De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace

Publié le par Jazz

De l’audace…

 

Il y a quelques siècles, Danton avait dit « de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! ».

Aujourd’hui, certains hommes sont encore inspirés par la formule, et comme Danton, on a l’impression qu’ils ont perdu la tête.

 

Un vendredi, je sors du boulot, heureuse de rentrer à la maison, sourire aux lèvres m’imaginant déjà dans les bras du Loup.

Alors que je descends les escaliers pour aller prendre le métro, bien que perdue dans mes rêveries, je perçois le regard insistant d’un homme qui monte par l’escalator.

 

€ Bon, OK.
Je suis une star, je suis habituée au regard des fans, mais parfois, je me sens fatiguée de devoir répondre à tout cet amour que les gens vous donnent. Ce n’est pas parce qu’ils ont acheté ma biographie en 26 tomes, qu’ils lisent mon blog, qu’ils ont tous mes albums y compris mon best-of collector incluant un titre avec les What 4 (un petit featuring sans prétention sur la reprise de leur tube « Plus Haaaaaaut », version groovy-crusty-salad-one-again-on-the-loving-babes-international-radio-edit, c’est mon agent qui a insisté…), le pyjama à mon effigie qui vibre quand on ronfle, et les stickers pour machine à laver séchante, qu’ils ont le droit de m’agresser dès qu’ils me voient pour bénéficier des retombées de mon aura créatrice (c’est comme ça que j’appelle mes postillons). €

 

J’arrête de sourire, pas envie qu’il prenne mon montrage de dents pour un signe d’enthousiasme à son encontre…

 

Je m’apprête à valider mon coupon Navigo ! Go ! Go ! quand je sens une main me tapoter l’épaule.

Je me retourne, arborant une poker-face à toute épreuve car il peut s’agir :

- d’un collègue de boulot qui a réussi à me rattraper après un bon sprint,

- d’une gentille personne qui veut me rendre un truc que j’ai laissé tomber,

- d’une connaissance errant dans les stations de métro,

- d’un fan, encore…

- de Madonna € elle adore traîner dans le coin €.

 

C’est le mec de l’escalator.

J’ai accompli ma rotation, je suis face à lui, il n’a toujours pas dit un mot.

J’incline légèrement la tête dans sa direction en ouvrant les yeux pour l’encourager à prendre la parole.

Rien.

€ OK, ma beauté impressionnante l’a rendu muet. J’ai l’habitude € Alors, je dis :
- Heu… Oui ?

- Bonjour. Il m'inspecte de près.

- Oui, bonjour… On se connaît ?

- Non.

- Qu’est-ce que vous voulez ?

- Ben... reprend-il avec un air arrogant qui lui donne l’air d’un petit coq, vos coordonnées !

€ Du genre « c’est l’évidence même, enfin ! Je veux vos coordonnées pardi !» €

La bouche bée, je secoue la tête, partagée entre l’incrédulité, la « pince-moi-je-rêve » attitude, et le dédain.

- N’im-por-te-quoi ! Diiiiing ! Je passe la barrière en vitesse € pas folle la bête € et j’en rajoute une couche : Vous êtes taré ! le doigt tournant contre ma tempe.

 

Lui, reste planté là… de l’autre côté du tourniquet, comme assommé par ma réaction.

 

Je ne vais pas mentir. Moi, me faire draguouiller, je n’ai rien contre ; je viens d’une île où c’est un jeu : les hommes matent et interpellent, les filles flattées jouent les vierges effarouchées et clouent les becs. C’est un sport, on pratique quelques répliques, ça reste bon enfant, on en rit de bon cœur, et tous les pratiquants connaissent les règles du jeu.

Mais là…

€ Enfin, même s'il n'est pas passé sous la guillotine, je me souviendrai de la tête du type... elle en valait la peine. ;o)

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Publié dans monblognotes

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J
On a le droit de draguer dans les commentaires?
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J
--> CohenLeBarbare : Ah, zuuuuuut ! Quand je pense que j'aurais pu défendre la cause des filles et des femmes qui ont des tailles supérieures au 38...<br /> Encore une occasion ratée de promouvoir la différence dans toutes ses dimensions. J'suis dèg'.<br /> Dorénavant, je me promènerai avec un mini-book à distribuer aux scouts en tout genre qui m'abordent.<br /> (Mais quand même, zut !)
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C
Tu viens de passer carrément à côté de ta carrière de mannequin. Mais je t'aime quand même.
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