Une B.A. pour Béa (8)

Publié le par Jazz

Dans la queue à la Fenaque, elle parle fort. De toutes ses forces.
Pour me faire chier, j’en suis certaine.

Elle rit aux réflexions que d’autres clients en file indienne ont faite à voix basse. Un rire non-censuré.
Pour m’emmerder, évidemment.

D’autres clients la regardent mine de penser : « Pfff… pas une Parisienne, celle-là ». Je capte leur regard dédaigneux, et je me demande si je suis devenue comme ces gens. La réponse est oui, et je n’en suis pas très fière. Un de ces jours, je réussirai à me persuader que c’est que tout ce qu’il y a de plus normal que de ressentir et montrer ce léger mépris envers ceux qui n’agissent pas comme nous, les cons de Parigots qui aimons que rien ne dépasse dans le métro, que tout le monde marche au pas cadencé, nous qui conspuons ceux qui retardent le bus en demandant au conducteur s’il passe bien à tel arrêt alors qu’ils savent pertinemment que c’est l’arrêt d’en face nom d’un p’tit bonhomme, nous qui bousculons les touristes qui pilent à la sortie de la rame, la tête en l’air cherchant la sortie, nous qui beuglons

« droite, droite, p*tain ! »

aux Provinciaux qui empêchent notre évolution dans les escalators, nous qui anathématisons ceux qui oublient de se lever des fichus strapontins aux heures de pointe ¤ en même temps, un peu de logique et de civilité, que diable ! ¤ et condamnons à mort les pèquenots qui, dernier outrage, blindent nos terrasses de cafés en été !
Nous les agacés-pour-rien, nous les citadin(de)s si peu urbains, nous les intransigeants majuscules de la capitale… ¤ de bons côtés, les Parisiens ? oh oui, mais seule une autre tête de veau serait en mesure de les apprécier. ¤

Rahhhh ! Ce que je me déteste quand je deviens intolérante comme ça ! Je me console en me disant, qu’au moins, j’en suis consciente et que je me reprends tout de suite, mais je m’en veux d’avoir éprouvé un peu de dédain tout d’abord.

Nous partons pour le restal.
Elle est toute contente de savoir que j’ai fait une résa. Elle trouve ça très bien que j’ai fait une résa. ¤ Ouf, elle a failli dire supèèèèr. ¤
Elle ne marche pas, elle sautille. Elle ne porte pas de collant sous son corsaire. Elle doit peler grave de mi-mollet jusqu’aux pointes des orteils dans ses petites chaussures pointues de fille.
Dans le RER, le double menton d’en face écoute notre conversation, je lui jette des regards aussi indiscrets que ces oreilles, mais Jabba le Hut veut savoir tout de nous.
Béa veut changer de boulot, elle se cogne au plafond dans sa boîte, et rêve d’un ailleurs bureaucratique inaccessible. Elle a toujours été myope. Elle ne voit plus que la pièce aveugle dans laquelle elle pense s’être emmurée vive. Je lui donne d’autres pistes, des riens auxquels elle n’a pas pensés, et un rai de lumière se faufile qui dessine peut-être une issue ou deux. Elle sourit. Les dents blanches.
Elle n’a pas changé.

Nous arrivons à destination.
Il ne nous reste déjà plus qu’une heure quand nous prenons place à la petite table.
Je lui sors la banalité de circonstance : « tu n’as pas changé ». Polie, elle me renvoie l’ascenseur.
Tu parles que je n’ai pas changé… ¤ la ferme, Julio ! ¤


