A la recherche de l'âme soeur...

Publié le par Jazz

Non, ce n'est pas moi la chercheuse, j'ai donné, j'ai trouvé, mais de mon amie Célia.
Elle s'est inscrite il y a peu sur un site de rencontres en ligne dont le nom rime avec magnétique.
Elle est intelligente, jolie, pleine de vie, pétillante, drôle et généreuse et dotée d'une paire d'yeux qui voient au fond de vous.
Mais, oui, elle est célibataire, et oui, elle est sur Internet.
A tous les bigots qui hausseront les sourcils encore plus haut que ce que la nature a permis aux humains de faire, à toutes les autorités auto-proclamées de préservation de la morale contre ce genre de sites, à tous les connards qui jugent, accusent et montrent de leur doigt crasseux ceux qui empruntent ces voies à la recherche de compagnie et plsu si affinités, à tous ceux-là, je dis merde, passez votre chemin, et plus vite que ça !

A tous ceux qui ne condamnent pas et tentent de comprendre pourquoi des personnes normalement constituées, en pleine possession de leurs moyens, et tout à fait « mariables », je dis lisez la suite.

Je ne vois pas ce qu'il y a de répréhensible à aller sur Internet pour faire de nouvelles rencontres. C'est une version électronique des foires aux célibataires, des petites annonces dans les canards locaux, ou des marieuses, une occasion de rencontrer des gens comme autrefois, la messe, le marché du week-end, les bals, ou l'émission « Tournez, Manèges » le permettaient.

A une époque, j'ai moi-même usé de ce moyen pour prendre contact avec des messieurs. Oui. Je n'ai pas de honte à le raconter.
Certes, aucune des rencontres n'a été vraiment concluante, mais ça m'a fait du bien à l'ego de me laisser flatter et complimenter et séduire, même par écrans interposés, car quand on est célibataire on finit par penser parfois qu'on est moche, con et moins casable que cette connasse boutonneuse à lunettes épaisses de la compta, qui, elle, a réussi à trouver chaussure à son pied et ne manque pas de le faire savoir à qui veut l'entendre.

Oui, ça fait du bien.
Et puis au bout d'un moment, quand on est célibat', on ne croit plus à la rencontre à l'improviste ni au coup de foudre au coin de la rue, on a juste envie de faire bouffer le plan de leur nouveau loft et les photos du petit dernier à ces couples bien sous tous rapports qui n'arrêtent pas de claironner qu'« il ne faut surtout pas chercher parce que c'est quand on arrête de chercher que tout arrive » et gna gna gna gnagna !

C'est bizarre, mais quand j'étais célibataire, on avait beau annocer qu'il y en avait 14 millions d'autres comme moi en France, je me souviens nettement m'être demandé où se cachaient ces fichus nigauds à la recherche d'un compagnon de vie, s'ils étaient tous concentrés en Ardèche, s'ils revêtaient une cape d'invisibilité quand ils se déplaçaient, s'ils étaient tous gays ou lesbiennes, s'il y en avait un pour moi, où si leur existence avait été prouvée par un recensement scientifique. Il n'y a que sur Internet que j'ai été rassurée : ils étaient là, marrons, jaunes, blancs, roses, et même verts, en masse, avides de rencontres, se prenant au jeu de la séduction, se décrivant avec force adjectifs alléchants, des romantiques, des obsédés, des palots, des machos, des dingues, des rigolos, des gigolos, des trop sérieux, des pas beaux, des Ardéchois, des Parigots-tête-de-veau, des latinos, des ingénieurs, des bouchers, des contrôleurs de la RATP, des play-boys, des tout petits, des bêtes et des pas soigneux ! Ils étaient là ! Il y en avait pour tous les goûts.
Quand on découvre cet Eldorado, cette infinité de possibilités, on ne sait souvent pas où donner de la tête au début.

M'enfin !

J'ai fini par rencontrer mon Loup via MSN sans le vouloir
¤ Merci Tom, merci Bill G., merci la vie ¤ après la résiliation de tous les comptes sur les sites où je m'étais inscrite, geste marquant mon désespoir de jamais trouver quelqu'un à aimer et pour m'aimer sur Internet ou où que ce soit d'ailleurs.

Mais revenons-en à nos futons.

Samedi soir, afin de pouvoir visiter, voir et revoir les fiches des garçons intéressants, sans se griller parce que le consultations, les personnes qui les ont faites et la fréquence à laquelle ils sont venus baver sur votre photo sont indiquées, nous avons décidé Tom,
Célia et moi, après une soirée bien arrosée au Coca Light, de créer un compte pour surfer incognito et faire notre marché.

Et puis, tant qu'à faire, nous nous sommes créé un personnage de fille un peu chaudassse, ce qui permettait de tester les intentions des mecs qui avaient plu à
Célia en les abordant sous cette nouvelle identité.
S'ils cherchent le coup d'un soir, c'est fichu.
S'ils cherchent une histoire moins expéditive, c'est bien.
S'ils refusent de parler à notre poupée gonflable, c'est gagné !

Notre personnage a fait ses premiers pas samedi soir en tchatant avec quelques gars oisifs à une heure fort avancée de la nuit.
Nous n'avons pas fait d'avances. Au contraire, nous avons même été carrément insolents parfois avec les candidats qui se sont présentés à nous.

Nous avons eu de bons gros fous rires et ça fait du bien.

Entre Tom qui prenait sa petite voix de fille pour nous indiquer quelques répliques comme « je suis toute timide » en plein milieu d'une conversation ou « très original » quand quelqu'un nous saluait, et moi qui suis partie dans une histoire d'élevage de furets
¤ en hommage au père de Tom ¤ et qui n'arrêtait pas de poser la question « pourquoi ? » à un type totalement perdu, Célia a dû se rendre compte que les « maqués » sont ceux qui prennent le plus de plaisir à se glisser dans la peau de jeunes femmes célibataires et un peu délurées.

Nous avons tout de même trouvé quelques spécimens qui méritent une petite discussion afin d'en connaître plus à leur sujet.

Quoi qu'il en soit, j'espère qu'elle trouvera bien vite l'homme que nous lui souhaitons
¤ non, parce que bon, si on regarde les choix qu'elle a fait dernièrement, mieux vaut qu'elle se fie à notre instinct ¤ parce que moi, j'ai envie d'aller à son mariage et chanter des berceuses créoles à son enfant !

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Publié dans monblognotes

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J
On ressent aujourd'hui encore, bien que de plus en plus de monde ait recours à ce moyen, une sorte de honte à dire que l'on s'est inscrit sur tel ou tel site pour rencontrer des gens qui ont finalement pour beaucoup les mêmes envies que ceux que l'on voit dans la "vraie vie".Alors, j'imagine que l'époque du minitel, ça devait pas être rose, hé hé !En tout cas, merci pour ton témoignage, Jid.
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J
Je faisais du minitel dans le temps où Internet n'était pas encore répandu : c'était le bon vieux temps (mais c'est vrai que sur le moment, je n'osais pas le dire en société).où je pouvais trouver des filles qui, comme moi, ne passaient pas leur temps en boîte ou dans les bars.
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