Entretiens, entrechiens (9)

Publié le par Jazz

Aujourd'hui, sous mon pull, je porte une jolie robe noire, et dans quelques heures, de petites chaussures de fille à bout pointu ¤ très pratiques pour écraser les fourmis dans les coins ¤ et à fleur ¤ petite touche agreste ¤ remplaceront mes bottes noires.

Ces précisons
sur ma tenue ne sont pas des destinées à des vestichistes ¤ c'est le mot que je viens d'inventer pour désigner les fétichistes des vêtements, comme ceux qui autrefois visitaient "Aujourd"hui" sur u-blog, blog défunt dont je ne suis pas l'auteur, quoi qu'en pense Bibal ¤, mais des explications quant à mes petits stratégèmes pour ne pas éveiller de soupçons au boulot. C'est horrible à dire, mais depuis que je travaille dans cet endroit à 10 minutes de toute civilisation, où la mode se résume au jogging en toutes saisons, j'ai banni bon nombre d'éléments de ma garde-robe. Ici, la nuit tombe à 18 heures, la route mal éclairée est longue jusqu'au métro, et les gens qui vous arrêtent en chemin parce qu'ils sont excités par la vue de vos quadriceps en mouvement n'ont pas de bonnes intentions et ils courent vite les bougres... alors exit les jupes au-dessus du genou, et les talons hauts.
Entre mon style et mon intégrité physique, j'ai fait mon choix.

Vous comprendrez donc que toute mise un peu soignée, donc inhabituelle, est immédiatement remarquée par des collègues qui, désireux de vivre par procuration, n'hésiteront pas à demander si j'ai un rendez-vous client, si je compte sortir plu tard, ou... si j'ai un entetien d'embauche  ¤ comme si on ne pouvait pas s'habiller bien pour soi ¤.


Donc, le pull et les bottes sont des leurres pour ne pas dévoiler le soin que j'ai apporté à ma présentation du jour, en prévision de... mon entretien de ce soir !

Oui, Caroline (la chargée de dossier dans le cabinet de recrutement) a réussi à me décrocher un entretien en face-à-face avec Marie (celle avec qui l'entretien téléphonique s'était plutôt bien déroulé) de l'agence n°2 ¤ enfin je devrais plutôt l'appeler "ex-agence n°2" vu que l'agence qui fut autrefois n°1 est désormais connue sous le nom de "Séjour des Damnés" ¤
! Et c'est ce soir !

Malgré les deux-trois phrases de coaching subtil que m'a glissées le Loup, l'air de rien :
« t'es la meilleure », « tout va bien se passer », « avec ton nouveau boulot, tu vas gagner plus, non ? », j'ai mal dormi, ce qui m'arrive très rarement avant un entretien. Rectification : ça ne m'est jamais arrivé de mal dormir avant un entretien. ¤ Preuve que la Tigresse/Cerbère/Méduse m'a déglinguée. ¤

Pas grave, the show must go on.
Bon, maintenant, faut que je trouve une nouvelle ruse pour partir du taf une heure plus tôt sans éveiller les soupçons.

à suivre...

[edit de 16h30]
Caroline vient de m'informer que Marie a une obligation professionnelle qui l'oblige à reporter si Didier sine die pour l'instant, notre entretien.
Je pourrais pester, menacer de faire pipi par terre et me rouler dedans, en chier une pendule, parce que je me suis fringuée spécialement pour cette occasion, mais non, je resterai digne.


à suivre...


Publicité

Publié dans tripalium delirium

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Oui, c'est vrai, Jad. Tu as raison, je n'ai pas eu à mentir, mais j'avais envie d'en finir avec cet entretien.
Répondre
J
Fau voir le bon côté des choses : au moins tu n'as pas menti à tes collègues en disant que tu n'allais pas à un entretien!
Répondre