à suivre…

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Publié dans monblognotes

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J
Bon, désolée...
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L
Je crois que je vais aller de ce pas prendre une aspirine !!!!!!!!!!!!!!!!<br /> Mais c'est bien urbain à toi d'avoir essayé de m'expliquer un truc qui ne PEUT pas rentrer dans mon cerveau...
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J
@Marionette :  le boulet ! T'avise pas de me croiser dans les couloirs petite... (Non, en fait, moi, je suis gentille, mais certains de mes congénères le sont nettement moins.)@La flote+Marionette : Non, non, non, vous n'y êtes pas du tout.Les Parisiens sont vraiment frustrés de ne pas se retrouver exclusivement entre Parisiens aux terrasses des cafés en été, il suffit d'un seul accent chantant ou un chti à moins de trois tables de nous, et nous avons l'impression d'avoir été envahis à notre insu.Donc, c'est de l'exagération, certes, mais on se dit qu'ils sont gonflés les gens du Sud de venir profiter du peu de soleil que nous avons dans notre fief, alors qu'ils sont gorgés de soleil le reste de l'année. Merde, quoi !@La flote : un trackback, c'est un lien html qui te permet de relier deux notes sur deux blogs différents.Prenons l'exemple d'over-blog.1. En allant sur ton blog, je trouve ta note sur le Jazz très intéressante. Elle m'en inspire une autre sur mon pseudo que j'écris et publie comme d'habitude. Jusque là, tout va bien.2. Ensuite, je retourne sur ton blog, d'où je copie le lien trackback à la fin de ta note (il est de type : http://admin.over-blog.com/trackback.php?Id=numérodelanote).3. Je reviens à ma note, je clique sur "Créer un trackback" (c'est tout en bas de page, juste à côté de "Ajouter un commentaire"), là,s'ouvre une fenêtre pop-up, assez similaire à celle que tu utilises pour laisser des commentaires. Je n'ai plus qu'à :- coller l'adresse trackback copiée depuis ton blog (cf  2) dans le champ "URL trackback de la page liée",- préciser le titre de MA note dans le champ "Titre"- faire un petit résumé, ou mettre la première phrase de MA note, un message ou ce qui me passe par la tête, ou rien, dans le champ "Résumé de l'article lié".- Appuyer sur "envoyer"4. Hop ! Le trackback est actif, je n'ai qu'à aller sur TA note pour le voir apparaître avant  les commentaires (ou après, en fonction dela plate-forme de blog utilisée) dans un encadré. J'y retrouverai directement le lien vers MA note, son titre et son résumé.J'espère que j'ai été claire.Pour info, sur d'autres plates-formes, ça fonctionne un peu différemment (tu epux intégrer le lien trackback directement pendant la rédaction de ta note, avant la publication par exemple, ou alors, tu n'a pas besoin de préciser le titre de ta note, ni de résumé car les trois premières lignes seront affichées) mais il n'ya pas de raison que tu ne t'en sortes pas une fois que tu as saisi le fonctionnement général du trackback.
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L
Je suis morte de rire (je me refuse à écrire MDR)...<br /> <br /> @ Marion : je suis également persuadée que ce sont bien les parisiens qui occupent les terrasses des cafés dès le moindre pauvre rayon de soleil qui fait mine de percée l'épaisse couche de POLLUTION qui plombe le ciel de la Capitaleu... Le provincial n'a pas besoin de ça M'me (bon, sauf lorsqu'il vient de Cancale).<br /> <br /> @Jazz : Désolée pour cette image totalement trashy à propos de la C... A, ça doit être parce que je suis plongée "Italie" en ce moment. <br /> Est-ce que quelq'un pourrait enfin m'expliquer ce qu'est un "trackback" ???? Comprends rien de l'utilité de ce truc.<br /> <br />
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M
Moi qui suis à Paris depuis septembre et malgré un désir ~ allez, soyons fous ~ d'intégration chronique, je fais dépasser mes trucs et mes machins dans le métro, j'ai le nez en l'air quand je marche (=j'ai fait connaissance avec beaucoup de lampadaires), je prends le bus à l'envers mais je ferme ma gueule, je me marre en voyant des touristes qui ont manifestement du caca dans les yeux, et je reste à gauche dans les escalators. Tout ça sans faire exprès. Oui, c'est énorme n'est-ce pas? Un vrai boulet? Je n'vous l'fait pas dire! Et je suis intimement persuadée que ce ne sont pas les touristes qui blindent les terrasses au moindre rayon de soleil, mais bien les parisiens.<br /> Ton histoire est géniale!!! Pile poil LA situation dans laquelle j'essayerai de ne jamais me mettre... allez, j'attends la suite avec impatience!
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