Torpitudes (oui, je sais, c'est un mot qui n'existe pas)
Le sommeil menace d'envelopper mon corps tout entier : il est venu réclamer son dû et ne compte pas repartir bredouille.
Il guette le moindre moment de torpeur pour poser de nouveaux jalons, patiemment. Il sait qu'il aura ma peau. Tôt ou tard.
J'ai l'ai fui, comme un ami de longue date rendu momentanément indésirable par un caprice, comme un amant que l'on se refuse à voir sans pouvoir le quitter.
Plus qu’à mon habitude, je l'ai évité, réduisant son temps de visite à la portion congrue. Je ne veux pas le recevoir, mais je m'en veux de l'avoir délaissé quand vient l'heure de nous séparer.
Mes mâchoires s'ouvrent et se ferment dans une longue déclamation silencieuse.
Le monde qui semble plus pâle résonne de bruits étouffés, et le voile de fumée du dehors veut s'insinuer dedans.
Mes membres sont trop lourds, depuis combien de temps ? depuis toujours ?
Ecrire devient un effort.
Mon esprit s’embrume et mes pensées s’évaporent.
Je suis dans mon état de torpitude.
Je m'y suis plongée.
Torpitude
¤ rien que le yoga ne puisse régler cependant ¤