Rencontre de choc en Thaïlande (Siam Part. 5)
Un choc.
Il est couché. Là, tout près de moi.
Je pourrais le toucher juste en tendant le bras. Mais je n’ose pas.
Jusque ici, je n’en avais vu que dans des magasines, des manuels scolaires ou à la télé. Quelques centimètres tout au plus.
Mais il est là devant moi, gigantesque. Paisible, brillant, rayonnant, il sourit.
Bon d’accord, ce n’est pas le premier Bouddha que je vois, mais celui-ci a un effet puissant sur moi. Les mots que je n’ai pas trouve pas pour exprimer ce que je ressens se sont liquéfiés, ils tombent de mes yeux grand’ ouverts et coulent sur mes joues.
Je suis si petite, si insignifiante et lui, si grand, si calme, me sourit.
Le Loup me prend dans ses bras.
Tout ceci est bien réel.
Nous sommes dans la ville de Nakhom Pathom, au Wat Phra Pathom avec son toit en tuiles de terre cuite vernies, percé de trous pour la circulation de l’air. Ce temple abrite le plus haut chédi du pays : 127 mètres de haut, 230 de circonférence.
On y trouve aussi un bouddha haut de 9 mètres, en cuivre et bronze, recouvert d’or. Des fidèles chantent, prient et achètent des feuilles d’or avant d’aller en recouvrir les petites images de Bouddha.
Le chédi est si grand, si rond, si beau, comme un sein brillant sorti de terre. J’avais envie de l’étreindre, sentir la chaleur de la pierre comme on se réconforte contre le flanc de sa mère. Un peu de tranquillité qui fait que l’on est hors du monde.
Le chédi.
Le Bouddha couché.
Les bancs de l’école des bonzes sur la galerie d’un des bâtiments attenant au temple étaient vides, au mur, des tableaux recouverts de lettres d’or.
Une bonzesse, le crâne rasé, tout de blanc vêtue qui nettoie le temple.
Et à quelques mètres de là, un homme installé à une table, sous un parasol, qui annonce au micro le nom des donateurs qui permettent au temple de vivre.


