Gogues on the blog
Je l'écrivais dernièrement : la peur du regard des autres me pousse à faire des choses bizarres.
Exemple 2 : Les chiottes
€ attention, la note parle de caca, ça fait aussi partie de la vie, mince, quoi ! €
Voilà un truc qui me fait bien chier € no pun intended €.
Nous ne sommes que trois femmes dans ma boîte.
Est réservée, à notre usage exclusif, une petite salle où se trouvent deux cabinets WC dont un fonctionne bien, lautre moins € la chasse ne coule pas assez fort pour noyer le papier usagé, nous obligeant à lactionner deux, trois ou quatre fois pour nous assurer que ces rêches carrés de fibres recyclées ne resteront pas comme vestiges de nos activités post-rectum €.
Peu de temps après mon arrivée dans la boîte, jai remarqué que quelquun sobstinait, tous les matins, à orner les parois de la cuvette. Bien quadmirative de la régularité du transit intestinal du fauteur, je me retrouvais systématiquement avec le vomi au bord des lèvres, et « mon pipi rentrait » comme jaime à dire.
Mais en sortant, jaurais pu être identifiée comme la responsable de cette uvre dart, aussi, au lieu de me rendre dans lautre cabinet gaspilleur deau, je finissais invariablement par affronter le mal armée € comme Stéphane € du balai à chiottes pour récurer franchement les parois souillées jusquà ce que lémail brillât à nouveau comme dans une pub pour Mr Propre.
Ca marrive aussi dans les soirées, au restaurant, dans le train, ou dans lavion. Comme je passe presque toujours € ¡ Es una maledicción ¡ € après une personne ignorant complètement les règles élémentaires dhygiène et/ou de respect, je me sens super mal à lidée quon puisse midentifier comme linstigatrice dune telle scène de crime. Jimagine les hôtesses ricanant sur mon passage, laissant échapper des : « cest elle » « cradingue » « chiasse » « raté sa cible » « bahhhh » « bannie à tous jamais des vols commerciaux », « devrait léjecter », « parachute troué », « sans gilet de sauvetage », je vois des passagers me pointant du doigt, sécartant plus que de nécessaire pour me laisser passer, affichant des mines dégoûtées, jentends persifler tous ces gens:
- Vous là connaissez ?
- Non, cest qui ?
- Vous savez bien, cest
enfin, vous voyez bien ce que je veux dire
€ clin dil et sourires entendus €
- Mais bien sûr, « là où elle passe, la propreté trépasse » comme on dit.
Ou :
- Siiiiiiiii, jte jure, cest elle !
- Noooooon ? Chut ! Elle approche.
Ou encore :
- Comment ose-t-elle se présenter à cette soirée avec cet air satisfait après ce quelle a fait chez Lili et Tom dernièrement, les pauvres ont dû faire appel à un prestataire industriel pour aseptiser la pièce après son carnage Karcher, acide chlorhydrique, fibre de verre, il a fallu tout refaire
- Quand je pense quelle se la joue « jeune fille propre sur elle » sur son blog.
- Oui, cest linverse de ce yaourt dans la pub-là : ce quelle fait à lextérieur se voit à lintérieur de tes WC !
Et pour faire taire ces moqueries, une seule solution : nettoyer les outrages que dautres ont fait pour ne pas en endosser la responsabilité honteuse. Eponger les éclaboussures deau, essuyer les gouttes au sol, rendre un aspect correct à la cuvette, tout ça sans se souiller et évitant tout contact direct entre ma peau et le balai à chiottes, la porte des WC, le bouton de chasse deau.
Un jour, jen ai eu marre de tomber devant ce spectacle de désolation au boulot, jai scotché ça derrière chaque porte de cabinet.

A ce jour, plus dun an après:
- mes affiches y sont toujours, et quand je veux répondre à lappel de la nature, je nai plus de mauvaise surprise en me rendant dans nos chiottes désormais propres.
- nous n'avons toujours pas formellement identifié le ou la responsable de mes nausées matinales. Par vengeance, nous avons convenu de faire porter l'ignominie de l'état des chiottes à une ancienne employée que nous n'aimions pas et qui depuis est partie € en plus, elle ne se lavait jamais les mains en sortant des chiottes, la vilaine crade €. A force de parler aux gens comme à de la merde, on finit par se faire accuser de la foutre partout. Au "propre" comme au figuré.