Heu... (3)
Jen étais où déjà ?
Ah oui !
Je fais des signes à mon chéri qui sen va travailler et un mec sorti de nulle part croit que cest à lui que je les adresse en souriant. Il me fait coucou à son tour, un peu surpris mais visiblement satisfait de mon attitude. Je le snobe € cest dur, je sais, mais il ne faut pas entretenir ce genre de méprise avec un inconnu qui na pas besoin de sauter dune embarcation au nom dinsecte ni de patauger dans la Seine pour entamer la conversation. (cf : PCS-TBM) €
J'entreprends de bien semer l'inconnu, je regarde à gauche, je regarde à droite, je traverse la rue et rebrousse chemin à vive allure pour retrouver mes amis et la fête.
Trois minutes de marche à peine me séparent du bar.
Un coup dil en arrière sur ma gauche et ouf ! Jai semé le type. Ouais !
Mais hop ! Une voix venue de ma droite me fait sursauter :
- Bonsoir, tas du feu ste plaît ?
- Non, je ne fume pas.
- Ah, daccord.
Je presse le pas, un mojito bien frais mattend.
- Heu, tas pas de feu ? senquiert quelquun à nouveau
Je tourne la tête vers la droite : encore le même type.
- Non, toujours pas.
- Tu habites dans le coin ?
- Ca ne vous regarde pas je crois. Jenclenche le turbo, mais il allonge ses foulées, ce mec est coriace.
- Tes du quartier ?
Si, si, il est coriace.
Estimation de la situation : je suis seule avec ce type collant de ce côté du boulevard, si je traverse, les possibilités de rencontre avec le précédent inconnu, celui de la bouche de métro, sélèvent à 100%. Il fait nuit, le bar est encore à quelques bonnes dizaines de mètres, il y a des coins sombres.
Ma stratégie : le plus sage est de rester sur ce trottoir, marcher encore plus vite, répondre de manière courtoise à ce garçon sans lui donner limpression que je tombe sous le charme € mais, quel charme ? € et datteindre le bar où je serai enfin protégée.
- Non.
- Tes de Belleville ?
- Non € Là, jai envie de lui demander sil na pas quelques problèmes auditifs parce que je viens de lui dire que je ne suis pas de ce quartier, et il se trouve que le quartier en question, cest Belleville, sans compter que jai du lui dire deux fois que je navais pas de feu. Mais bon, minformer sur son ouïe ne cadre pas avec ma strat. Jen viens néanmoins à penser que cette répétition était peut-être une espèce de code secret pour se reconnaître entre gens du quartier, comme la légendaire poignée de mains des francs-maçons, ou les trois points dans leur signature. Mystère.€
La suite dans la prochaine note...