujours été ainsi, c’est, je crois, menacer sa propre santé.

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Publié dans monblognotes

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J
Malheureusement, je n'ai pas de solution, mais s'y j'en trouve une, promis, je la placarde dans la salle de bains.
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V
Il y a un juste milieu à avoir dans l'habitude et les surprises. Tu es un aventuriers de la vie, c'est bien. Malheureusement les cons sont aussi une grande aventure de cette vie. On peut pas faire sans. A moins que t'es une solution, je suis preneuse. Lol
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