Serviettes hygiéniques et protège-slips (1/2)

Publié le par Jazz

Quand j’ai commencé à avoir mes règles, la révolution Always n’existait pas.

 

1,5 cm de ouate mal agglomérée sur une large large large bande entourée de voile Pas d’anti-bactéries, pas d’ailettes de protection, pas d’extra-longues, pas de super-fines, pas d’ultra absorbantes, un voile rêche € genre papier de verre € mais fragile qui assure un écoulement irrémédiable du sang vers les bords de vos dessous, ni parfumé, ni spécialement tissé pour concentrer le flux. L’adhésif était aussi collant qu’un mec qui ne vous aime plus, alors qu’on sait bien que : serviette mal fixée = fringues imbibées.

 

Bref, aucun confort, une paranoïa aiguë dès que vous tournez le dos à quelqu’un, un contrôle technique toutes les cinq minutes € et à chaque passage devant une surface même vaguement réfléchissante €, un sac qui a triplé de volume à cause des couches de rechange, et le risque de se taper l’affiche comme les pets de Dame Auclesse.

 

Comme si avoir ses règles n’était pas encore assez inconfortable pour une novice comme moi, non, il fallait en remettre… une couche !

 

D’accord, nos grand’mères pouvaient déjà envier les progrès de cette époque pré-always.

A l’âge où la nature leur permettait encore de faire tourner les mayonnaises ou les chodo* une fois par mois, c’était de vraies serviettes qu’il fallait laver et étendre de sorte que les voisins savaient qui était devenue « jeune fille » et qui ne l’était plus.

D’ailleurs, combien de jeunes femmes sont rentrées chez elles, accueillies par une raclée de leur père, se faisant traiter de bôbô**, questionnées sur leur emploi du temps des dix derniers mois € on n’est jamais trop prudent €, parce que le voisin, M. Untel, n’avait pas vu une ribambelle de serviettes sur la corde à linge depuis fort longtemps ? Beaucoup !

 

Mais bon, Always, Vania et leurs copines ont encore quelques défis à venir.

La plupart des serviettes hygiéniques sont, pour une raison qui m’échappe, aujourd’hui encore, toujours plus large que l’entrejambe d’une culotte € même de celui d’une culotte-bâche de grand-mère… j’ai vérifié €

Les ailettes anti-fuite ne servent à rien d’autre qu’à vous tâcher sur une surface plus étendue.

Les protège-slip ont l’air d’avoir été baptisés par des mecs (ou des gens soucieux de l’économie d’encre et d’espace sur l’emballage) : pour info, nous, on porte plutôt des culottes, donc : protège-culotte. Logique.

 

Ceux-là, ils en ont fait des noirs, des profilés pour les strings, des parfumés, d’autres qui s’adaptent aux strings et aux culottes.

Mais pas de convergence entre les produits, non, non, non… N’allons surtout pas trop vite. Ne répercutons pas toutes ces trouvailles partout ni tout de suite.

 

la suite...

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* chodo : mot créole désignant une boisson antillaise ressemblant un peu à de la crème anglaise très parfumée, servie traditionnellement lors des baptêmes ou de premières communions. (Mais c'est plutôt guadeloupéen, en Martinique, on sert plutôt un bon chocolat chaud épais avec du pain au lait.)

 

** bôbô : mot créole signifiant fille de mauvaise vie, traînée.

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Publié dans Conne-sommation

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